Les 10 principes de la parentalité ludique pour l’anxiété des enfants

Les 10 principes de la parentalité ludique pour l’anxiété des enfants

éducation anxiété enfant

L’approche ludique du parentage face à l’anxiété peut aider nos enfants à guérir de leurs peurs et à s’ouvrir à l’inconnu. D’abord, nous leur offrons les bases de leur sécurité : affection, empathie et acceptation. Ensuite, nous allégeons les problèmes avec le jeu. Enfin, nous utilisons notre lien de proximité pour les pousser gentiment à confronter leurs peurs et à éviter l’évitement. – Lawrence Cohen

1.Commencer avec bienveillance, empathie et compréhension

 

2.Enseigner aux enfants les bases du Système de sécurité (alerte, alarme, évaluation, fin d’alerte) et du modèle de la flamme des émotions (étincelle, flamme, huile, eau)

Lawrence Cohen parle du Système de Sécurité dont la nature a doté les humains pour les protéger du danger. Une partie de notre conscience reste vigilante en permanence. Une fois alerté, notre corps doit réagir immédiatement. De la menace au calme, le Système de sécurité déroule quatre étapes :

  • le signal d’alerte (le système de veille qui augmente notre vigilance en cas de « raisons » de s’angoisser)
  • l’alarme (le cerveau émotionnel nous pousse à agir : lutter, évaluer la situation, se cacher, fuir, se prostrer, appeler à l’aide..)
  • l’évaluation (la recherche d’informations logiques et rationnelles pour classer les menaces et, en conséquence, ordonner à l’alarme d’accroître la réaction de peur ou déclarer que tout va bien)
  • la fin d’alerte (le corps et l’esprit se détendent)

Or le fait de nier les émotions permet de supporter l’expérience mais pas de remettre à zéro le Système de Sécurité. Il est nécessaire de nommer et décrire les émotions ressenties : « oui, j’ai peur », « je tremble de peur ». Quand on accepte de ressentir les émotions, elles passent comme des vagues, comme des visiteuses inattendues. Un enfant qui tolère des émotions désagréables ne se fera pas déborder par elles.

Lawrence Cohen propose le modèle de la flamme pour accueillir les émotions fortes et les calmer :

La métaphore de la flamme : un outil pour apprivoiser les émotions fortes et l'anxiété

3.Equilibrer patience et acceptation avec des défis adaptés et des coups de pouce tout en douceur

 

4.Tous les jours, faire des choses effrayantes, amusantes et sans danger

 

5.S’amuser (Le jeu provoque le rire, le rire libère de la peur)

 

6.Accepter et reconnaître chaque émotion et se focaliser sur Ce qui est plutôt que sur Ce qui pourrait être

 

7.Aider les enfants à quitter leurs pensées anxieuses pour réintégrer leurs corps (avec la relaxation, la respiration, les jeux de bagarre, l’écriture, le dessin)

 

8.Etre un second poussin calme au lieu de les rembarrer ou de les rassurer à longueur de temps

Lawrence Cohen explique qu’une seule pensée suffit à générer une cascade d’émotions anxieuses comme si le ciel tombait vraiment. Les enfants ont donc besoin d’un mécanisme d’évaluation pour se poser calmement et réfléchir. C’est à partir de cette constatation que Lawrence Cohen a développé la notion de « second poussin ». Quand un poussin est paralysé par la peur (l’enfant), il cherche autour de lui des indices sur le niveau de sécurité. S’il découvre un autre poussin aussi pétrifié que lui, sa peur perdure. S’il voit un second poussin vaquant tranquillement à ses occupations (l’adulte), il sort de sa transe. Puisque le second poussin n’a pas peur, tout va bien, la voie est libre.

Pour un enfant anxieux, le travail du parent consiste essentiellement à jouer le rôle d’un second poussin plein d’assurance et symbole de sécurité.

Lawrence Cohen nous invite à être des seconds poussins calmes et calmants. Cela nécessite de nous confronter à notre propre anxiété :

  • admettre nos inquiétudes,
  • pratiquer la relaxation,
  • gérer notre stress,
  • développer notre intelligence émotionnelle,
  • choisir une peur particulière et l’affronter pour pouvoir s’appuyer sur cette réussite comme levier pour dépasser l’anxiété des enfants,
  • travailler sur ce que les angoisses des enfants réveillent en nous (rage, frustration, contrariété, souvenirs pénibles…).

Lawrence Cohen suggère plusieurs approches pour être un second poussin efficace :

  • poser une première question : « Pourrais-tu me regarder dans les yeux et me dire si j’ai peur ou pas ? »
  • si l’enfant décèle de la peur dans le regard, poser une deuxième question : « Pourrais-tu me regarder dans les yeux et me dire si j’ai peur des monstres sous le lit, ou pas ? »
  • si nous avons peur également, nous pouvons proposer à l’enfant : « Moi aussi, je ressens de l’anxiété. Je vais tenter de la calmer. Tu veux le faire avec moi ? »
  • en cas de danger fort, ne pas nier la peur : « J’ai conscience du danger et voici ce que je vais faire pour nous en sortir » ou alors passer à une approche primaire (câlins, chansons douces, autres signes de réconfort non verbaux)

 

9.Promouvoir la tolérance de l’incertitude, du risque et de l’inconfort (Braver-ressentir, contre l’évitement, le débordement et le serrage de dents)

Braver-ressentir

Nous affrontons la situation effrayante et éprouvons les émotions qu’elle éveille.

Lawrence Cohen écrit que pour aider les enfants à apprivoiser leur anxiété, nous pouvons les encourager à passer davantage de temps dans la zone du Braver-ressentir (notamment via du réconfort pour les enfants qui sont englués dans la zone s’effondrer ou serrer les dents ou via un petit coup de pouce pour les enfants qui n’arrivent pas à sortir de l’évitement). Les êtres humains neutralisent leur anxiété grâce à la sécurité émotionnelle et la sûreté fournies par le contact humain.

Eviter

Eviter, c’est rester à distance de la situation qui fait peur, c’est ensevelir une pensée ou une émotion désagréable. L’absence d’anxiété signe le « succès » de l’évitement. Mais éviter, c’est aussi manquer une occasion de vivre quelque chose et se priver du sentiment d’avoir accompli quelque chose de grand, d’avoir surmonté un défi, d’avoir appris quelque chose. On évite non seulement l’action ou la chose qui fait peur, mais également une expérience nouvelle bénéfique pour notre sentiment de sécurité.

S’effondrer/ déborder

Quand l’effort pour éviter une situation ou une chose qui fait peur est un échec, l’émotion de peur déborde. Elle nous emporte, nous submerge et finit par nous contrôler, nous écraser. On perd le contrôle, on n’est plus soi.

Serrer les dents

Nous abordons la situation soit de notre propre chef, soit parce que quelqu’un nous y force. Cette approche nous coupe de nos émotions, de ce qui est vivant en nous. On serre les dents, les poings, les muscles et on se cramponne à tout ce qu’on peut, on retient notre respiration.

Si nous devons traverser une épreuve une seule fois, serrer les dents peut être efficace. Comme l’évitement, utilisé à bon escient, le serrage de dents peut nous sauver la vie. Mais si nous voulons vraiment surmonter une peur, alors le serrage de dents ne nous aidera pas. Nous viendrons effectivement à bout de la situation mais nous n’obtiendrons aucun bénéfice de ce « succès ».

 

 

10.Traiter tous les aspects de la vie touchés par l’anxiété (le corps, les pensées, les émotions, les comportements et les relations)

 

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Source : J’ai plus peur ? : aider un enfant à surmonter ses craintes de Lawrence Cohen (éditions JC Lattes). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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