15 propositions pour éviter les ultimatums et les jeux de pouvoirs dans l’éducation

15 propositions pour éviter les ultimatums et les jeux de pouvoirs dans l’éducation

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Des engagements personnels fermes pour s’engager dans ce processus

Jessica-Joelle Alexander et  Iben Dissing Sandahl sont deux anglo-saxonnes mariées à des danois et ayant élevé leurs enfants au Danemark. Dans leur livre Comment élever les enfants les plus heureux du monde, elles exposent l’approche des danois au sujet de l’éducation. Elles ont notamment remarqué l’absence d’ultimatum (le fameux : « Je compte jusqu’à 3 ! ») fait aux enfants pour les pousser à obéir et se conformer aux demandes des parents.

Elles proposent alors des clés pour raisonner en termes de coopération et d’empathie plutôt qu’en termes de jeux de pouvoir, de menace et de punition. Elles nous invitent à prendre des engagements personnels fermes pour s’engager dans ce processus et avoir des valeurs clés en tête comme guides dans ce cheminement :

  • Se poser des questions d’introspection personnelle  : quelles sont mes valeurs éducatives  ? Je liste les miennes ainsi que celles de ma compagne ou mon compagnon.
  • Cesser fessées et violence éducative (tirage d’oreilles, claques… ) : faire le vœu de ne plus jamais en donner et prendre cet engagement devant témoin (par exemple le compagnon ou la compagne)
  • S’engager à ne pas crier sur les enfants (ne crier que quand c’est vital, en cas de danger par exemple.). C’est probablement l’engagement le plus difficile à tenir en pratique. Pourtant, les hurlements ne sont agréables pour personne (ni pour les enfants bien sûr ni pour nous car cela nous épuise, nous culpabilise et fragilise le lien affectif). Par ailleurs, nos enfants nous imitent en miroir. Comme nous sommes leur modèle, si nous voulons qu’ils contrôlent leur colère et se calment, il est nécessaire de commencer par apprendre à nous maîtriser nous-mêmes.

Comment s’efforcer de respecter le vœu de ne pas frapper ni crier  ?

  • Réduire son propre stress,
  • Dormir davantage,
  • Respirer,
  • Pratiquer davantage son sport préféré,
  • Sortir pendant quelques heures. Souvent, nous hurlons et nous frappons parce que nous ne réfléchissons pas sur le moment. Nous ne nous offrons pas la possibilité de mettre de la distance entre le comportement de l’enfant et notre réaction. Dans ce cas, nous sommes comme téléguidés par nos émotions, par notre histoire personnelle, par notre inconscient, par la force de l’habitude, par la pression sociale, par les croyances… Nous ne choisissons alors pas notre réponse !
  • Pratique la pleine conscience,
  • Changer de pièce,
  • Trouver du temps pour soi,
  • Si possible, passer le relais à son compagnon ou à sa compagne. Quand l’un des deux, sur le point de craquer, a atteint sa limite, il ou elle peut calmement demander à l’autre de prendre le relais. Des pistes pour les parents solos ici.

15 clés de la la philosophie éducative danoise sur lesquelles s’appuyer

1.   Toujours séparer l’enfant de son comportement

Les enfants « difficiles » ont toujours quelques chose à dire. Par ailleurs, toutes les émotions sont légitimes, tous les comportements ne le sont évidemment pas (et cela est valable pour les enfants et pur les adultes !).

2.   Éviter les rapports de force

Quand on n’introduit pas de rapports de force, on n’en trouve pas en réaction. Penser gagnant-gagnant au lieu de «  Comment faire pour gagner  ?  » est utile pour passer des ultimatums à la coopération.

3.   Éviter de blâmer l’enfant

Assumer la responsabilité de ce qui se passe est la base pour envisager de faire mieux la fois suivante. Les excuses présentées aux enfants quand l’engagement est rompu permet de restaurer la relation (mais ne sont utiles que si l’on s’engage fermement à faire autrement dans l’avenir).

4.   Voir les enfants comme foncièrement bons

La nature humaine est bonne. Les enfants (comme les adultes) ont toujours de bonnes raisons d’agir comme ils le font. Parmi ces raisons, on pourrait citer chez les enfants :

  • l’immaturité du cerveau,
  • le stress quotidien,
  • la non satisfaction des besoins (à la fois biologiques et affectifs),
  • Le manque d’information et de préparation,
  • une ambiance/ un cadre/ un environnement inadapté,
  • des demandes inadaptées au niveau de développement de l’enfant,
  • un réservoir émotionnel vide,
  • un manque de contact avec la nature et la verdure,
  • une alimentation trop sucrée/ trop salée/ avec trop d’additifs…
  • des adultes dans l’entourage qui montrent l’exemple d’un manque de régulation des impulsions…

5. Guider, nourrir, enseigner plutôt que punir

Les enfants n’ont pas besoin de davantage de discipline punitive ou de leçons de morale. Ils ont besoin de connexion avant de redirection des comportements, ils ont besoin d’écoute empathique plutôt que de reproches, ils sont besoin d’exemples de réparation plutôt que de punition, ils ont besoin d’un cadre clair et compréhensible plutôt que d’ordres non expliqués et de punitions aléatoires (« c’est comme ça parce que c’est moi l’adulte et toi l’enfant »).

6.   Recadrer les pensées 

Nous ne pouvons pas faire autrement si nous n’apprenons pas à penser autrement ! Des pistes ici pour calmer l’emballement de nos pensées face aux comportements que les comportements excessifs de nos enfants.

7.   Ne pas oublier

Jessica-Joelle Alexander et  Iben Dissing Sandahl écrivent que, quand le balancier s’inverse, on reçoit ce que l’on a donné… le bon comme le mauvais ! Si vous ne nous contrôlons pas, nos enfants ne se contrôleront pas. Si nous sommes incapables de présenter des excuses, nos enfants ne présenteront pas d’excuses (ou alors des excuses feintes, sous contrainte).

8.   Impliquer son compagnon, sa compagne

Les études montrent qu’il suffit d’un seul parent adoptant une approche éducative respectueuse et bien traitante pour faire la différence. Mais à deux, c’est encore mieux  !

Isabelle Filliozat en parle dans cette vidéo : Comment faire comprendre à son conjoint qu’il existe d’autres méthodes que la violence verbale pour se faire respecter ?

9.   Énumérer nos ultimatums

Dresser la liste des ultimatums que nous utilisons régulièrement peut nous aider à y renoncer :

  • Ressemblent-ils à ceux que mes parents me posaient  ?
  • Quelles sont les conséquences de ces ultimatums : sur moi ? sur mes enfants ? sur notre relation ?
  • En quoi pourrais-je les transformer pour renverser la situation  ?

10.   Penser à l’âge de l’enfant

Les enfants ne sont pas des adultes miniatures. Que peut-on demander à un enfant selon son âge, en fonction de son développement physique et émotionnel ?

11.   Accepter toutes les émotions des enfants, qu’elles soient ou non celles que nous désirons qu’ils aient

citation ginott éducation

12.  Rouspéter, protester, s’opposer, bouder : une forme de communication

La pratique de l’écoute active permet d’aller à la racine des émotions et des besoins qui s’expriment à travers des mots que nous estimons inappropriés.

Pour aller plus loin : L’écoute active : une règle d’or de la communication parent/enfant

13.   Replacer les comportements pénibles dans leurs contextes

L’enfant qui se comporte de manière excessive a-t-il récemment vécu des bouleversements dans sa vie qui pourraient expliquer son changement de comportement ?

Les causes des comportements des enfants ne sont d’ailleurs pas toujours émotionnelles : elles peuvent être d’ordre physiologiques (problème de thyroïde, flore intestinale déséquilibrée, rémanence de réflexes primitifs…). Elles peuvent être explorées avec un pédiatre ou un médecin.

14.   Identifier ce qui nous fait craquer

Il est important de connaître ce qui déclenche notre emportement.

  • Quand est-on sur le point d’exploser  ?
  • Que peut-on faire quand on en arrive là pour se calmer  ?
  • A-t-on besoin de davantage de sommeil, de solitude ou d’exercice physique  ?
  • A-t-on besoin d’outils pour passer de la théorie à la pratique (par exemple en prenant part à un atelier de communication parent/ enfant) ?
  • A-t-on besoin d’une aide extérieure (thérapie) pour faire un travail sur l’histoire personnelle ?

Écouter ses besoins, c’est la première étape pour pouvoir demander de l’aide.

15.   Montrer que l’on écoute

L’enfant a besoin de voir que nous sommes à l’écoute. Par exemple,quand un enfant demande quelque chose, il est important de montrer que son besoin a été entendu et compris, même si nous ne pouvons pas répondre positivement. Reformuler sa demande avec empathie et tendresse renforce le lien : « J’entends que tu voudrais une sucette, et… « . Expliquer explicitement mais brièvement pourquoi nous ne pouvons pas donner à l’enfant ce qu’il veut, c’est enseigner le respect par l’exemple.

Les recettes danoises sont réellement efficaces. En cas de rapport de force, si nous nous sentons tiraillés entre deux approches, parce que l’enfant oublie un s’il-te-plaît-merci, parce qu’il a un comportement agressif ou refuse de manger  : stop  ! Respirer, rester calme, réfléchir. Un peu d’humour  ! Offrir une porte de sortie. Ne pas s’inquiéter de l’avis de la copine ou de la belle-mère, de ce que les autres penseront de nous ou de nos enfants. – Jessica-Joelle Alexander et  Iben Dissing Sandahl

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Source : Comment élever les enfants les plus heureux du monde : les recettes du bonheur danois de Jessica-Joelle Alexander et  Iben Dissing Sandahl (éditions JC Lattès). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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