7 étapes pour utiliser nos émotions comme des occasions de gagner en liberté personnelle

7 étapes pour utiliser nos émotions comme des occasions de gagner en liberté

utiliser émotions gagner liberté personnelle

Chaque événement, aussi mineur ou bouleversant soit-il, est une occasion de se connaître, de se libérer, dès lors qu’il révèle en nous une émotion. Il peut être l’occasion de vivre une expérience. Il s’agit alors de profiter de lui plutôt que d’y réagir et de s’y sentir impuissant. L’épluchage de haricots verts qui nous ennuyait, qui nous énervait, qui nous renvoyait de nous une image de victime.. est une occasion de vivre autrement. – Catherine Aimelet- Périssol

Catherine Aimelet- Périssol, docteur en médecine et spécialiste des émotions, nous invite à faire notre propre diagnostic émotionnel et à profiter de nos mouvement émotionnels pour vivre mieux et plus libres. Ce diagnostic émotionnel peut passer par 7 étapes.

1.Devenir un.e observateur.trice bienveillant.e de ses propres symptômes défensifs.

Le diagnostic se fait tant à partir de signes physiques, cognitifs que comportementaux, par une série de questions :

  • où est-ce que ça se passe dans mon corps ?
  • comment ça fait dans mon corps ?
  • quelles sont mes sensations physiques ?
  • qu’est-ce que je pense ?
  • quels sont les mots que j’en envie de dire ?
  • qu’est-ce que j’ai envie de faire ?
  • dans quel état suis-je ?
  • quelle est l’émotion que j’éprouve ?
  • quelle est son intensité ?
  • est-ce qu’il y en a plusieurs ?
  • de quoi parlent-elles ?
  • quelles sont mes valeurs heurtées ?
  • quels sont mes besoins non satisfaits ?
  • de quoi est-ce que je manque ?
  • de quoi j’aurais besoin pour aller mieux ?

Cette observation se fait sans jugement moral, sans critique, sans censure de ce qui est bien ou mal mais dans une observation des mouvements corporels, des pensées qui émergent, des tendances à l’action, des émotions telles qu’elles se présentent.

2.Décrypter le langage du corps.

La technique du Focusing peut nous aider à comprendre et utiliser le langage du corps dans les mécanismes émotionnels.

Le concept du focusing a été créé par Eugene T. Gendlin, philosophe et psychologue à l’Université de Chicago. Il appelle focusing « le fait de prendre conscience d’une perception physique interne particulière« . Avec cette approche, Gendlin a voulu redonner au ressenti corporel la place qui lui revient et parle dune « force positive et vitale » du corps. Le focusing se passe à un niveau plus profond que les sentiments. Le sens corporel n’est pas une émotion au même titre que la colère, la peur ou la joie. C’est la perception de la situation émotionnelle totale, de plusieurs éléments reliés à une émotion particulière ou de la source de l’émotion. Il s’agit de prêter une sorte d’oreille intérieure à une perception de prime abord vague (nommée le « sens corporel« ), qui se précise ensuite avant d’être ressentie physiquement. L’idée est vraiment de prendre conscience, avec le cerveau, de certains éléments qu’on ressentait uniquement dans le corps auparavant.

Un sens corporel qui se transforme s’accompagne d’une détente, d’une sensation physique de soulagement. Gendlin a introduit la notion de « mouvement corporel » pour décrire cette sensation physique de libération qui accompagne la pratique qui focusing. Le mouvement corporel peut être éprouvé au niveau du ventre, dans tout le corps, dans la poitrine, dans la gorge, au niveau des mâchoires, peut prendre la forme d’un soupir ou encore d’un changement rapide de la posture.

Gendlin affirme qu’avec un entraînement au focusing, on découvre que le corps possède les solutions à un grand nombre de nos problèmes. En employant le focusing, on prend conscience de certains aspects cachés de nous-mêmes. Il se peut que, au moment du focusing, nous nous sentions mieux, même si nos découvertes semblent négatives aux yeux d’un observateur extérieur.

-> Pour aller plus loin : Avoir confiance en son corps.

3.Prendre conscience de nos jugements et pensées automatiques.

Ces jugements et pensées automatiques sont le film que nous nous faisons., ce que nous nous disons (sur nous-mêmes et sur les autres).

Ces pensées peuvent être :

  • des commentaires intérieurs (nous les ressassons comme pour nous convaincre, ajoutant de l’huile sur le feu)
  • des mots prononcés à destination des autres mais également de nous-mêmes (des mots tout faits, des certitudes auxquelles nous adhérons, jugements indiscutables…)

Les pensées automatiques sont facilement reconnaissables car ils survalorisent ou dévalorisent, ils accusent, ils sont l’expression de stratégies défensives et passent pas des expressions récurrentes :

« Il faut/ je dois… »

« C’est comme ça »

« Ce n’est pas grave »

« Toujours/ jamais »

« Ce n’est pas normal./ Je ne suis pas normal.e. »

« Ce n’est pas naturel. »

« ça va faire bizarre ».

« Trop/ rien »

« Il n’y a qu’à…  »

« Les autres… »

« Oui mais… »

Ces expressions contiennent des notes de fatalité et véhiculent une vision binaire de la vie (tout ou rien). Elles sont des symptômes de nos mécanismes défensifs.

-> Pour aller plus loin : Notre petite voix critique interne : l’apprivoiser pour en faire une alliée (et décoder ses vrais messages)

4.Prendre en compte les conséquences de nos comportements (effective si on est passé à l’acte/ éventuelles quand il s’agit de tendances à l’action).

La prise en compte des conséquences de nos comportements suppose notre participation à l’événement.

Quand ces conséquences résonnent en nous en termes d’autojustification ou de culpabilité, nous ne pouvons rien en faire, elles ne seront pas un fil conducteur. En revanche, quand nous prenons notre part à nous, celle qui nous revient en propre, alors « mon » irritation, « mon » impatience, « mon » agitation… donnent sens à « mon » besoin et à « mon » manque. – Catherine Aimelet- Périssol

5.Identifier et nommer l’émotion.

Quand tout ces symptômes sont réunis, compris, accueillis et nommés (sensations corporelles, pensées, comportements, tendances à l’action), il devient possible d’identifier la ou les véritables émotions avec authenticité et vulnérabilité avec le mot juste (la bonne émotion, son intensité).

vocabulaire des émotions

Cette lecture des sensations et émotions peut se faire à froid comme à chaud :

  • à froid, en dehors d’une crise émotionnelle, pour repérer les habitudes et schémas émotionnels
  • à chaud pour se distancier de l’événement et se recentrer sur le vécu émotionnel.

 

6.Ressentir et accueillir le manque.

Le sensation de manque est un fil conducteur qu’il convient de prendre AVEC soi plutôt que CONTRE soi. De s’en faire un allié plutôt que de l’éviter, la maîtriser, la nier ou la subir. – Catherine Aimelet- Périssol

Quand Catherine Aimelet- Périssol mentionne le fait de vivre AVEC les émotions, elle fait référence à une réconciliation avec soi-même : la compétition existentielle disparaît au profit d’une implication de soi dans sa vie.

La réaction émotionnelle nous alerte sur la présence du manque, à nous de prendre à coeur et en main le devenir de nos besoins.

Le manque d’être nous questionne : « Qu’est-ce que je pense, qu’est-ce que je peux dire, qu’est-ce que je peux faire de ce manque là et à partir de lui ? ». Il ne justifie pas nos réactions de défense. Il les explique tout au plus. Justifier son angoisse par son manque de confiance revient à justifier une hémorragie par une plaie ouverte sans se poser la question du soin. – Catherine Aimelet- Périssol

7.Ecouter le besoin.

Nos besoins fondamentaux sont les objectifs intelligents contenus dans nos actions les plus simples comme les plus complexes. Quand l’état de fuite parle de danger à éviter, le besoin parle de sécurité et de liberté à créer. Quand l’état de lutte parle de menace à maîtriser, le besoin parle d’identité à créer. Quand l’état de repli sur soi parle de passer inaperçu, le besoin parle de se réaliser. -Catherine Aimelet- Périssol

S’entraîner à écouter les besoins ne signifie pas forcément prendre de grandes décisions ou changer sa vie mais plutôt de prendre une part active entre les événements et les réactions émotionnelles :

  • pour quoi, dans quelle intention est-ce que je fais ceci ?
  • quel(s) bénéfice(s) est-ce que j’en obtiens ?
  • en conservant ce bénéfice, puis-je agir avec plus de plaisir ?
  • quelles sont les valeurs qui me portent ?
  • comment transformer mes « il faut/je dois » en « je choisi de… pour nourrir mes besoins de… » ?

Catherine Aimelet- Périssol insiste vraiment sur l’importance d’entendre les besoins, les désirs, les envies profondes tapies derrière la tension, la fatigue ou la peur que nous éprouvons.

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Source : Comment apprivoiser son crocodile de Catherine Aimelet- Périssol (éditions Pocket). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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