15 manières non violentes de soutenir et accompagner les enfants et adolescents

15 manières non violentes de soutenir et accompagner les enfants et adolescents (sans jeu de pouvoir ni coercition)

15 manières non violentes de soutenir et accompagner les enfants et adolescents

Dans son livre On ne se comprend plus, Isabelle FIlliozat propose 15 manières non violentes et efficaces de soutenir et accompagner les enfants et adolescents.

 

1.Le pouvoir de l’amour

Notre vrai pouvoir réside dans la connexion. Isabelle Filliozat rappelle que nous, parents, sommes comme les porte-avions de nos enfants. L’image est de Nicole Guédeney, pédopsychiatre spécialiste de la théorie de l’attachement. On nomme figure d’attachement principale la personne vers laquelle un enfant se tourne prioritairement en cas de danger. Les humains ont besoin d’un attachement tout au long de leur vie : les adolescents et les adultes de tout âge ont besoin de savoir que leurs parents sont des soutiens inconditionnels et aimants. Pour filer la métaphore, les enfants et adolescents sont les avions qui viennent se poser sur les porte-avions (leurs parents ou autres figures d’attachement principales) pour s’y recharger en carburant (= en amour).

Se visualiser en porte avion est aider pour soutenir et accompagner les enfants et adolescents sans violence. Notre rôle est de fournir le meilleur carburant possible (sous forme d’attachement par des jeux, des sourires, des câlins, des temps d’attention de qualité, de l’écoute, des temps passés ensemble…).

Ainsi, Isabelle Filliozat conseille de saisir la moindre occasion pour jouer et rire ensemble afin de nourrir les besoins d’attachement des enfants. En effet, un enfant/ un adolescent dont le réservoir est vide ou presque devient plus irritable, plus rapidement débordé par ses émotions et va peut-être adopter des comportements inappropriés pour chercher des marques d’attention afin de remplir son réservoir.

2.Le pouvoir de l’authenticité et de la vulnérabilité

Tenter de contrôler, de poser des limites, des interdits ne provoque que haussements d’épaules, rires sous cape ou rébellion. Nos tentatives de prise de pouvoir sont dérisoires. – Isabelle Filliozat

La recherche de contrôle est inefficace. Cela ne signifie pas pour autant de laisser faire n’importe quoi aux enfants et adolescents. Il est tout à fait possible de partager nos soucis avec nos enfants concernant leur sécurité, leur santé, leur futur en exprimant nos émotions et en s’assurant de faire passer le message d’amour. Cela suppose de reconnaître la liberté de l’enfant/ adolescent. L’efficacité de l’exposition de notre vulnérabilité réside dans le fait que, lorsque l’adulte change d’attitude, l’enfant peut en faire autant. Nous pouvons alors essayer de discuter et de résoudre nos problèmes ensemble, avec amour, en faisant attention aux besoins l’un de l’autre.

Avant d’ouvrir la bouche, nous pouvons également nous poser à nous-mêmes des questions : Fais-je, dis-je, pensé-je cela par amour ou dans mon propre intérêt ?

Isabelle Filliozat conseille de parler lentement quand nous voulons exprimer des inquiétudes au sujet des décisions des enfants afin de leur laisser le temps de prendre en eux le message, de l’intégrer que nous leur envoyons.

3.Le pouvoir de la liberté

La liberté donne de la sécurité parce qu’elle permet de développer son pouvoir personnel, de sentir sa puissance. Nous parlons ici d’authentique liberté, c’est-à-dire fondée sur la sécurité du lien affectif. Quand le parent dit « Fais ce que tu veux, je m’en fiche », ce n’est plus de la liberté, tant le manque de lien insécurise. – Isabelle Filliozat

Utiliser le pouvoir de la liberté pour accompagner et soutenir les enfants/ adolescents consiste à solliciter leurs capacités d’analyse, à les inciter à résoudre des problèmes , notamment à travers des questions :

  • et alors ?
  • et qu’est-ce qui va se passer après ?
  • et que pourra se dire untel/ unetelle ?
  • que pourras-tu faire alors ?

Nous pouvons également guider les enfants/ adolescents dans l’utilisation de leurs atouts :

  • comment pourrais-tu utiliser ta créativité/ ton esprit de synthèse/ ta capacité d’empathie pour faire face à cette situation ?
  • laquelle de tes qualités pourrait t’être utile ?

4.Le pouvoir des règles

Un interdit est une limite, il est formulé en Ne pas… Une règle est une procédure  Quand… alors… – Isabelle Filliozat

La probabilité que les enfants et adolescents respectent une règle augmente quand :

  • la règle est exprimée en langage affirmatif
  • la règle est décidé ensemble
  • la relation parents/ enfants est bonne par ailleurs, que l’ambiance globale à la maison est bonne
  • la règle est adaptée au niveau de développement de l’enfant (vérifier que l’enfant/ adolescent dispose des ressources nécessaires en termes de compétences émotionnelles et relationnelles pour la respecter)

5.Le pouvoir de l’exemple et de la modélisation

L’imitation est la voie royale de l’apprentissage. Montrer l’exemple est plus efficace que mille mots. – Isabelle Filliozat

Isabelle Filliozat nous conseille d’énoncer à haute voix ce que nous faisons (par exemple : « oh là, je sens mes muscles qui se crispent, ma mâchoire qui devient dure, j’ai envie de taper; j’arrête tout, je prends le temps de souffler, je respire profondément jusque dans mes pieds; ok, je me sens mieux, on peut reprendre notre discussion calmement ».

De même, nous avons le choix de ne pas nous mettre dans la situation du « fais ce que je dis mais pas ce que je fais » (par exemple, en refusant de répondre au téléphone en présence de l’enfant quand il est en train de nous parler).

6.Le pouvoir de l’accueil

Ouvrons nos oreilles plutôt que nos bouches. – Isabelle Filliozat

Nous ne sommes pas supposés résoudre tous les problèmes de nos enfants et adolescents. Ces derniers ont souvent juste besoin d’une écoute bienveillante, d’un accueil de leurs émotions sans jugement, d’une confirmation de leurs ressentis.

Pour autant, accueillir ne signifie pas tout approuver sans rien dire. Si nous ne sommes pas d’accord, nous pouvons prendre la parole en disant : « Oui, et… en exprimant nos émotions, nos besoins, nos peurs, les informations qui nous semblent importantes ».

Selon Thomas Gordon, nos façons de répondre aux enfants peuvent avoir des effets néfastes sur le lien qui nous unit à eux et sur leur estime d’eux-mêmes. Les enfants peuvent comprendre autre chose que les mots en tant que tels. Gordon liste 12 types de messages néfastes à la relation parents/ enfants :

  • commander
  • menacer
  • faire la leçon
  • conseiller
  • argumenter
  • juger/critiquer
  • complimenter
  • ridiculiser
  • psychanalyser, interpréter
  • rassurer
  • enquêter
  • esquiver/ distraire

7.Le pouvoir de l’écoute

C’est le problème lui-même qui est important, ou plutôt l’étude du problème, pas la solution. – Isabelle Filliozat

Dans l’écoute active, le parent essaie de comprendre ce que ressent l’enfant, de saisir ce que son message veut dire. Ensuite, le parent transforme sa compréhension dans ses propres mots et retourne le message à l’enfant pour vérification.

Le plus important pour le parent est de transmettre son propre message « décodé » sans évaluation, sans opinion, sans conseil ni raisonnement ou encore analyse. Il retourne seulement ce qu’il pense être le sens véritable du message de l’enfant : rien de plus, rien de moins.

L’écoute active nécessite un ensemble d’attitudes pour qu’elle soit efficace. On doit vouloir :

  • prendre le temps d’écouter ce que l’enfant veut dire
  • aider l’enfant à résoudre son problème sans conseiller ni raisonner ou encore imposer sa propre solution
  • accepter les sentiments de l’enfant sans imposer ce qu’il « devrait » ressentir
  • faire confiance aux capacités de l’enfant à réfléchir et trouver ses propres solutions
  • comprendre que les émotions évoluent (il n’y a pas lieu de s’effrayer des émotions qui sont exprimés car elles ne sont pas permanentes… elles passeront d’autant plus facilement qu’elles seront entendues, accueillies et comprises)
  • voir son enfant comme une personne différente de soi : on se met dans la peau de l’enfant pour comprendre son ressenti, sa vision des choses, sa perception de la réalité pour la lui refléter en miroir.
  • accepter de changer nos opinions et nos attitudes : adopter le point de vue de l’enfant peut nous amener à redéfinir notre propre manière de voir les choses.

L’écoute active peut passer par des expressions du type :

Tu sembles (fâché contre)…

Tu es tellement (en colère) que tu as envie de…

C’est vraiment….  qui (te fait peur/ te met en colère/ te rend triste) ?

Tu en as assez de…

Tu aimes vraiment… ? / …, ça te plait beaucoup, on dirait.

Tu as peur de…

Tu es déçu de…

Tu veux dire que…

…., c’est ça qui t’embête ? 

Tu n’as pas assez de temps pour…

Ça doit être (douloureux/ gênant) de…

Tu as ressenti (de la honte/ de la peine/ de la peur/ de la colère) ?

Tu te demandes pour quelle raison….

8.Le pouvoir de l’équanimité (accueil serein de ce qui se présente)

Isabelle Filliozat conseille, pour développer notre capacité à écouter les émotions des nos enfants et adolescents sans sur réagir, d’utiliser la technique du bol imaginaire : visualiser les émotions comme un liquide qui a besoin de sortir et qui se déverse dans un récipient placé mentalement devant nous. Cela nous évite de prendre en plein coeur ces émotions et de les faire nôtres.

Le moindre bobo ou souci n’a pas besoin d’enclencher notre mode « sauveteur ».

9.Le pouvoir de l’empathie

L’empathie soulage. Ecouter, c’est surtout entendre les émotions (plus que les faits, les détails). Faire preuve d’empathie, c’est laisser l’enfant pleurer s’il en a besoin sans chercher à réprimer sa tristesse mais en accueillant les pleurs comme une manifestation de ses émotions.

Isabelle Filliozat conseille de synchroniser notre communication non verbale avec celle de l’enfant/ adolescent qui se confie (rythme de la respiration, mimiques du visage, posture du corps). Puis elle conseille de parler des émotions ressenties (« Cela doit être dur de… », « C’est vrai que cela remue/ rend triste/ met en colère quand… », « Tu as le droit de ressentir…. C’est normal d’avoir envie de pleurer/ de crier… »).

10.Le pouvoir de la discussion

Les questions ouvertes soutiennent l’exploration et elles doivent toujours venir après un moment d’écoute empathique :

  • que se passe-t-il ? que s’est-il passé ?
  • que te dis-tu ? que t’es-tu dit ?
  • qu’éprouves-tu ? qu’as-tu éprouvé ?
  • comment les autres réagissent-ils ? comment ont-ils réagi ?
  • qu’est-ce qui a pu les pousser à faire cela ?
  • de quoi as-tu le plus envie ?
  • qu’est-ce que tu crains le plus ?
  • qu’est-ce qui te rend triste ?
  • qu’as-tu appris de cette expérience ?

11.Le pouvoir du moment juste

« Notre » moment n’est pas forcément celui de l’enfant ou adolescent. Nous pouvons profiter des rapprochements des enfants et adolescents pour provoquer un échange authentique et chaleureux : on commence à discuter et on voit si l’enfant est réceptif. Si ce n’est pas le cas, on n’insiste pas.

Parfois, être occupé à faire quelque chose ensemble est plus propices aux échanges informels.

12.Le pouvoir du recadrage

Ce qui nous bloque, ce ne sont pas les situations, ce sont nos interprétations. – Isabelle Filliozat

Isabelle Filliozat propose de rediriger notre attention (notre « caméra ») ailleurs quand nous nous sentons sur le point de déraper vers la violence. Il existe plusieurs manières de recadrer :

  • zoomer ou recadrer plus serré pour mentionner les détails positifs,
  • recadrer en focalisant sur les émotions,
  • recadrer en regardant la situation d’un autre point de vue (recadrage dans le temps, recadrage de l’interprétation, recadrage de l’importance),
  • recadrer en insistant sur le temps (un « pas encore » peut changer la vie : « Tu n’y arrives pas encore« ).

13.Le pouvoir de la valorisation et du renforcement positif

otre contentement face à nos enfants. On considère que ce qui est bien est normal, va de soi !

Cette manière d’envisager l’éducation nous amène à ne voir l’enfant que sous l’angle du négatif : ce qui ne va pas.

Pourtant, il est possible d’inverser notre manière de fonctionner pour encourager le moindre de ses efforts et ses plus petites victoires 🙂 : repérer ce qui va bien, ce que l’enfant fait correctement (même de toutes petites choses) ou conformément à notre demande.  

Dire à l’enfant quelques mots positifs dans ces cas-là, dans ces tout petits riens, c’est lui donner envie de reproduire cette situation positive et valorisante pour lui.

Valoriser les petits exploits du quotidien par un renforcement positif est très importante. Il ne s’agit pas de faire de l’ironie ou de se moquer de l’enfant mais bel et bien de :

  • exprimer de la gratitude pour son attitude qui facilite le quotidien : dire merci
    • Merci de m’avoir aidé à…
    • Merci d’avoir fait…. parce que cela signifie que nous pouvons maintenant…
    • Ça rend les matins/ repas/ sorties plus agréables quand tu… et je t’en remercie

 

  • partager nos sentiments et expliquer pourquoi nous sommes reconnaissants envers notre enfant
    • Je suis content(e) quand tu…
    • Je suis fier(e) de toi
    • ça me fait plaisir/ chaud au cœur quand tu…
    • J’apprécie vraiment quand tu…

 

  • décrire le comportement approprié et résumer en un mot la compétence en jeu
    • Tu as fait ceci puis cela. Cela s’appelle de la patience/ de la sensibilité/ de l’empathie…
    • Tu as dit ceci quand… Tu as fait preuve de….

14.Le pouvoir de la réconciliation

La colère de nos enfants et adolescents parlent d’eux, pas de nous. Nous pouvons choisir d’écouter bon pas les accusations mais les souffrances derrière l’irritation, le rejet, l’agressivité.

Par ailleurs, quand nous avons eu tort (exemples : accuser l’enfant ou l’ado d’avoir menti alors qu’il disait la vérité, avoir crié sur un enfant/ ado…), reconnaître nos erreurs nous grandira toujours à leurs yeux. Dès que nous avons reconnu notre erreur, nous pouvons nous concentrer sur l’enfant/ ado : qu’a-t-il ressenti ? que s’est-il dit ? qu’a-t-il eu envie de faire ?

15.Le pouvoir de la gratitude

MERCI ! Toute leur enfance, nous soulignons à nos chérubins le pouvoir de ce mot magique et pourtant il nous arrive d’oublier de le prononcer. – Je te remercie d’exister dans ma vie ! – Isabelle Filliozat

Nous pouvons exprimer notre gratitude envers nos enfants et adolescents de diverses manières :

  • souligner ce qu’ils font et qui nous rendent la vie plus belle par des paroles ou des petits mots
  • leur écrire une lettre en leur exprimant tout ce qu’ils apportent à notre vie depuis leur naissance
  • inclure des moments passés avec eux lors des « trois kifs » du soir
  • laisser des petits mots/ petite cartes avec des mots doux dans la maison/ dans leur trousse/ dans leurs poches de manteau ou pantalon…

citation éducation filliozat

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Source : On ne se comprend plus de Isabelle FIlliozat (éditions JC Lattès). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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