Accompagner la tristesse des enfants avec bienveillance

Accompagner la tristesse des enfants avec bienveillance

Accompagner la tristesse des enfants avec bienveillance

Comme toutes les émotions, la tristesse de l’enfant réveille automatiquement la nôtre. Il est possible que cette tristesse nous brise le coeur et nous amène à tout faire pour la faire cesser plutôt que l’accueillir et la laisser s’exprimer. Pour certains parents, il est également possible que la tristesse d’un enfant renvoie à une souffrance d’enfance, quand leur propre tristesse était niée et que cela les empêche d’être émotionnellement disponibles pour celle de leurs enfants dans le présent.

Dans leur livre Émotions, quand c’est plus fort que lui !, Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet proposent quelques pistes pour accueillir et accompagner la tristesse momentanée d’un enfant (par exemple, suite à la déception de ne pas avoir été invité à un anniversaire, suite à un rejet par un ami, suite au départ d’un voisin apprécié, suite à l’échec dans une compétition sportive ou une mauvaise note…).

  • Lui signifier que la tristesse est normale et naturelle, que c’est l’émotion de la perte, de la séparation, de l’échec.

 

  • Pratiquer l’écoute active en reformulant sans juger ce que l’enfant ressent et en mettant des mots sur les différentes dimensions de l’émotion : « Tu es tellement triste que tu as envie de pleurer, c’est comme si tout était serré en toi, tu as l’impression d’avoir le coeur vide et tu te sens seul comme abandonné et nul. Ça fait mal dans ton coeur et c’est vrai que c’est difficile. »

 

  • Lui proposer de fermer les yeux et de se mettre à l’écoute de son corps, de ses sensations : « Comment respires-tu ? Est-ce que c’est plus rapide que d’habitude ? Est-ce que la respiration est difficile ? Comment ça fait la tristesse dans ton corps ? Est-ce qu’il y a un endroit bloqué, contracté ? Où est-ce que la peine est dans le corps ? »

 

  • Offrir à l’enfant triste un soutien physique (une pleine présence, une attention non distraite, des caresses et câlins si l’enfant les accepte), une présence bienveillante, solide et fiable (la tristesse est OK, elle est là et c’est OK d’être triste, la tristesse est comme une visiteuse qui est là le temps de déposer son message et qui finira par repartir).

 

  • Rester présent (physiquement et affectivement) autant que l’enfant en a besoin, tant que l’émotion de tristesse est là jusqu’à un apaisement physique perceptible dans le corps de l’enfant, un soulagement corporel.

 

  • Lui dire qu’on le comprend, que dans une situation pareille, nous aurions éprouvé la même chose.

 

  • Proposer d’aller marcher, de bouger, de souffler profondément pour laisser aller les dernières manifestations de la colère.

 


  • Inviter l’enfant à capitaliser sur ses ressources internes et personnelles : lui demander de se souvenir d’autres moments où il s’est senti triste et où il a réussi à dépasser sa tristesse, voir dans quelle mesure il peut compter sur ses ressources dans la situation actuelle.

 

  • Recadrer les pensées orientées problèmes en pensées orientées solutions et apprentissages : qu’est-ce que l’enfant peut apprendre de cette situation ? quelle serait l’opportunité positive qui pourrait émerger de cette situation et qu’il ne voit pas encore ? que faire pour augmenter le niveau de joie (par exemple, appeler le voisin qui a déménagé ou l’inviter/ acquérir de nouvelles méthodes de révisions plus efficaces pour avoir de meilleures notes…)

Dans le cadre d’une éducation émotionnelle et relationnelle, il est également possible de fournir des stratégies aux enfants pour apprivoiser leurs émotions. En voici quelques exemples :

accompagner tristesse enfants

7 choses à éviter avec la tristesse des enfants

  1. Les empêcher de s’exprimer, de dire et montrer leur peine (« arrête de pleurer »)
  2. Se moquer d’eux (« les garçons ne pleurent pas », « c’est les bébés qui pleurent », « c’est pas beau les enfants tristes », « tu fais de la comédie »)
  3. Expliquer les bonnes raisons qu’ils ont de ne pas être tristes (la compréhension de la situation ne change rien à la douleur éprouvée)
  4. Dramatiser (« c’est horrible ») ou dédramatiser/ mettre en perspective (« c’est pas grave », « il y a plus malheureux que toi »)
  5. Faire du chantage à la répression émotionnelle (« si tu retrouves le sourire, je t’achète une glace »)
  6. Punir ou isoler
  7. Donner des conseils sur les choses à faire pour changer la situation (« tu n’as qu’à… », « tu devrais… », « il faut que tu… »)

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Émotions, quand c’est plus fort que lui ! Aider son enfant de 3 à 11 ans à bien grandir de Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet.

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