10 pistes pour accompagner les peurs des enfants

Accompagner les peurs des enfants (aller AVEC elles plutôt que CONTRE elles)

10 pistes pour accompagner les peurs des enfants

Dans leur livre Émotions, quand c’est plus fort que lui !, Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet proposent quelques pistes pour accueillir et accompagner les peurs des enfants. Elles rappellent qu’il vaut mieux tenir compte de la peur et avancer AVEC elle plutôt que chercher à nier l’émotion ou l’événement (« n’aie pas peur »), dédramatiser (« Tu as peur pour rien »), juger (« c’est nul d’avoir peur/ c’est pour les bébés ») ou encore chercher des solutions à la place de l’enfant (« je vais demander à… de… »).

10 pistes pour accompagner les peurs des enfants

  • Réconforter physiquement

Réconforter physiquement l’enfant en le prenant dans les bras, en lui caressant les cheveux va l’aider à revenir à se reconnecter avec son cerveau supérieur. Cependant, il est inutile de le contraindre s’il ne souhaite pas de contact physique. L’important ici est d’assurer une pleine présence physique et non jugeante, même dans le silence.

  • Respirer

Il est utile d’inviter l’enfant à respirer profondément. On peut inviter un enfant en proie à la peur à poser sa main sur son abdomen et l’autre sur sa poitrine pour qu’il sente son ventre se gonfler et se dégonfler, à plusieurs reprises.

Il est possible d’accompagner l’enfant dans cette respiration profonde (à la fois pour lui montrer l’exemple et pour revenir nous-même à un équilibre émotionnel).

  • Rappeler la nature des émotions

La peur est naturelle et passagère, comme toutes les émotions. Il est inutile de chercher à rassurer mais simplement assurer avec une présence affectueuse et compréhensive.

Un livre utile pour comprendre la nature de l’émotion de peur :

ysée et croco n'ont même pas peur

  • Poser des mots sur les sensations corporelles et l’émotion

Afin que l’enfant comprenne son émotion et puisse vivre avec elle, on peut l’inviter à exprimer ce qu’il sent dans son corps et dans son coeur, sans jugement ni commentaire :

« Comment ça fait dans ton corps ? Où est-ce que cela se passe ? Tu as mal quelque peur ? »

« Tu dirais que ta peur est grosse comment ? Si tu devais lui donner un nombre entre 0 et 10 (10 pour la plus grosse peur du monde et 0 pour la plus petite), tu dirais que tu es à combien ? »

  • Exprimer les pensées

Ici, il s’agit d’inviter l’enfant à exprimer ce qui se passe dans sa tête, les pensées qui le traversent et qui alimentent l’émotion de peur : « Si je comprends bien, c’est que… », « J’ai l’impression que c’est… qui te fait peur, c’est bien ça ? »

  • Reformuler ce que l’enfant dit

Quand l’enfant s’exprime, le fait de reformuler ses propos permet de lui témoigner de l’empathie et lui donne l’occasion d’explorer encore plus ses pensées afin de vivre son émotion jusqu’au bout.

  • Revenir à l’événement déclencheur

Un enfant n’a jamais peur pour rien (même si cela semble être un rien pour un adulte). L’événement déclencheur peut être antérieur et c’est un élément dans le présent qui déclenche la peur en rapport avec cet événement (par exemple, un cours de musique qui s’est mal passé la semaine précédente et une crise de peur la semaine suivante à l’idée d’y retourner).

  • Solliciter l’enfant pour qu’il trouve des solutions

Il s’agit ici d’envisager avec l’enfant ce qu’il peut faire pour à la fois conserver sa sécurité et sa liberté dans la situation ici et maintenant : « La peur est là, qu’est-ce que tu peux faire avec elle ? Par exemple, tu peux me serrer très fort la main, chanter, te rappeler un moment où tu t’es senti fier… »

  • Entraîner l’imagination des enfants

L’idée est de non seulement accompagner l’émotion de peur de l’enfant mais également de permettre à l’enfant de vivre avec la peur en l’écoutant et en la dépassant avec des solutions. Entraîner l’imagination des enfants passe par la question « Et si… ? » et des scénarions anticipés.

  • Outiller l’enfant avec des techniques pour apprivoiser les émotions

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Source : Émotions, quand c’est plus fort que lui ! Aider son enfant de 3 à 11 ans à bien grandir de Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet (éditions Leduc S.)

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1 réponse

  1. Mathilde dit :

    L’allusion au cours de musique m’a rappelé ce témoignage d’un père ayant suivi une formation Gordon qui est un bon exemple de la puissance de la décharge et de son écoute:
    Un mercredi matin, Thomas, 9 ans, refuse d’aller à son cours d’anglais et entre dans une colère noire.
    «Je me suis assis sur son lit, raconte Arnaud, et je l’ai écouté pendant 20 minutes. Tout y est passé, jusqu’à la menace de la grève de la faim.»
    Une fois apaisé, l’enfant a lancé, à la grande surprise de son père:
    «Bon, il faut qu’on y aille sinon je vais être en retard.»
    «Je n’avais rien dit, commente Arnaud, et je n’ai même pas eu à réaffirmer pourquoi j’y tenais.
    Cette histoire (cours d’anglais) m’en a rappelé deux du même style avec ma fille à un an d’intervalle, une grosse scène au sujet de “Je veux arrêter la flûte”, (puis le violoncelle) avec pour épilogue : “J’ai pris ma douche et j’ai fait mes exercices, en fait c’était facile!”, et ça repart. Je n’ai pas du tout cherché à lui expliquer pourquoi ne pas abandonner ni exprimé que ça m’ennuyait un peu (de m’être engagée pour le trimestre de flûte en petit groupe), en l’écoutant, je pensais qu’elle (et ses sentiments) était la plus importante.
    Probablement de la peur d’échouer derrière l’envie d‘abandonner, mais on n’a même pas besoin de connaître l’évènement déclencheur pour que ça marche. Ca peut d’ailleurs être un cumul d’évènements.

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