STOP-PLAN-ACTION : une affiche pour aider les enfants à résoudre leurs problèmes sans violence

Les pré requis pour une gestion non violente des conflits par les enfants

Aider les enfants à résoudre leurs problèmes n’équivaut pas à trouver la solution à leur place ou à faire à leur place. Cette approche nécessite un travail préalable sur les sensations, le vocabulaire des émotions et les sur les manières de calmer les émotions fortes. Il s’agit donc d’une approche d’intelligence émotionnelle globale qui permet justement la résolution de problème sans violence.

STOP-PLAN-ACTION

Un travail préparatoire peut donc s’articuler autour de plusieurs thèmes pour instaurer un climat non violent (à l’école et à la maison) :

  • sur les sensations

Ce travail sur les sensations du corps peut passe par la pratique de la pleine conscience et du yoga. L’idée est d’éveiller les enfants à ce qui se passe en eux, aux sensations qu’ils peuvent ressentir, à leur souffle et à ses variations (un souffle rapide et/ ou saccadé est signe de perturbation).

On peut également mettre en place un petit jeu avec les enfants une fois qu’ils sont familiarisés avec la pleine conscience : à un signal donné (ex : un tintement sur des bols tibétain) qui peut arriver à n’importe quel moment de la journée, on prend une à deux minutes de pleine conscience.

Qu’est-ce que je ressens dans mon corps ? 

Comment est mon souffle ? 

Est-ce que je sens mes appuis de pieds sur le sol ? et mes fesses sur la chaise ? 

Est-ce que cela me gratte quelque part ? 

Je laisse passer mes pensées en les observant mais en ne m’attardant pas dessus. 

  • sur la reconnaissance de émotions

La conscience de soi (le fait de pouvoir identifier ses sensations et ses émotions) est la clé de voûte de l’intelligence émotionnelle. Cette capacité est essentielle à la compréhension de soi et à l’intuition.

Quiconque est aveugle à ce qu’il ressent est à la merci de ses sentiments. – Daniel Goleman

Le travail sur la reconnaissance des émotions peut être long et peut prendre des formes variées qui sont compatibles :

  • lire toutes sortes d’histoires et parler avec les enfants des émotions des différents personnages (qu’ont pu ressentir ces personnages à tel ou tel moment ? pourquoi ? et eux, qu’auraient-ils ressenti à la place des personnages ? pourquoi ?)

 

  • lire des livres dédiés aux émotions pour amorcer un travail sur le vocabulaire précis des émotions

 

  • montrer des visages avec des expressions émotionnelles différentes et demander aux enfants d’identifier les émotions sur chaque visage. A partir de ce type d’images, de nombreuses autres activités sont envisageables : des tris entre émotions agréables et désagréables, des memorys ou des dominos à partir d’images en double, demande aux enfants de raconter des situations dans lesquelles ils ont ressenti ces différentes émotions…

 

  • mimer des émotions d’abord seulement avec le visage puis avec le corps (pour que les enfants se rendent compte que les émotions ne se vivent pas seulement sur le visage mais également par le corps)

 

  • trouver des synonymes aux émotions primaires (colère, joie, tristesse, dégoût, peur, surprise, honte) en s’appuyant sur le travail fait auparavant (ces synonymes n’en sont pas vraiment dans le sens où l’idée est de faire prendre conscience de l’intensité des émotions : la terreur n’est pas la même chose que la peur)

 

  • se doter d’outils pour accueillir et exprimer les émotions

L'escalier pour accueillir mes émotions

 

  • jouer à des jeux autour de la communication émotionnelle (un jeu de cartes à télécharger ici)

 

  • sur les outils pour calmer les émotions fortes

Toute émotion forte se traduit dans le corps par un pulsion d’agir. Il n’y a donc pas d’intelligence émotionnelle sans une bonne gestion des impulsions. Gérer ses impulsions signifie être capable de se remettre rapidement de la « submersion » provoquée par un débordement émotionnel. Quand on est débordé émotionnellement, on perd la capacité d’écouter, de penser et de s’exprimer clairement : le fait de se calmer est un pas essentiel sans lequel il est impossible de cheminer vers un règlement du désaccord. Le moment de l’intervention à l’aide d’une information apaisante est importante : plus elle a lieu tôt, plus elle est efficace.

Là encore, plusieurs approches complémentaires peuvent amener les enfants à savoir se calmer sans se laisser déborder par leurs émotions :

  • l’histoire de la tortue pour comprendre l’importance de se calmer avant d’agir

Faire la tortue gestion émotions jeunes enfants

 

  • des outils de gestion émotionnelle comme la roue de la colère ou le modèle des flammes

roue-des-émotions La métaphore de la flamme : un outil pour apprivoiser les émotions fortes et l'anxiété

 

  • reconnaître les petites voix qui ont tendance à alimenter les émotions fortes avec des pensées négatives

Comment j’interprète cet événement ? Qu’est-ce que je me dis à moi-même ? Que me dit ma petite voix intérieure ? Ilona Boniwell a développé un modèle dans lequel elle présente ces petites voix comme des perroquets qui ont chacun leur personnalité. Il y a le perroquet inquiet, le perroquet accusateur, le perroquet juge, le perroquet perdant, le perroquet « je m’en foutiste ». On peut apprendre aux enfants à reconnaître quand une petite voix leur parle, à identifier ce qu’elle leur dit et comment remettre en perspective ses paroles pour se concentrer sur les besoins des humains et les solutions.

 

  • sur les capacités à anticiper et se décentrer

Là encore, les histoires et les livres sont de précieux alliés. Ils sont l’occasion de parler des actions de chaque protagoniste et de leurs répercussions sur les autres autour d’eux.

On peut imaginer des jeux autour des histoires : inventer une suite différente, jouer en jeux de rôle les différents protagonistes pour vivre les émotions de chacun.

La philosophie est quant à elle efficace pour apprendre aux enfants à se décentrer : 4 petits jeux de réflexion pour développer la capacité des enfants à se décentrer

 

  • sur l’empathie (et la compassion)

Cultiver l’empathie naturelle permet de développer tout le registre émotionnel qui permet de comprendre les émotions (les siennes et celles des autres) et ce processus doit se faire dans une visée éthique. Cultiver l’empathie doit être mis au servie de la compassion.

Cela peut se faire à travers des activités formelles et informelles, au quotidien comme sur des temps dédiés :

  • lire des livres porteurs de valeurs humanistes

 

jeux coopératifs enfants

 

  • pratiquer des activités inspirées par la psychologie positive 

arbre bien être enfant

 

pétales du bonheur psychologie positive enfants

 

 

STOP-PLAN-ACTION : une affiche pour aider les enfants à résoudre leurs problèmes sans violence

STOP

Stop ! Avant d’agir face à un problème, prendre un temps de pause évite de passer de la colère à la violence. Retrouver son calme permet de résoudre un problème parce que le cerveau en proie aux émotions n’est pas capable de produire des réflexions raisonnées.

Lorsque nous sommes en colère, nous sommes comme déconnectés de notre cortex préfrontal (= siège des fonctions supérieures du cerveau et de l’intelligence humaine), de notre capacité à prendre des décisions logiques. Nous sommes alors physiologiquement incapables d’accéder aux fonctions supérieures de notre cerveau et sommes en prises directes avec notre stress. Le cortex pré-frontal ne joue plus son rôle de modérateur des émotions.

Il est ainsi important de marquer un temps de pause lorsque nous sentons la colère monter en nous afin de nous reconnecter avec notre cortex, de retrouver nos capacités intellectuelles.

Cette vidéo explique bien ces mécanismes aux enfants :

Une fois le calme émotionnel revenu, il est possible d’utiliser ce temps de pause efficacement :

  • quel est le problème ?
  • quelles sont les sensations de mon corps ?
  • quelles émotions est-ce que je ressens ?
  • de quoi j’ai besoin ?

PLAN

Cette deuxième étape consiste en une réflexion qui va trouver des solutions à cette question : comment je peux demander ce dont j’ai besoin ?

C’est le moment où le cerveau rationnel reprend le dessus sur le cerveau émotionnel :

  • générer des idées,
  • faire des hypothèses,
  • évaluer les conséquences des différentes solutions envisagées.

ACTION

Une fois que des solutions ont été élaborées, il s’agit de passer à l’action et de s’organiser. C’est l’étape de l’exposition de la ou les solutions envisagées aux protagonistes et d’une éventuelle négociation pour trouver une solution qui permette de satisfaire les besoins des uns et des autres.

>>> Télécharger l’affiche :  STOP-PLAN-ACTION

 

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3 réponses

  1. Bonjour !

    Eh bien ! Quelle panoplie d’outils, de méthodes diverses et variées pour apprendre à gérer, faire avec leur émotion !

    C’est la découverte de la reconnaissance de l’émotion dans le corps (via la méthode TIPI) qui m’a permis de faire progresser, se calmer beaucoup de mes petits élèves en classe !

    Encore merci pour cet article très détaillé !

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