Aider un enfant qui est en crise

Aider un enfant qui est en crise

Aider un enfant qui est en crise

Isabelle Filliozat insiste sur l’importance de faire la différence entre l’émotion de colère saine et la décharge d’émotions parasites qui se manifestent par une crise de stress. La colère saine a besoin d’être accueillie, reconnue et d’avoir un espace d’expression tandis que les émotions parasites sont imperméables, voire renforcées, par l’accueil verbal empahtique.

Cette distinction est d’ailleurs valable à la fois pour les adultes et les enfants.

Quand on « sort de ses gonds », quand on est « hors de soi », quand la réaction émotionnelle est démesurée, destructrice et utilisée pour exercer un pouvoir sur autrui, il s’agit de fureur, de rage, d’excès de stress, de réaction émotionnelle parasite qui vient de notre histoire et/ou de violence. Ce n’est pas l’émotion de colère. – Isabelle Filliozat

La colère

La vraie colère est « affirmation, pas agression ». Elle est une réponse à la frustration et à des menaces au sujet de notre intégrité. Pour Isabelle Filliozat, la colère « dessine les contours de notre identité, de notre territoire et permet d’exister face à l’autre et de rétablir l’harmonie de la relation quand cet autre ne respecte pas notre espace ».

Le cerveau des enfants est moins mature que celui des adultes et les réactions liées à l’émotion de colère peuvent être vives (comme casser quelque chose, taper, mordre…). C’est pour cette raison que fournir des outils de régulation de la colère est utile afin d’enseigner aux enfants des manières de libérer l’énergie de la colère sans blesser ou casser ni réprimer leur émotion.

Isabelle Filliozat propose un accompagnement de la colère en plusieurs étapes :

  • accueillir l’enfant inconditionnellement (le regarder sans juger, se mettre à sa hauteur);

 

  • décrire les sensations corporelles (« je vois que tu as les sourcils froncés, tes mâchoires se crispent et tu es rouge/ ta respiration s’accélère/ tes poings sont serrés ») »;

 

  • verbaliser les ressentis selon ce qu’on voit ou suppose (« Tu es fâché.e parce que tu voulais… », « Tu as l’air vraiment en colère. Est-ce que c’est parce que…? », « J’ai l’impression que tu es furieux.se. Qu’est-ce qui s’est passé ? »;

 

  • mesurer l’intensité de la colère (« Tu es en colère gros comment ? », « Sur une échelle de 1 à 10, à combien est ta colère ? »);

 

  • faire preuve d’empathie (« C’est vrai que c’est vraiment frustrant quand… », « Moi aussi, je serais en colère si… »);

 

  • proposer un moyen d’expression et de libération (par exemple, Isabelle FIlliozat propose aux enfants de taper dans les mains des parents pour libérer la tension corporelle de la colère ou de faire le « ninja » en tapant une feuille de journal que nous tenons ouverte devant lui.);

 

  • aider à résoudre le problème (en posant des questions ouvertes ou fermées selon l’âge et la disponibilité de l’enfant : « qu’est-ce que tu pourrais faire pour que ça se passe mieux ? », « peut-être que tu pourrais… qu’est-ce que tu en penses ? »);

 

  • renforcer le comportement approprié (rappeler plus tard dans la journée ou dans les jours suivants ce qui s’est passé en décrivant et admirant les comportements appropriés).

 

La crise de stress

Pour aider un enfant en crise de stress, Isabelle Filliozat propose trois grandes options :

  • le calme (prendre dans les bras; faire un câlin, un massage…),
  • la décharge de tension (taper des pieds, courir, sauter…),
  • le maintien physique (certains enfants préféreront se sentir contenus par des sensations de pression ferme non violente).

Chaque enfant est différent et il n’y a pas UNE solution miracle, seulement des pistes à explorer pour voir ce qui convient à chaque enfant. De même, il est parfois difficile de faire la différence entre une émotion de colère saine et une explosion de stress. Nous pouvons considérer que nous sommes en train d’apprendre : si nous accueillons l’émotion en la verbalisant et que l’enfant ne se calme pas, alors il y a des chances pour que ce ne soit pas de la colère mais du stress. De même, l’intensité de la réaction doit être un indice : si la réaction nous semble disproportionnée ou que nous n’arrivons pas à comprendre le motif de la crise, alors il s’agit d’émotions parasites.

………………………………………………………………………………………………

Source : Les cahiers Filliozat : colère et retour au calme de Isabelle Filliozat et Virginie Limousin (éditions Nathan). Disponible en centre culturel, en librairie ou sur internet.

Commander Les cahiers Filliozat : colère et retour au calme sur Amazon ou sur Decitre.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.