Amener les enfants à faire preuve de politesse

Amener les enfants à faire preuve de politesse

Amener les enfants à faire preuve de politesse

Alfie Kohn suggère de repenser le problème de la politesse en passant de la politesse « respect absolu des conventions sociales » à la politesse « raisonnement axé sur les autres ».

Il écrit que, parfois, nous accordons tellement d’importance au respect absolu des conventions sociales (« c’est quoi le mot magique ? », « qu’est-ce qu’on dit ? », « dis bonjour,fais un bisou »…) que les enfants peuvent en venir à penser que ces normes (somme toute culturelles) sont plus importantes que les relations humaines. A force d’insister sur les formules de politesse toutes faites sans y mettre du sens, on en viendrait presque à croire que les relations humaines ne consistent qu’à faire semblant…

Alfie Kohn propose une approche basée sur l’empathie et l’éthique relationnelle. Les bonjour-s’il-vous-plait-merci sont des façons de faire en sorte que les autres se sentent bien. On peut dire aux enfants que ces mots sont des gentilles attentions, comme des mots « coton », parce que les gens aiment bien les entendre. L’intention change alors : les enfants ne disent pas « s’il vous plaît » par peur de ne pas obtenir quelque chose ou par peur d’une réprimande s’ils ne le disent pas mais bien pour l’effet que ce mot coton a sur les gens à qui il est adressé.

Par ailleurs, les enfants apprennent par imitation. Un enfant que l’on traite avec respect traitera les autres avec respect. Un enfant à qui l’on demande la permission avant de le toucher, avant de prendre ses affaires, un enfant que l’on remercie pour ses contributions à la vie de famille ou pour sa coopération n’a pas besoin qu’on lui répète sans arrêt « dis merci », « dis s’il-te-plaît ». Cet apprentissage peut prendre du temps, dans le sens où l’enfant ne pensera peut-être pas systématiquement à dire ces formules de politesse mais, en grandissant, cela fera partie de sa manière de s’adresser aux autres, non par peur ou par manipulation (avec des pensées du type « si je dis s’il-te-plait, je suis sûr que mamie va céder ») mais par pur respect des autres.

J’aime beaucoup cette citation de Haïm Ginott qui abonde dans le même sens que Alfie Kohn :

A quoi cela avancerait-il d’avoir éduqué un jeune enfant à être soigné, poli et charmant s’il est incapable de réagir devant la souffrance des autres ?

Qu’a-t-on accompli si on a élevé un enfant brillant, un premier de la classe, qui utilise son intelligence pour manipuler les autres ?

Et voulons-nous des enfants tellement adaptés qu’ils sont d’accord avec une situation injuste ?

Comprenez-moi bien : je ne m’oppose pas à ce qu’un enfant soit poli, soigné et instruit. La question cruciale est pour moi la suivante : quelles méthodes a-t-on utilisé pour arriver à ces fins?

S’il s’agit d’insultes, d’attaques ou de menaces alors on peut être certain qu’on a aussi enseigné à cet enfant à insulter, attaquer, menacer et plier sous la menace. Si d’un autre côté, on utilise des méthodes qui sont humanisantes alors on enseigne quelque chose de beaucoup plus important qu’une série de vertus isolées.

On montre à l’enfant comment être une personne, un être humain qui peut conduire sa vie avec force et dignité. – Haim Ginott

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Source : Aimer Nos Enfants Inconditionnellement de Alfie Kohn (éditions L’Instant présent)

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