Apprendre à consoler son enfant intérieur

Pourquoi consoler son enfant intérieur ?

Consoler son enfant intérieur

L’Adulte Intérieur aimant

Margaret Paul est docteur en médecine et a conçu une approche pour consoler son enfant intérieur à travers un processus d’attachement.

Margaret Paul estime que nous avons deux parts en chacun de nous : l’Adulte Intérieur qui peut être aimant ou non et l’Enfant Intérieur qui peut se sentir aimé quand il est soutenu par l’Adulte Intérieur aimant ou abandonné quand il est négligé par l’Adulte Intérieur.

Ou bien notre Enfant Intérieur se sent aimé et relié à notre Adulte Intérieur parce que celui-ci reste à l’écoute de ses émotions, de ses désirs et de ses besoins, ou bien il se sent privé d’amour, abandonné et seul intérieurement, parce que l’Adulte a choisi de ne pas prendre la responsabilité de ses sentiments et de ses besoins. – Margaret Paul

Quand il se sent aimé, soutenu, compris, entendu, encouragé, reconnu, accepté par l’Adulte Intérieur, l’Enfant Intérieur fait preuve de créativité, d’énergie, de curiosité, de sensibilité, d’empathie et d’ouverture.

Pourtant, ce lien d’attachement entre Adulte Intérieur et Enfant Intérieur est rare. Plutôt que de s’ouvrir et d’accepter de grandir à travers la souffrance en analysant les croyances erronées issues des expériences passées, l’Adulte a tendance à se protéger, à se fermer aux émotions difficiles et donc à abandonner l’Enfant Intérieur.

Or tant que l’Enfant Intérieur se sent privé de l’amour inconditionnel de l’Adulte Intérieur, les croyances erronées que l’Enfant Intérieur s’est forgées sont renforcées : il se croit mauvais, fautif, indigne, insignifiant, déficient pour une raison ou une autre; il pense qu’il n’est pas assez, qu’il ne suffit pas tel qu’il est; qu’il n’a pas de valeur et ne mérite pas d’être aimé inconditionnellement dans la gratuité des sentiments.

Lien entre violence éducative (y compris ordinaire) et Adulte Intérieur non aimant

Beaucoup d’entre nous ont connu à un degré ou un autre des violences éducatives même dites ordinaires (chantage, menace, punition, fessée, humiliation, critique, amour conditionnel, pleurs réprimés ou bien ignorés…).

Il en résulte que nous sommes nombreux à avoir développé le type de croyances mentionnées plus haut. Nous n’avons alors pas ou peu connu de moments où nous nous sommes réellement sentis assurés d’être aimés tels que nous sommes.

Par ailleurs, nous avons presque tous connu des manques de respect, que ce soit pour notre corps (par exemple à travers des gifles, des oreilles tirées, des coups de chaussures ou encore des négations de nos besoins physiologiques comme la satiété ou la non satiété, le sommeil ou le non sommeil) ou pour notre vie émotionnelle à travers une répression de nos émotions (« C’est pas grave ! »/ « mais non, ça ne fait pas peur ») ou des manipulations affectives (culpabilisation, jugement, critiques, humiliation, dévalorisation…). Nous avons tellement connu ce types de maltraitances déguisées sous couvert d’éducation (« c’est pour ton bien ») que nous en sommes venus à ne pas les considérer comme des violences, comme des manques de respect, comme des violations de notre dignité humaine.

C’est dans cet environnement sans amour inconditionnel que nous avons appris à être un Adulte sans amour pour l’Enfant en nous.

Nous sommes peu nombreux à avoir appris à nous attacher à nous-mêmes (c’est-à-dire à l’Enfant Intérieur en nous). A l’âge adulte, nous avons alors tout à apprendre pour consoler notre Enfant Intérieur quand il souffre, quand il a peur ou qu’il est triste, quand il est en colère.

Margaret Paul affirme que, quand on décide de devenir un Adulte Aimant et de consoler l’Enfant Intérieur en soi, la première règle est de ne pas perdre de temps en reproches.

Blâmer les autres n’est jamais une façon d’être bien avec soi-même. Les reproches ne font qu’entretenir la souffrance et le sentiment d’être une victime impuissante. Ils émanent toujours de notre ego, c’est-à-dire de notre Adulte sans amour ou de notre Enfant abandonné. – Margaret Paul

Deux types de comportements sans amour de l’Adulte Intérieur envers l’Enfant Intérieur

Le Parent autoritaire

L’Adulte Intérieur autoritaire juge, critique, humilie, domine, dévalorise l’Enfant Intérieur. Par exemple, l’Adulte traite l’Enfant Intérieur qui a peur de lâche, de nul, de dégonflé ou de bête et cela se manifeste par des pensées du type : « Comment ais-je pu être aussi bête ? ».

Ou, si quelqu’un nous fait des reproches et cherche à se faire prendre en charge, nous nous disons qu’après tout, nos désirs et nos besoins ne sont pas si importants et que ce serait égoïste, mesquin ou irresponsable de ne pas accéder à ses désirs.

Le Parent permissif

Quand il est permissif, l’Adulte est distrait et négligent vis-à-vis des besoins de l’Enfant Intérieur.

Quand nous avons peur, au lieu d’accueillir l’émotion de peur pour décoder son message, l’Adulte Intérieur nous pousse à nous y complaire en tant que victime : « Je me sens vraiment mal. Je mérite bien encore un verre ».

Ou, quand nous échouons, au lien de reconnaître l’émotion de tristesse et de l’utiliser pour creuser ce qui est touché à l’intérieur, l’Adulte Intérieur permissif va ignorer et cacher la déception : « De toute façon, je ne tenais pas vraiment à ce projet ». Il risque aussi de retomber rapidement dans la complaisance : « Je vais aller m’acheter un truc pour me remonter le moral ».

C’est aussi l’Adulte permissif qui ne se lève pas contre les injures, contre l’irrespect dont nous faisons l’objet, contre les menaces ou les agressions.

Ce qui permet les comportements sans amour de l’Adulte Intérieur

Notre Adulte Intérieur rechigne souvent à consoler l’Enfant Intérieur qui en a pourtant vitalement besoin parce que, au fond, nous aimerions bien que quelqu’un d’autre s’en charge à notre place et fasse en sorte que nous soyons bien.

Une des croyances qui nous habitent presque tous est celle qui consiste à croire qu’il est impossible d’atteindre par soi-même le bonheur et l’estime de soi.


Quand nous acceptons de consoler l’Enfant Intérieur, de nous comporter comme un parent aimant envers notre Enfant Intérieur qui a peur, qui doute, qui a besoin de marques d’amour inconditionnel, alors nous allons vers un sentiment de réunification et de plénitude intérieure.

 

Apprendre à aimer et consoler son Enfant Intérieur

Difficile d’aimer vraiment son Enfant Intérieur

Une fois que nous avons décidé d’être notre propre Parent Aimant, nous avons la responsabilité d’aimer et consoler notre Enfant Intérieur même quand il doute, quand nous le jugeons faible, maladroit, laid, insignifiant, ni intelligent ni intéressant.

Le premier pas est de commencer à faire preuve de vulnérabilité, à se voir avec des yeux tendres et tolérants, comme nous le ferions pour un enfant réel.

Au début, nous pouvons imaginer adopter un petit garçon ou une petite fille. Nous avons décidé de l’adopter simplement parce que c’est un être humain digne d’amour et qui mérite attention, empathie et respect. Cet enfant est probablement farouche, en colère et renfermé parce qu’il a été abandonné et peut-être même maltraité. Il se peut qu’il ne soit réceptif aux efforts déployés seulement au bout de quelques semaines, voire quelques mois.

Le dialogue intérieur comme moyen de consoler l’Enfant Intérieur

Margaret Paul propose d’imaginer que cet enfant adopté est notre Enfant Intérieur. Cet Enfant Intérieur est lui aussi blessé, en colère parce qu’il a eu l’habitude d’être négligé, abandonné (par ses vrais parents d’abord puis par l’Adulte Intérieur ensuite).

Nous pouvons transférer nos sentiments pour l’enfant adopté sur cet Enfant Intérieur. Nous allons donc créer un lieu ou un environnement aimable pour notre Enfant Intérieur, c’est-à-dire un espace-temps où il n’y a ni critique, ni menace d’abandon, ni humiliation, ni chantage mais uniquement des mots d’amour.

La tâche de l’Adulte Aimant est d’honorer l’Enfant naturel, de reconnaître sa valeur et de l’accepter tel qu’il est, tout en l’aidant à panser ses blessures. – Margaret Paul

Consoler son Enfant Intérieur, c’est réellement se voir avec amour dans toutes les situations de vulnérabilité, de honte, de doute, d’échec, de tristesse. Cela peut passer par un dialogue intérieur aimant : « Je suis désolé que tu aies eu si honte. Tu t’es senti tellement ridicule, tu aurais aimé disparaître sous terre si tu avais pu. C’est tellement difficile de vivre ces situations-là. Tu aurais eu besoin de soutien. Tu as peur d’être rejeté si tu continues comme ça. Tu as besoin de vivre une vie pleine de sens et ça t’aide quand tu te sens en sécurité et que tu peux compter sur quelqu’un de confiance en toute circonstance. Moi, je t’aime quoi qu’il arrive et je crois en toi. Même si tu as honte, tu peux trouver du réconfort auprès de moi. Je serai toujours là pour toi et je te respecte assez pour accueillir tes émotions même difficiles. »

Ce dialogue intérieur peut aussi servir pour assumer pleinement la responsabilité des sentiments de l’Enfant Intérieur en évitant l’Adulte autoritaire ou permissif. Quand nous sentons que quelque chose nous trouble, qu’il y a une contraction à l’intérieur, que quelque chose fait non à l’intérieur, nous pouvons déjouer le piège de l’Adulte non aimant en posant des questions à l’Enfant Intérieur : « Je vois bien que quelque chose t’embête. Qu’est-ce qui ne va pas ? »/ « C’est dur pour toi. Qu’est-ce que tu ressens quand cela se passe ? »/ « Oui, c’est vrai que c’est difficile. Que voudrais-tu que je fasse ? De quoi as-tu besoin ? ».

Découvrir sa propre valeur et ses aspirations essentielles puis agir pour elles

Nous devons apprendre à nous apprécier non seulement pour nos talents et notre personnalité mais aussi pour notre moi essentiel. – Margaret Paul

Il importe que notre Adulte Aimant sache apprécier la personne que nous sommes, nos talents spécifiques et nos qualités, notre forme d’intelligence, ce que nous aimons bien faire et ce que nous savons bien, ce qui nous rend unique, ce qui nous permet de contribuer positivement au monde et de donner le meilleur de nous-même.

Une fois que l’Adulte a identifié ces traits, il peut les dire à l’Enfant Intérieur pour qu’il sente qu’il est unique et digne d’amour inconditionnel : « Ta forme d’intelligence est aussi valable que toute autre. J’ai confiance en toi. Tu es capable de soulever des montagnes. Ta sensibilité est une force. Tu as le droit de faire des essais, de te tromper et de recommencer ».

Il est essentiel d’identifier les qualités et atouts de l’Enfant Intérieur mais cela ne suffit pas pour qu’il se sente réellement aimé. Il faut aussi le consoler quand il est en proie à des émotions douloureuses et le protéger face aux menaces. Le protéger signifie affirmer des limites personnelles, s’exprimer avec fermeté face aux tentatives de déstabilisation, aux insultes, aux manques de respect : « Il y a des limites. Je n’accepte pas qu’on me parle sur ce ton.Je refuse d’entrer dans ce jeu et je me retire. ». Dans ce cas-là, l’Enfant Intérieur va se sentir aimé et soutenu pour de vrai : « Je dois vraiment valoir la peine qu’on se soucie de moi et qu’on me protège. Mes sentiments sont assez importants pour que l’Adulte Intérieur intervienne. ».

 

Le jour où vous saurez rester ouvert et connecté à vous-même à travers les conflits avec les autres, vous aurez encore des hauts et des bas dans la vie, mais vous jouirez d’un solide sens de votre propre valeur et de votre puissance. – Margaret Paul

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Source : Renouez avec votre enfant intérieur de Margaret Paul (éditions Le Souffle d’Or). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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