5 conseils pour apprivoiser nos propres émotions de parents face à celles de nos enfants

5 conseils pour apprivoiser nos propres émotions de parents face à celles de nos enfants

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C’est en mieux comprenant nos propres émotions, en apprivoisant nos sur-réactions émotionnelles face à nos enfants que nous serons capables d’accompagner efficacement ces derniers dans le développement de leur intelligence émotionnelle. Pour le dire autrement, c’est en cultivant notre propre intelligence émotionnelle que nous pourrons cultiver celle des enfants. C’est la raison pour laquelle j’aime bien utiliser l’expression de « co éducation émotionnelle ».

Catherine Aimelet-Périssol, autrice de Emotions : quand c’est plus fort que lui !, formule 5 conseils pour apprivoiser nos propres émotions face à celles de nos enfants et leur transmettre des attitudes émotionnellement alphabétisées.

1.Appuyer sur pause

Catherine Aimelet explique que les émotions se produisent et se diffusent en deux temps  :

  • le premier temps est celui de l’expérience courte et immédiate (l’émotion surgit suite à des perceptions sensorielles et produit un choc dans le cerveau, le corps est ébranlé, une réaction de retour à l’équilibre est générée, l’équilibre est rétabli, les sensations corporelles d’alerte disparaissent, l’émotion s’évanouit)
  • le second temps est celui de l’exploration mentale (apparition du besoin de protection et de conservation de la vie qui active des pensées et des comportements pour répondre à ce besoin tout en entretenant des états émotionnels négatifs – ressentiment, angoisse, honte, jalousie.., le tout entraînant des représentations de soi et des autres binaires – bien/mal, juste/ faux…).

Catherine Aimelet nous invite à bien connaître le premier temps afin d’en prendre conscience en nous chaque fois qu’il s’active (sensations corporelles désagréables, nature de l’émotion, intensité de l’émotion, pensées, tendances à l’action). L’idée est d’accueillir ce premier temps pour ce qu’il est : un système d’alerte efficace sur des besoins non satisfaits, sur des valeurs non respectées… puis d’appuyer sur pause avant que le deuxième temps ne s’enclenche.

Si vous parvenez à percevoir le choc, le grain de sable, l’émotion de l’enfant qui vous a bouleversé, il vous suffira ensuite de vous laisser traverser par la vôtre. Car, aussi douloureuse soit-elle, violente parfois, une émotion ne dure pas. Enfin… elle dure deux minutes seulement ! – Catherine Aimelet-Périssol

Catherine Aimelet-Périssol nous incite donc à nous accorder deux minutes avant de réagir face à un enfant qui suscite en nous des réactions émotionnelles vives sans pour autant exiger de nous-mêmes un impossible stoïcisme : respirer, faire quelques pas, se masser le visage ou les yeux, boire un verre d’eau…

2.Identifier notre discours interne

Si vous constatez que votre esprit a déjà pris le relais, il convient de vous interroger pour essayer de prendre du recul, d’observer votre bavardage mental. – Catherine Aimelet-Périssol

L’idée ici est, dans un premier temps, de prendre conscience des ruminations mentales qui habitent notre esprit (« il est impossible, c’est toujours la même chose avec lui », « qu’est-ce que j’ai fait de travers pour qu’il fasse des crises comme ça », « j’en peux plus de lui, il est infernal », « je suis le pire parent du monde »…) et, dans un deuxième temps, de les analyser et les recadrer. Cela peut passer par des questions qui permettent ce recadrage et une ouverture sur une perception plus objective de la réalité :

  • mes propos manquent-ils de nuance ?
  • est-ce que je me condamne sans merci ?
  • est-ce que je juge les autres pour toute ce qu’ils font de mal, de travers ?
  • est-ce que je m’impose des objectifs irréalistes ? est-e que j’impose des objectifs irréalistes à mon enfant?

3.Observer les faits et repasser l’histoire de manière aussi objective que possible

Il nous faut distinguer mais surtout reconnaître les faits survenus à l’extérieur de l’effet survenu à l’intérieur. Distinguer l’extérieur de l’intérieur permet de se reconnaître distinct de l’événement tout en reconnaissant que l’on y participe, que l’on y est pleinement acteur.- Catherine Aimelet-Périssol

Catherine Aimelet-Périssol propose de repasser la scène en identifiant ce qui a été perçu par nos cinq sens (les mots, les gestes, les éléments de communication non verbale…)  comme un obstacle, une menace, une privation.

4.Prendre contact avec ce qui se passe à l’intérieur (sensations, nature de l’émotion et intensité de l’émotion)

Catherine Aimelet-Périssol conseille de se laisser traverser par l’émotion, de « vivre l’onde de choc » avant de chercher à faire quoi que ce soit, sous peine que les actions entreprises soit trop empreintes d’émotivité pour être efficaces.

Elle rappelle que le corps et la respiration sont des alliés pour accompagner les mouvements émotionnels et revenir dans l’instant présent en pleine attention à ce qui est ici et maintenant.

Il ne s’agit pas de dissoudre les sensations corporelles et les émotions mais d’éprouver, de rester en contact avec elles sans se laisser submerger : « oui, je ressens de la… et ça fait… dans mon corps », « c’est vrai que… », j’éprouve… là en ce moment ».

5.Analyser les actions posées 

Catherine Aimelet-Périssol nous invite à identifier nos actions et à les analyser. Les stratégies que nous utilisons quand nous sommes en proie à des émotions vives peuvent nous paraître justifiées, normales et nécessaires mais c’est au prix d’une analyse de nos pratiques que nous pourrons repérer nos mécanismes de défense, baisser notre niveau de violence (contre les autres, contre nous-mêmes, violence affective, violence verbale, violence physique…) et gagner en intelligence émotionnelle.

A cet effet, il est possible de se repasser le film de ce qui s’est passé et d’utiliser des verbes d’action pour décrire nos actions (crier ? pleurer ? changer de pièce ? parler ? sursauter ? s’isoler ?…).

L’idée ici est simplement d’identifier des réactions émotionnelles (fuite ? lutte ? repli ?) sans chercher à les juger mais plutôt à regagner un peu de liberté, de libre arbitre.

 

Plus nous gagnons en intelligence émotionnelle, plus nous sommes capables d’accompagner nos enfants sur ce chemin. Une adulte capable de nommer ses émotions, de reconnaître qu’il s’est fait embarquer par ses ruminations et pensées, devient capable d’écouter et comprendre celles des enfants. Par ailleurs, un adulte qui se montre vulnérable et authentique en verbalisant ses émotions peut se connecter véritablement avec les autres humains, dans le partage d’une condition humaine partagée.

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Source : Émotions, quand c’est plus fort que lui ! Aider son enfant de 3 à 11 ans à bien grandir de Catherine Aimelet-Périssol (éditions Leduc S. Pratique). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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