Bouger et se dépenser physiquement est un besoin fondamental des enfants… souvent négligé

Bouger et se dépenser physiquement est un besoin fondamental des enfants… souvent négligé

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Laurence Dudek, psychothérapeute, rappelle dans son livre Une éducation bienveillante et efficace que bouger est un besoin humain fondamental, particulièrement chez les enfants.

Dans nos sociétés urbaines, nous avons tendance à oublier que respirer l’air du dehors, courir, marcher, se dépenser physiquement, jouer à l’extérieur, être en contact avec la nature sont des besoins naturels.

Les enfants qui habitent en appartement, qui vont passer la journée chez une nourrice ou dans des crèches elles-mêmes situées dans des appartements, qui vont en voiture à l’école où ils passent la journée assis à une table, qui sont transportés dans une poussette, qu’on empêche de sortir, de marcher et de courir (dans la cour de récréation, dans la rue, le week-end ou le soir après l’école) au motif qu’il pleut ou qu’il fait froid, qu’il est tard et qu’il y a des devoirs à faire, ces enfants sont en grande souffrance.- Laurence Dudek

Héloïse Junier, psychologue en crèche, ajoute que les jeunes enfants sont programmés pour escalader tout ce qui est à leur portée. Elle écrit : « l’enfant ne souhaite pas escalader, il a besoin d’escalader, il est littéralement programmé pour escalader. ».

Escalader, grimper, se hisser, franchir, courir, monter, glisser, sauter… ces mouvements ont une fonction positive pour le développement des enfants.

Pour aiguiser son sens de l’équilibre et peaufiner ses fonctions motrices, un enfant a besoin de confronter son corps à des situations parfois périlleuses qui lui demanderont de lever la jambe plus haut, de tendre le bras plus loin pour trouver un appui, de chercher davantage son équilibre. Pour couronner le tout, le manque de maturité de son cortex préfrontal ne lui permet pas de freiner ou d’inhiber ses impulsions. L’enfant est littéralement dans l’agir et l’instant présent. En brimant l’exploration spontanée d’un enfant par des interdits, ce n’est pas juste l’enfant que l’on freine, mais son intelligence qui est en train de se construire sous nos yeux. – Héloïse Junier (Guide pratique pour les pros de la petite enfance – Dunod)

Quand les besoins de mouvement et de grand air ne sont pas comblés, les enfants sont physiquement en état de manque et peuvent montrer des signes de tension que de nombreux adultes ont tendance à étiqueter comme de l’hyperactivité, de l’instabilité, ou encore de la nervosité. Tout se passe comme si dans nos sociétés dites développées, l’expression d’un besoin humain naturel était une pathologie chez les enfants.

Laurence Dudek regrette que les besoins du corps soient trop souvent réprimés et empêchés par la manière dont est organisée la vie des enfants (rester assis à l’école, nombreux trajets en voiture, activités extra scolaires dirigées par l’adulte, baisse du temps de jeu libre et en contact avec la nature).

Elle prévient également que des besoins de bouger insatisfaits de manière chronique peuvent être compensés ou exprimés de manière inconsciente par l’enfant, par exemple par des comportements alimentaires compulsifs, des troubles du sommeil, voire des symptômes psychosomatiques.

Pour aller plus loin : Les bénéfices du jeu libre, du plein air et du mouvement sur le développement cognitif des enfants

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Source : Une éducation bienveillante et efficace (ma p’tite famille) de Laurence Dudek (éditions ). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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