Les besoins du bébé à la naissance : comprendre en quoi il est important de prendre en charge ces besoins et les méfaits de leur négligence. 

Les caractéristiques du bébé à la naissance

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Dans son livre A la découverte du bébé intérieur, Joanna Smith, psychologue clinicienne, propose un panorama des besoins du nouveau-né afin de comprendre en quoi il est important de prendre en charge ces besoins et les méfaits de leur négligence.

Le corps et les caractéristiques physiologiques du nouveau-né

Quand un bébé naît, sa vue est très peu développée, il ne sait pas tenir sa tête et il dort une grande partie de son temps (entre 16 et 20 heures/jour).

Les mouvements du nouveau-né sont peu coordonnés car les nerfs ne sont pas encore myélinisés (la myéline est une couche entourant les nerfs qui se développe peu à peu au cours des premiers mois et permet une communication nerveuse plus rapide et un meilleur contrôle des mouvements).

Le nouveau-né ne connaît pas encore son corps (par exemple, le réflexe de Moro, qui l’amène à écarter soudainement les bras lorsqu’une stimulation trop forte, le surprend peut l’effrayer).

Il présente une série de réflexes dits « archaïques » (Moro, la marche, grasping, fouissement…) qui orientent son comportement vers la survie, en attendant la maturation de son système nerveux et la possibilité de réaliser des mouvements intentionnels et coordonnés. Par exemple, le fouissement amène le nouveau-né à tourner automatiquement la tête lorsque l’on touche sa joue : cela lui permet de trouver le sein malgré sa vue peu développée.

Le nouveau-né n’a pas encore de repérage des rythmes jour/nuit (lire : Le sommeil du bébé entre 0 et 3 mois).

 

Les expériences précoces et la mémoire implicite 

Dès sa naissance, le bébé est très sensible aux messages non verbaux qu’il perçoit des personnes autour de lui ( notamment à la tension ou au calme qui l’entourent).

C’est à travers ses premières expériences avec l’extérieur que le nouveau né se forge, de manière implicite, une image de comment est le monde, mais aussi de la manière dont il « mérite » d’être traité et de la fiabilité de son environnement.

Toutes ces expériences précoces s’emmagasinent comme des automatismes, des « ce-à-quoi-je-peux-m’attendre » dans la vie en général ou avec maman ou papa en particulier, par exemple. – Joanna Smith

Damasio nomme ces expériences les « émotions d’arrière-plan », c’est-à-dire une tonalité associée automatiquement au sentiment d’être en vie.

Joanna Smith rappelle avec insistance que les expériences répétées vécues par le bébé deviennent peu à peu familières et constituent une forme de « chez-soi » psychique (même si elles sont inconfortables).

L’être humain a pour nature de chercher à maintenir ou à retrouver ces sensations de fond, mêmes lorsqu’elles sont éprouvantes, parce qu’elles donnent la sécurité de ce qui est connu et une sensation de continuité identitaire.

Smith écrit que ce mécanisme permet d’éclairer en partie pourquoi des personnes ayant été maltraitées dans l’enfance ont tendance à retrouver des environnements maltraitants dans leur vie d’adulte.

 

Les besoins du nouveau-né

Pendant l’accouchement

Pendant l’accouchement, tout ce qui contribue à réduire le stress maternel est favorable au bébé. C’est le sens de nombreuses techniques de préparation à l’accouchement, de la visite préalable de la maternité aux séances de préparation quelle que soit la forme qu’elle prenne (classiques, préparation en piscine, chant prénatal, sophrologie, yoga prénatal, haptonomie, hypnose…).

Une présence rassurante mais non invasive et le fait d’accoucher dans un lieu connu, petit et peu lumineux réduit également le stress de la mère.

Michel Odent rappelle que la femme qui accouche a principalement besoin d’intimité, de ne pas se sentir observée et de silence (si une personne parle à la femme qui accouche, son cortex pré frontal est sollicité alors qu’un accouchement physiologique repose sur le fonctionnement du cerveau archaïque qui va libérer un cocktail d’hormones diminuant la douleur et favorisant l’attachement mère/ bébé).

 

Après l’accouchement

Après l’accouchement, il semble que le nouveau-né ait surtout besoin du contact peau à peau, en particulier avec sa maman dont il connaît déjà la voix et l’odeur, et d’une tétée (tétée libre au cours de laquelle le nouveau-né va chercher – et trouver – lui-même le sein de sa mère).

Le contact peau à peau entre le bébé et sa mère dans les deux heures suivant la naissance a un impact positif sur la qualité des interactions mère-bébé observées à l’âge d’un an.

Il semblerait donc que ces premières heures de vie puissent avoir un impact déterminant sur le démarrage de la relation mère-bébé.- Joanna Smith

 

Ce qui rassure le nouveau-né et construit les bases d’un développement sain

Répondre aux besoins du bébé

Le nouveau-né est très dépendant et supporte peu de frustration ou d’inconfort. La continuité de la présence rassurante de sa mère à ses côtés est primordiale pour son apaisement.

Les expériences précoces du bébé (la manière dont les personnes qui l’entourent – et en particulier sa mère – répondent à ses besoins) sont emmagasinées en mémoire implicite.

Une réponse rapide et efficace pour soulager un bébé qui pleure lui donne une sensation implicite de compétence, autrement dit « une première impression positive de lui-même et du monde » (qui ne sont pas encore bien différenciés à ce stade).

A l’inverse, les carences et négligences répétées dans l’apaisement du nourrisson dont vécues comme une interruption de son sentiment naissant de continuité d’être et un défaut profond dans sa représentation implicite de lui-même.

 

Réparer les moments de rupture du lien

Joanna Smith tient à rappeler que, même s’il est souhaitable que les parents fassent tous les efforts possibles pour apaiser rapidement et efficacement leur nouveau-né, il semblerait que la mère n’ait besoin d’être accordée à son bébé que 30% du temps pour que celui-ci puisse bénéficier d’une sensation implicite de compétence.

C’est sans doute parce que ce qui compte au moins autant que la capacité à être en harmonie avec son bébé est la capacité à réparer les moments de ruptures de cette harmonie et à rétablir une connexion mère-bébé fluide, lorsqu’il y a eu un « raté ». – Joanna Smith

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Source : A la rencontre de son bébé intérieur de Joanna Smith (éditions Dunod).

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