Nouveau regard sur la naissance et les nouveaux-nés : pour la bienveillance dès l’accouchement

Nouveau regard sur la naissance et les nouveaux-nés : pour la bienveillance dès l’accouchement

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Bernadette Lavollay est pédiatre et milite pour la bienveillance dès la naissance dans les salles d’accouchement. Elle écrit dans son livre Les Vrais besoins de votre bébé que la pratique de l’accouchement a complètement dépossédé la femme de son corps et de sa personne.Il y a un besoin urgent de restauration de la confiance des équipes médicales dans les capacités des mères et des bébés.

Bernadette Lavollay formule des propositions pour faire avancer les pratiques de naissance afin de donner au bébé et aux parents les meilleurs atouts pour entre dans leur nouvelle vie. L’hyper médicalisation des années 1970 à 2000 partait probablement d’un bon sentiment mais au prix de souffrance et de stress pour le nouveau né et la mère. Or on connaît maintenant les effets négatifs du stress sur le développement du cerveau des bébés et des enfants.

Bernadette Lavollay rappelle qu’en respectant la physiologie humaine lors de l’accouchement, les résultats sur le plan de la mortalité infantile sont meilleurs. Il existe deux assises fondamentales pour que le bébé s’adapte au mieux à la vie extra utérine :

  • la non séparation mère/ bébé à la naissance;
  • l’appui sur les cinq sens du bébé et de la mère, notamment à travers la pratique du peau à peau (en position verticalisée du parent, thorax contre thorax, voies aériennes du bébé dégagées).

Le peau à peau conduit à une amélioration des constantes du bébé, une mise en contact du bébé avec les germes de ses parents et une libération d’ocytocine (l’hormone de l’attachement).

Ainsi, les bébés ont besoin dès la naissance de bienveillance et de bien-être et cela passe par le respect des sens des enfants (pas de gestes médicaux inutiles communs à tous les bébés quand seuls certains bébés en auraient besoin selon leur état de santé). Bernadette Lavollay insiste donc sur le respect des atouts sensoriels du nouveau né qu’il avait déjà dans sa vie foetale en n’imposant pas des gestes médicaux non nécessaires. C’est par la formation des soignants et l’information des parents que la médicalisation des accouchements ne reste pas la norme (exemples : gouttes dans les yeux, aspiration gastrique, du bébé s’il n’y a pas d’urgence médicale).

Cela nécessite de déconstruire sa pensée sur ce qui nous paraît « naturel » quand on parle de naissance. Bernadette Lavollay regrette que les pratiques d’accouchement soient encore largement dominées par la peur et l’esprit sécuritaire, et que les contraintes pratiques et économiques pèsent lourd sur les pratiques en salle de naissance.

Bernadette Lavollay reconnaît que les protocoles et la médicalisation sont utiles et même indispensables dans des situations d’urgence. Le problème est qu’ils peuvent enfermer dans des pratiques stéréotypées sans écouter suffisamment les souhaits de la mère et faire confiance aux ressources des mères et des bébés.

Or quand on donne à l’enfant le continuum entre la vie intra utérine et extra utérine sur le corps de sa mère ou de son père, il a tous les appuis pour s’adapter au mieux. Bernadette Lavollay écrit qu’on sait aujourd’hui concilier la sécurité médicale et la pratique du peau à peau, même en cas de césarienne ou de naissance prématurée. Ainsi, les pères peuvent pratiquer le peau à peau et ont un grand rôle de soutien et d’accompagnement à jouer, notamment quand la mère est alitée ou en néonatalité.

L’alimentation des nourrissons

Par ailleurs, Bernadette Lavollay ajoute qu’imposer des règles d’allaitement n’a aucun fondement scientifique

Selon la pédiatre, le nouveau-né à terme, de poids normal, avec une naissance sans problème particulier et qui a bien chaud près de sa maman ou de son papa (et c’est le cas le plus fréquent), ne risque pas d’hypoglycémie dangereuse. Dans les premières quarante-huit heures, ce bébé-là n’aura pas besoin d’apport impératif de lait très régulièrement et en quantité rigoureusement contrôlée.

S’il dort six à huit heures sans interruption durant les premières vingt-quatre heures, nous pouvons le laisser récupérer après l’accouchement ; les petites gorgées de colostrum qu’il prendra lors de ses réveils seront suffisantes pour répondre à ses besoins. Ne soyons plus obsédés par les apports alimentaires réguliers, contrôlés, abondants dès les deux premiers jours de vie.

Il n’est pas non plus nécessaire de proposer des quantités de biberons supérieures aux quelques millilitres qu’un nouveau né est capable de digérer dès la naissance.

Il n’est donc pas nécessaire d’appliquer à tous les bébés des mesures qui devraient être réservées à ceux qui présentent un risque particulier, qui sont malades ou prématurés.

La douleur de l’accouchement

La douleur peut devenir un atout pour la plupart des femmes et il existe des manières d’accueillir cette douleur à partir du moment où la fonction de la douleur est comprise

Le revers de la médaille est la généralisation de la péridurale à presque toutes les femmes est que la péridurale est montrée comme la seule façon d’éviter ou de maîtriser la douleur. Or Bernadette Lavollay rappelle qu’il y a d’autres moyens, telles l’haptonomie, la sophrologie, l’acupuncture, l’hypnose, etc., qui incluent un accompagnement par une présence humaine et bienveillante.

Les femmes enceintes ont de plus en plus choix et de plus en plus accès à ces méthodes alternatives, qui permettent à la femme de vivre son accouchement de manière plus intense.

Bernadette Lavollay compare cette différence de ressenti à une marche en montagne qui nous amène, après des efforts difficiles, mais supportables, à contempler un sommet magnifique. La montée vers ce même sommet dans un téléphérique procure la même vue, mais pas le même ressenti !

Il y a une raison biochimique à la douleur d’accouchement. La sécrétion massive de catécholamines – adrénaline et noradrénaline – et d’endorphines, que les femmes fabriquent lors de l’accouchement, procure un état exceptionnel dont profitent la mère et l’enfant lors de l’accouchement sans péridurale. La maman et le bébé, baignés par ces hormones bénéficient d’un état sensoriel et neurologique exacerbé, qui leur permet de s’attacher mutuellement et qui permet au bébé de s’adapter au mieux à cette nouvelle vie extra utérine.

La péridurale diminue l’effet de ces hormones.

Les valeurs de notre société qui sont la rentabilité, l’immédiateté, l’efficacité, la performance, le bien-être personnel, le plaisir immédiat sont en totale opposition avec les valeurs de la maternité, qui sont, dès la salle de naissance, la patience, la confiance, la concentration et le recueillement sur soi et sur celui qui est en soi, l’attente confiante d’une grande aventure et la découverte d’un monde nouveau qui va s’ouvrir devant soi. – Bernadette Lavollay

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Comme toujours, l’idée ici n’est pas d’imposer de nouvelles normes, mais d’informer et de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de faire des choix éclairés.

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Pour aller plus loin : Les vrais besoins de votre bébé, les découvertes qui révolutionnent la naissance et les premiers mois de Bernadette Lavollay (éditions Les Arènes)

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