6 manières de tenir le coup et garder le bonheur en tête face aux épreuves de la vie

Tenir le coup et garder le bonheur en tête face aux épreuves de la vie

Comment songer à augmenter son niveau de bonheur quand on a des problèmes à régler par ailleurs (mort d’un être cher, maladie grave, accident, injustice, violence domestique, pauvreté, divorce, catastrophe naturelle, attaque terroriste, pression au travail, infertilité, échec à un concours…) ?

Si un événement douloureux ou un problème chronique influence le niveau habituel de bonheur en monopolisant les ressources et l’attention, il est vital de s’entraîner à tenir le coup.

Nos gestes et pensées aident à construire et maintenir notre bonheur en dépit des vicissitudes de l’existence. – Sonja Lyubomirsky

Tenir le coup, c’est ce qui permet d’alléger le choc, le stress ou la douleur provoqués par une situation. Sonja Lyubomirsky explique que nous avons deux options pour tenir le coup :

Tenir le coup en gérant le problème

Cette stratégie consiste à résoudre un problème donné (trouver des solutions, peser les avantages et les inconvénients, en choisir une, la mettre en pratique). Sonja Lyubomirsky a répertorié différentes manières de tenir le coup en gérant le problème :

  • Je me concentre sur les moyens que j’ai de m’en sortir.
  • Je fais ce qu’il faut, étape par étape.
  • J’essaie de concevoir une stratégie efficace.
  • Je dresse un plan d’action.
  • Je néglige mes autres activités pour me focaliser sur le problème présent.
  • Je cherche conseil auprès d’autrui.
  • Je parle à quelqu’un qui pourrait m’aider concrètement.

Tenir le coup en gérant ses émotions

Quand les événements sont incontrôlables (exemple : deuil, maladie incurable…), mieux vaut adopter une approche qui vise à réguler les émotions : les reconnaître, les accepter, les accueillir en soi (« c’est vrai, je ressens de la tristesse, je suis triste, cette tristesse est normale et je l’accepte, je me laisse pleurer et traverser par cette tristesse »), les considérer comme un message sur des besoins à satisfaire, les laisser « faire leur travail » au service de la vie.

Sonja Lyubomirsky a répertorié différentes manières de tenir le coup en gérant les émotions :

  • agir sur le comportement
    • chercher des distractions
    • faire de l’exercice physique
    • solliciter le soutien émotionnel
    • s’impliquer dans des activités agréables
  • agir sur les pensées
    • réinterpréter une situation (en tirer des apprentissages, trouver des avantages à la situation, comprendre les motivations de l’autre, faire le point sur les besoins à l’origine de la souffrance…)
    • accepter la situation (apprendre à vivre avec, ne pas nier la réalité…)
    • se tourner vers la spiritualité (trouver un sens à la vie, trouver la consolation qu’il y a une vie après la mort…)

Gérer son problème ou gérer ses émotions ?

Les deux types de stratégies ont leur avantages : le meilleur choix possible dépend des circonstances et de la personne (en sachant que rien n’est immuable et qu’elles sont cumulables). Ce qui est important est d’avoir un éventail d’outils à disposition pour avoir le plus de choix possible dans la « boîte à outils ».

Les psychologues ont d’ailleurs découvert que l’augmentation du niveau de bonheur chez des veufs et veuves est visible quand ils apprennent des stratégies pour tenir le coup avec lesquelles ils n’étaient pas familiers avec celles-ci (par exemple : tenir le coup en gérant les émotions pour les homme et tenir le coup en gérant le problème pour les femmes).

6 idées pour tenir le coup et garder le bonheur en tête

1.Tirer parti d’un traumatisme

Sonja Lyubomirsky cite une étude dans laquelle des femmes ayant survécu à un cancer du sein affirmaient que cette maladie avait changé leur vie : 2/3 d’entre elles ont affirmé que leur vie a changé en mieux. La maladie a été une sorte de signal d’alarme qui les a poussées à redéterminer  leurs priorités : privilégier les relations importantes de la vie.

Sonja Lyubomirsky affirme que le fait de chercher un côté positif au malheur est l’une des stratégies les plus opérantes pour tenir le coup. C’est l’occasion de se découvrir une nouvelle maturité, une nouvelle force de caractère, la liberté d’exprimer plus pleinement leurs sentiments et s’affirmer, porter un regard neuf et positif sur le monde, apprécier encore plus la vie et la vivre au présent.

 

2.Grandir après l’épreuve

La douleur, la perte et la traumatisme sont susceptibles de nous rendre plus forts ou, du moins, de nous révéler que nous avons plus de force et de ressources que nous le croyions. – Sonja Lyubomirsky

Un traumatisme grave est comme un défi que nous lance l’existence et qui nous force à nous interroger : qu’est-ce qui, pour nous, est essentiel, fait sens, nous définit ? Une veuve qui s’était toujours mise dans une position de dépendance face à son défunt mari sera contrainte de s’assumer financièrement et socialement et cela peut être l’occasion d’accomplir des choses dont elle ne se serait jamais crue capable. Ces expériences amènent à porter un nouveau regard sur soi, à croître personnellement, à développer des forces nouvelles.

Les épreuves de la vie peuvent amener à une transformation intérieure :

  • reprendre foi dans les capacités à endurer et vaincre l’adversité,
  • améliorer les relations en découvrant qui sont vraiment les personnes fiables de l’entourage,
  • exprimer plus facilement et authentiquement les sentiments,
  • ressentir plus de compassion pour ceux qui souffrent,
  • développer une philosophie de vie plus profonde, plus complexe, plus satisfaisante.

Le seul fait d’être confronté à la mort est l’occasion de se poser la question du sens de la vie et de vivre l’existence avec un plus haut niveau de conscience.

Sonja Lyubomirsky rapporte des témoignages de survivant.e.s des camps qui ont réussi à reprendre le cours de leur vie en isolant les souvenirs des camps de ce qu’ils appellent leur vie « soit-disant normale ». Ce type de cloisonnement psychique est souvent payan t pour les individus confrontés au malheur.

La perte et la tragédie n’ont rien de bon en soi mais, lorsqu’on se bat pour ne pas y succomber, on peut en tirer un bien précieux. – Sonja Lyubomirsky

 

3.Chercher le soutien d’autrui

Faire preuve de résilience et tenir le coup ne peut se faire qu’avec du soutien, un contact réconfortant, une écoute bienveillante qui ne nie pas les émotions ou ne minimise pas la douleur. Le soutien d’autres personnes nous rend plus heureux et moins déprimés et agit sur le corps. Dans une étude auprès de jeunes veufs, des scientifiques ont bien évidemment montré que la mort avait causé chez les conjoints survivants un déclin de leur forme physique mais ceux qui avaient pu confier leur peine à des proches avaient moins de problèmes de santé et se sentaient moins enclins à ressasser des pensées douloureuses.

Le soutien peut prendre plusieurs formes : conjoint.e, enfants, famille, ami.e.s, groupe de soutien, forums virtuels…

La condition pour que ce soutien soit efficace dans le processus de résilience tient dans la qualité d’écoute reçue (accueil des émotions, bienveillance, désir d’aider…). Un soutien efficace est également celui qui ne sombre pas avec la personne en souffrance (ressasser les peines avec elle est comme chercher à sortir quelqu’un d’un trou en sautant dedans…).


 

4.Trouver du sens

Un événement négatif ébranle l’univers des certitudes :

  • croyance que tout est sous contrôle dans notre monde moderne et technologique,
  • croyance que la justice régit le monde (quand on fait le bien, on reçoit le bien en retour),
  • dégradation de l’image personnelle (auto dénigrement, culpabilisation…),
  • bris des rêves (envisager un avenir totalement différent).

Dès lors, on ne peut tenir le coup qu’en réexaminant ses présupposés et ses croyances dans l’espoir de trouver une bribe de sens dans la perte ou le traumatisme. Comment donner du sens à un événement qui paraît insensé ?

On tient mieux le coup quand on arrive à trouver su sens à une épreuve. Trouver du sens implique de changer de point de vue sur la vie et sur soi-même (par exemple en passant plus de temps avec des amis et des proches, en savourant chaque instant de la vie, en prenant plus de risque, en consolidant la foi ou en s’engageant dans un cheminement spirituel, en consacrant du temps à des causes considérées comme justes/ éthiques…).

C’est d’ailleurs pour cette raison que les personnes qui vivent un traumatisme sont fragiles et exposées aux mouvements sectaires ou que certaines personnes peuvent tomber dans le fanatisme (quitte à mettre leur vie en danger pour leurs croyances, comme arrêter un traitement médical pour se soigner naturellement et/ou spirituellement). Pour éviter ces dérives, les meilleurs éléments préventifs sont le soutien inconditionnel, disponible et bienveillant ainsi qu’une bonne gestion émotionnelle.

 

5.Mettre les sentiments par écrit

amie Pennebaker, université du Texas, a montré qu’on faisait mieux face aux difficultés quand on les mettait par écrit. Pendant quatre jours d’affilée, il a demandé aux volontaires de son expérience de passer 15 à 20 minutes à décrire ce qui les avait perturbés ou carrément traumatisés dans leur vie.

Il leur avait garanti la confidentialité totale et demandé d’être aussi sincères que possible. Résultat : cette heure d’écriture étalée sur quatre jours a nettement soulagé le sentiment global d’angoisse des participants tout en augmentant leur impression globale de bonheur et en améliorant leur état de santé.

Sur une feuille blanche, pour ne pas être limité.e en place, il est possible de suivre pendant quatre jours les instructions de Jamie Pennebaker :

  • Décrire sans s’interrompre l’expérience la plus perturbatrice ou la plus traumatisante de l’existence, sans se soucier de grammaire ou d’orthographe.
  • Evoquer les pensées, les sensations, les émotions profondes liées à cet événement : ce qui s’est passé, les réactions sur le coup, les sentiments éprouvés actuellement à l’évocation des faits.
  • Choisir de préférence un événement qui n’a jamais été confié à quelqu’un d’autre auparavant.
  • Se laisser aller à entrer en contact intime et authentique avec les pensées, les sensations, les ressentis, sans honte, sans minimisation ni négation des faits ou émotions.

Il est possible d’évoquer des traumatismes différents chaque jour ou bien le même pendant toute la durée de l’expérience. Le choix du ou des traumatisme(s) abordé(s) est entièrement personnel.

Le facteur crucial de cette stratégie est le procédé en lui-même : l’écriture nous aide à comprendre l’épreuve, à négocier avec elle, à lui donner sens. L’écriture et le sens qu’elle apporte aident à réduire la fréquence et l’intensité des pensées obsessionnelles que provoque le traumatisme.

 

6.Apprivoiser les émotions douloureuses

Nommer les émotions douloureuses sans chercher à les nier ou les minimiser est essentiel dans le processus de résilience : accepter de pleurer, admettre que le traumatisme a engendré beaucoup de peine et de souffrance.

Dans l’étude IRM « Putting Feelings into Words », des participants ont été invités à regarder des images de personnes dont les visages portaient des émotions visibles et fortes. L’amygdale du cerveau (centre des émotions dans le cerveau qui détecte et alerte sur les dangers) s’active en fonction des émotions représentées. Mais quand ces mêmes participants ont été invités à nommer les émotions perçues, le cortex préfrontal (centre de décision et de raisonnement du cerveau) s’est alors activé et a réduit l’impact de l’amygdale. En d’autres mots, reconnaître et nommer les émotions en réduit leur impact.

Nommer les émotions est à l’opposé du fait de réprimer, nier ou enfouir les émotions : c’est justement le fait de chercher à supprimer les émotions qui va en augmenter l’impact (« tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime »).

Les neurosciences nous invitent donc à gagner en intelligence émotionnelle :

  • identifier les émotions (notamment à travers les sensations corporelles qui alertent sur la présence de telle ou telle émotion – voir ici)
  • comprendre les émotions (on a tendance à confondre le déclencheur (ex : une remarque, une critique) et l’émotion elle-même (ex : la colère, la peur, la tristesse). Par ailleurs, les émotions sont comme des visiteuses qui nous alertent sur un besoin non satisfait et repartent quand le besoin est comblé).
  • exprimer les émotions (mettre des mots sur les émotions les calme et permet de les exprimer de manière acceptable et constructive.  Exprimer ses émotions à la bonne personne, au bon moment, de la bonne manière et à la bonne intensité n’est pas facile !)

Des méthodes anciennes nous ont largement devancés dans ce domaine : la méditation consiste justement à accepter les émotions telles qu’elles se présentent sans chercher à les faire passer mais en les accueillant comme des visiteuses inattendues. La pleine conscience propose également d’accueillir les sensations corporelles présentes en les nommant et en ressentant pleinement les manifestations.

Il est normal d’éprouver de la tristesse, de la peur et de la colère en même temps : désespoir de la perte, rage face à l’injustice, terreur de l’avenir…  Elisabeth Kübler Ross a décrit les étapes du travail de deuil qui passe par toute une palette d’émotions :

étapes deuil

Cette pleine acceptation des émotions douloureuses peut être accompagné d’un exercice pour trouver du sens dans l’épreuve :

  • au cours de cette période, ai-je fait quelque chose dont je peux être fier.e (par exemple : consacrer du temps à adoucir les derniers jours d’un proche) ?
  • cette perte/ cet événement m’a-t-il aidé.e à progresser ?
  • mon regard sur la vie a-t-il changé ?
  • est-ce que je ressens plus de compassion, de gratitude ?
  • comment cette épreuve a modifié mes rapports aux autres ? est-ce que certains rapports se sont renforcés ? est-ce que d’autres se sont distendus ? qu’est-ce que j’en ai appris ?

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Source : Comment être heureux et le rester : augmentez votre bonheur de 40% de Sonja Lyubomirsky (édition Flammarion). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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1 réponse

  1. Samar dit :

    J’ai vécu un traumatisme et cette stratégie n’est plus valable maintenant.Si une personne vie des traumatismes: violences (sexuelles ou physique).Elle doit se faire aider par un psychologue former en psycho traumatologie. Voir le livre Se relever d’un traumatisme de Pascale Brillon.
    L ‘état que vous décrivez pour les pérsonnes ayant vécus dans les camps de concentration est un état de dissociation traumatique ou l’ on peut survivre qu’ avec des conduites addictives( conduites dissociantes ) ou les conduites d’ évitement.

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