Ça donnerait quoi si on prenait des cours de cerveau ?

J’avais déjà abordé la notion de cours de cerveau à l’école dans l’article Ce que les enfants devraient apprendre à propos de leur cerveau à l’école.

Aujourd’hui, je vous propose une autre manière d’aborder des cours de cerveau :

Pourquoi n’arrivons-nous pas à contrôler notre cerveau ? 

Parce que nous ne savons pas comment notre cerveau fonctionne ! Et pourquoi ne savons-nous pas comment notre cerveau fonctionne ?

Parce que personne ne nous l’a appris !

Kevin Finel, praticien et formateur en hypnose, confirme que « l’enfer est pavé de bonnes intentions« . Certaines personnes, professeurs ou parents souvent, peuvent faire des suggestions bienveillantes et pourtant inefficaces voire perturbantes pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont aucune idée de la manière dont fonctionne le cerveau. 

Quand une personne nous dit « Ne stresse pas ! » dans une situation stressante pour nous, c’est totalement inefficace car on a tendance à se focaliser sur le stress justement !

L’institution scolaire passe son temps à demander aux enfants de se contrôler, de se maîtriser, d’être attentif mais personne ne leur dit jamais COMMENT faire ! Même une fois adulte, nous n’arrivons pas toujours à canaliser nos émotions avec la raison !

Comment éduquer notre cerveau et apprendre à modifier nos réactions ? 

Dans un monde idéal, on aurait un cours de cerveau dès le CP. Les écoliers y apprendraient à :

1. Mémoriser

Ils apprendraient à mémoriser des images, à utiliser leur mémoire auditive, à coupler mémoire auditive et mémoire visuelle, à se servir de la mémoire du corps, à combiner mémoire auditive, visuelle et corporelle (kinesthésique).

2. Entretenir leur mémoire

3. Prendre du plaisir à mémoriser

4. Transformer leur stress en confiance et en capacité de dépassement

5. Se concentrer

6. Devenir plus créatif

Pourquoi comprendre comment fonctionne le cerveau ne suffit toujours pas à gérer ses émotions ? 

Les émotions balaient la raison, comme dans le cas de phobies.

Le cerveau émotionnel réagit plus vite que la réflexion. Le fonctionnement du cerveau est très bien expliqué dans la vidéo du modélisation du cerveau dans la main ici.

neurones miroir cerveau dans la main


Comment apprendre à gérer ses émotions ? 

Toutes les méthodes de gestion des émotions, que ce soit le yoga, la méditation, la pleine conscience, la musique ou encore les psychotropes, se basent sur le principe de la modification de l’état de conscience.

Kevin Finel propose une alternative à toutes ces techniques : l’auto-hypnose. Selon lui, l’hypnose est utile pour les pédagogues car elle permet d’agir sur ce qui nous échappe d’habitude du fait de la modification de l’état de conscience.

Qu’est-ce que l’hypnose ?

Pour Kevin Finel, l’hypnose est un état quotidien qu’on traverse plusieurs fois par jour (par exemple, quand on laisse son corps marcher dans la rue pendant que la pensée divague). Pendant ce temps-là, on était plus inconscient que conscient.

Il ajoute que l’état d’hypnose est un état que l’on cherche souvent dans notre vie  : quand on regarde un film, quand on lit un livre, quand on se rend à une exposition de peinture, on cherche à être absorbé, à être sorti du réel.

L’hypnose est la recherche d’un état, d’une expérience particulière qui nous fera sortir du banal pour nous amener vers l’émotion, vers le vivant.

C’est un moyen de transport, un véhicule qui permet de passer la frontière entre le conscient et l’inconscient, d’accéder à ce qui nous échappe.

Ca donnerait quoi si on prenait des cours de cerveau

Comment déplacer notre niveau de conscience ? 

Kevin Finel propose de :

  • prendre conscience de notre subjectivité dans notre perception du monde, de notre personnalité (le « masque »)  façonnée par cette perception ,
  • changer de masque tous les jours en se posant les questions suivantes :
    • de quoi ai-je besoin aujourd’hui ?
    • ai-je plutôt besoin d’être créatif ? libre ? concentré ?
    • a quoi vais-je ressembler émotionnellement ?

C’est le principe de la penderie mentale, de la garde-robe imaginaire :

demain, au moment de vous habiller, demandez-vous quels vêtements vous allez mettre mais aussi quel masque vous allez revêtir, quel vous-même vous souhaitez être !

13 réponses

  1. Bonjour,
    A la découverte de votre blog, j’ai tout de suite apprécié et vous remercie pour tous vos partages inspirants.

    Je suis prof et maman. Comme vous, je chemine dans mon rôle parental et pédagogique. Je vis en Martinique, et de gros efforts sont à faire (comme ailleurs) concernant la scolarisation des enfants. Je suis prof des écoles et ma fille n’aime pas l’école.

    J’ai donc créé :

    profbienveillant.com

    Pour une éducation bienveillante, au service de la vie.

    Pour contribuer à créer un réseau bienveillant autour de l’enfant, je vous ai inséré dans ma page « Liens » (sur pin it et scoop it). Je vous invite à visiter et si vous appréciez à partager.

    Belle journée,

    Malika BOUQUETY

    • Caroline dit :

      Bonjour Malika,

      merci pour votre message.

      Je suis allée sur votre site et j’ai été scotchée par l’article sur le malaise des enseignants (http://profbienveillant.com/sommaire-2/malaise/). Je me suis complètement retrouvée dans le témoignage d’Anna : même âge, même parcours de reconversion, même motivation lors de la préparation du concours, mêmes désillusions lors de l’entrée dans le métier, même conclusion… J’ai réussi le concours de recrutement des professeurs des écoles mais j’ai décidé de refuser l’affectation.
      Pourtant, j’ai consacré beaucoup de temps et d’argent à la préparation du concours, j’y ai mis mes tripes et mon cœur mais il valait mieux pour moi et les élèves que je n’entre pas dans l’Education Nationale.
      Je me consacre dorénavant au projet de ce site, j’écris également des livres pour enfants et j’ai un projet d’accompagnement scolaire/ familial dans la tête. Je retournerai probablement dans les classes mais sous une autre forme : des cours de bonheur, des aides à la méthodologie d’apprentissage, des activités autour de mes albums… qui sait 🙂 ?

      Je soutiens votre site et reste disponible pour échanger avec vous :-).

      Bonne soirée
      Caroline

  2. valerie dit :

    Caroline, j’adore votre blog !
    Je suis également professeur des écoles avec une enfant qui n’aime pas l’école….et qui me le répète inlassablement tous les jours…je ne sais pas quoi lui dire…Malika comment gérez vous cette situation ?

    • Caroline dit :

      Bonjour Valérie,

      Merci à Malika pour sa réponse !
      Et merci à vous pour votre message d’encouragement.

      Je crois que nous sommes nombreux(ses) dans la même situation : ma fille n’aime pas non plus l’école. Il faut dire que son instituteur l’an dernier la privait de récréation quand elle n’avait pas fini sa fiche (en moyenne section…) et cette année, son institutrice met en doute le diagnostic de précocité posé par le psychologue…
      J’ai fait le choix de refuser l’affectation qui m’a été proposée par l’Education Nationale à la rentrée pour me donner le temps de créer une activité qui me permette de gagner ma vie et d’être plus disponible pour ma fille. Je l’emmène le matin, la récupère à midi et à 16h30. Je sais que c’est un choix qui n’est pas accessible à tout le monde du fait de l’effort financier. Par ailleurs, je n’ai pas pour l’instant trouvé la ou les activités qui me permettraient de concilier les deux. Mais comme Malika, j’envisage de plus en plus une instruction en famille.

      Je ne sais pas si vous exercez à temps plein mais si vous bénéficiez d’un temps partiel, pouvez-vous envisager de garder votre enfant avec vous une matinée ou un après-midi de temps en temps au lieu de l’emmener à l’école ? Vous en profiteriez pour faire des activités à l’extérieur (cours de peinture, randonnée en forêt, pique nique…).
      Vous pouvez aussi instaurer un système de joker : votre enfant a le droit à 3 jokers dans l’année pour manquer l’école. Il/ elle peut les utiliser quand il/elle veut mais une fois les 3 jokers utilisés, il/elle n’a plus le droit de manquer l’école (sauf pour maladie bien sûr^^).
      En dernier recours, peut-être pourriez-vous envisager une scolarisation dans une école privée type Montessori, Freinet ou Steiner-Waldorf (bien que ce choix pose des questions financières et géographiques) ?

      Vous pouvez aussi essayer de comprendre ce qui bloque votre enfant : est-ce les notes ? les punitions ? les autres enfants ? A-t-elle/il le droit d’aller aux toilettes ou boire quand il/elle a besoin ? Est-ce de la fatigue ? du manque de confiance en soi ? Selon ce qui ressort, vous pouvez prendre rendez-vous avec l’enseignant et voir quelles sont les solutions.
      Si votre enfant est particulièrement angoissé, vous pouvez aussi lui proposer des exercices de relaxation (Calme et attentif comme une grenouille est très bien pour cela, j’avais également chroniqué le livre Respiration et mouvements de bien-être pour les enfants et leurs parents).
      Si votre enfant manque de confiance en soi, peut-être pouvez-vous lui dire des phrases de remotivation, voire les afficher dans sa chambre ? Je vous en propose quelques unes : « j’ai confiance en ton intelligence », « ne dis pas si j’y arrive mais quand j’y arriverai », « ne laisse personne te dire que tu es bête », « il n’y a pas d’erreurs bêtes, il n’y a que des erreurs intelligentes ». Vous les retrouverez dans cet article si vous souhaiter les imprimer et les afficher : http://apprendreaeduquer.fr/5-phrases-dire-enfants-quils-reprennent-chemin-lecole-2/

      Ce ne sont que quelques pistes pas toujours envisageables selon votre organisation je le conçois. J’espère que vous trouverez malgré tout quelques points d’appui.

      Bonne journée,
      Caroline

      • valerie dit :

        Merci à toutes les deux pour vos réponses. Le soucis c’est que ma fille est à présent en CM2 donc plus difficile de faire manquer l’école. De plus cela ne règlera pas le problème. Elle a des amis donc pas de problème de ce côté. Elle se plaint de s’ennuyer à l’école, les apprentissages ne l’intéressent pas. En maternelle notre fille était plutôt en avance par rapport à l’ensemble de la classe, c’est en tout cas ce que me disaient les maitresses. A présent, elle est dans la moyenne, n’a pas de difficulté mais tout ce qui concerne l’école l’ennuie profondément. Elle a subi comme les autres enfants de sa classe (pendant 2 ans) mon ex collègue . Celle ci passait son temps à leur hurler dessus, les traitant d’incapables, en bousculant certains lorsqu’ils ne comprenaient pas bref tout ce qu’il faut pour dégouter les enfants les moins intéressés par les apprentissages scolaires. Elle est à présent dans une autre classe mais l’intérêt est toujours absent…Elle a vu à plusieurs reprises une psychologue qui a pensé dans un premier temps (après avoir discuté avec elle) qu’elle pouvait être précoce. Elle n’a pas fait de test QI mais a vérifié par quelques petits exercices que ce n’était pas le cas…alors voilà pas trop de solution pour ma fille (plutôt docile) a part lui répéter que c’est important d’apprendre… L’autre jour elle a vu le livre que j’avais acheté il y a quelques temps « Apprendre autrement avec la pédagogie positive, a la maison et à l’école, redonner à vos enfants le goût d’apprendre »…et m’a lancé « et bien c’est ça qu’il me faudrait »…
        Pour ce qui est de mon avenir professionnel…grande envie d’en changer mais pour quel voie ?

        • Caroline dit :

          Bonsoir Valérie,

          le livre Apprendre autrement avec la pédagogie positive est très bien, il pourra vous donner des outils pour aider votre fille dans ses devoirs mais malheureusement, cela ne résoudra rien concernant le temps de présence en classe.

          Vous pouvez peut-être lui dire d’imaginer des histoires, des images, des mind maps dans sa tête à partir de ce que l’enseignant raconte :
          –> se faire des images mentales ou inventer des exemples de phrases pour illustrer la leçon.
          –> Si elle a fini les exercices avant, proposez-lui de créer une histoire à partir des phrases exemples de l’exercice ou des jeux à partir des chiffres.
          –> Elle pourrait aussi essayer de visualiser des mind maps dans sa tête au fur et à mesure que l’enseignant déroule la leçon.
          Peut-être devrait-elle aussi plus participer à l’oral, poser des questions qui l’intéressent pour aller plus loin dans le cours avec l’enseignant.

          Je ne sais pas si vous avez moyen de parler avec l’enseignant mais il est peut-être possible de lui demander si votre fille peut proposer des exposés de temps en temps sur un thème de son choix (à étendre à toute la classe pour que chaque élève partage un sujet qui l’a intéressé). Peut-être aussi voir avec lui ou elle s’il/ elle peut introduire des cahiers d’autonomie avec des activités plus ludiques pour les élèves qui ont fini leurs exercices plus tôt (l’an dernier, j’avais mis dans ce type de cahier des sudokus, des mandalas, des anti coloriages, des mots mêlés, des charades pour mes CE2).

          Les enfants apprennent mieux et réussissent quand ils les apprentissages sont au service d’un projet : peut-être faudrait-il demander à votre fille quel est son projet professionnel et en quoi ce qu’elle fait en ce moment à l’école sert ce projet. Si c’est trop vague pour elle, alors essayez de trouver un projet ensemble : ce peut être de raconter en détail ce qu’elle fait à l’école pour correspondre avec un enfant de son âge dans un autre pays, pour écrire le livre de sa vie ( vous pouvez lui dire « comme Anne Franck »), pour le raconter à un enfant plus jeune qu’elle (petit frère/ petite soeur/ petits cousins…).
          Vous pouvez aussi proposer à votre fille d’aider les élèves en difficulté (avec l’accord de l’enseignant). Cela l’aiderait à être plus attentive, à mieux comprendre avec le projet de réexpliquer à ses camarades.

          J’imagine que la situation doit être dure à vivre pour toutes les deux. Vous trouverez des solutions, vous allez peut-être tâtonner au début puis vous trouverez le truc qui débloquera la situation :-).

          Bonne soirée,
          Caroline

          • Caroline dit :

            Bonjour Valérie,

            je me permets juste d’ajouter une idée que j’ai eue ce matin avec ma fille qui ne voulait justement pas aller à l’école. J’ai pensé à vous :-).

            Je lui ai raconté des souvenirs personnels et je lui ai dit ce que moi, j’aimais à l’école.

            Elle est en maternelle mais j’imagine que c’est transposable même avec une plus grande… Je lui ai dit que j’aimais consoler les enfants qui étaient tristes à l’école quand j’avais son âge, que j’y ai connu ma meilleure amie (qu’on voit souvent et qu’elle apprécie beaucoup), que j’y ai rencontré son papa (et oui, au primaire !), que j’ai aimé apprendre à lire car je pouvais lire tous les livres qui m’intéressaient toute seule, que j’aimais quand on faisait de la danse.

            Elle a eu l’air étonnée et en même temps a été très réceptive : du coup, elle m’a posé des questions à propos de ma scolarité sur le chemin et a complètement oublié qu’elle n’avait pas envie d’aller à l’école !

            Cela peut aussi être intéressant dans votre cas de réfléchir aux matières que vous n’aimiez pas et comment vous avez réussi à surmonter ces moments désagréables. Le simple fait de partager avec votre fille des souvenirs et votre expérience personnelle, de lui expliquer comment vous avez fait face quand vous étiez dans son cas, pourront peut-être la remotiver.

            Par ailleurs, je pensais faire un article sur le thème du rejet de l’école car nous sommes déjà 3 dans ce cas sur ce post et j’imagine que c’est un problème rencontré par des nombreux parents. Je pensais réutiliser certains conseils que j’ai postés ici si vous être d’accord (sans vous nommer bien sûr).
            @ Malika : êtes-vous d’accord pour que je reprenne votre exemple tout en citant votre site Profbienveillant dans l’article ?

            Bonne journée
            Caroline

  3. J’ai retiré ma fille de la cantine (c’est un des gros problèmes qu’elle rencontrait: le bruit, des personnels de cantine coercitives…). ça se passe mieux du coup, puisqu’elle n’a plus qu’à gérer les temps avec l’enseignante (qu’elle aime bien, ouf) et la récréation. Je rêverai de faire l’école à la maison, pour ne plus avoir à gérer la frustration d’être enseignante et de ne pas pouvoir faire aimer l’école à ma fille (l’histoire du cordonnier mal chaussé). Des activités avec elle après école (simple, mais ensemble), les mercredis, WE et vacances pour compenser. On avance au jour le jour…

  4. Mon souci, comme Caroline, développer une activité annexe à développer. ça chemine doucement. Une petite idée par là: Happyparents (formation coaching parental, ateliers estime de soi…, soutien scolaire …), je n’ai pas de commission chez eux. Je vous en parle, parce que j’ai pensé à ce genre d’orientation entre autres. Mais ça se mûri, ça se prépare.

  5. Oui, je suis d’accord pour me citer. Si mon cas peut aider d’autres à réfléchir sur la question.
    Je demande juste de pouvoir lire l’article qui me cite avant publication au cas où je souhaite apporter une précision.
    Merci

  6. valerie dit :

    Bonsoir Caroline
    Merci beaucoup pour toutes vos bonnes idées !
    Je travaille en maternelle depuis cette année et les enfants qui rejettent le plus l’école en maternelle sont ceux qui passent le plus de temps en collectivité (garderie du matin, école, cantine, école,TAP, garderie du soir). L’école étant responsable pour eux de leur éloignement de leurs parents.
    Concernant ma fille, c’est un autre problème (lié à notre relation mais aussi à une mauvais expérience de 2 ans avec son enseignante de CE2 et CM1)
    Et oui vous pouvez reprendre les précédents messages pour un article.
    J’aime beaucoup vos articles et toutes les idées que vous partagez. Bonne soirée

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