CNV : comment identifier le besoin non satisfait derrière un reproche – 4/9

Que signifient les évaluations négatives dans le langage chacal ?

toute évaluation est l'expression tragique d'un besoin non satisfait communication non violente

Le langage chacal fait de critiques, manipulations, jugements et définitions diminue les chances d’obtenir ce que l’on veut et augmente la probabilité d’actes violents.

Communiquer en langage girafe implique de trouver le besoin non satisfait qui se cache derrière le jugement car les besoins sont la vie qui cherche une expression !

Le langage chacal est friand de l’expression « Je pense que tu ». Or cette tournure de phrase signifie que le chacal évalue son interlocuteur, le considère fautif. Il va donc recevoir une défense agressive de l’interlocuteur !

Dans un monde chacal, les sentiments sont utilisés pour manipuler et provoquer la culpabilité. Une façon typique de manipuler est de convaincre l’interlocuteur que c’est lui qui rend malheureux et qu’il devrait se sentir coupable pour ça.

Un exemple typique de langage chacal : « TU me mets en colère quand TU dis ça ».

Comment savoir si ce que les gens font et disent sert leurs besoins ?

En langage girafe, personne ne juge moralement mais tout le monde cherche à savoir si les actes et paroles servent la vie.

Les girafes incitent les chacals à verbaliser :

1. leurs sentiments : comment tu sens-tu ?

Les girafes doivent être attentives aux évaluations masquées quand les chacals expriment leurs sentiments : les états provoqués par les autres ne sont pas de vrais sentiments.

Par exemple, intimidé PAR quelqu’un, rejeté, incompris, utilisé, jugé, critiqué, ignoré, trahi, offensé, humilié. Ces adjectifs trahissent une interprétation par la tête, pas par le cœur.

Quelques sentiments fondamentaux qui nous animent liés à des besoins non satisfaits :

je me sens nerveux, en colère, anxieuse, impatient, tendue, triste, impuissante, perplexe, découragé, seule, mal à l’aise…

sentiments communication non violente

2. leurs besoins : quel est ton besoin non satisfait ?

Marshall Rosenberg cite quelques besoins fondamentaux, valables aussi bien pour les adultes, les enfants et les adolescents :

  • Autonomie (choisir nos rêves, nos buts, nos valeurs et les stratégies pour les atteindre)
  • Célébration (célébrer la vie et la réalisation de ses rêves, célébrer les pertes et le deuil)
  • Intégrité (créativité, authenticité, sens, estime de soi)
  • Interdépendance (amour, acceptation, appréciation, considération, appartenance à une communauté, confiance, compréhension, soutien , honnêteté)
  • Nourriture sur le plan physique (air, aliments, exercices physiques, protection, repos, eau, abri, toucher…)
  • Jeu (amusement, rire, expression artistique)
  • Communion d’esprit (beauté, harmonie, inspiration, ordre, paix)

Comment se traduiraient les langages chacal et girafe à l’école ?

Dans une école chacal :

Il y a des bonnes choses et des mauvaises choses. Qui connaît les bonnes choses ? L’autorité, c’est-à-dire le professeur !

Quand l’élève ne fait pas ce que le professeur veut, il utilise la honte, l’insulte et/ou la punition (voir à ce sujet mon article sur la différence entre assumer les conséquences de ses actes et subir une punition qui enseigne à ne pas se faire prendre la prochaine fois).

autonomie ou docilité sanctionner sans punir

Dans une école girafe :

On enseigne que l’élève a toujours le choix de sa réaction peu importe la structure dans laquelle il se trouve.

c'est dangereux d'enseigner à un enfant qu'il n'a d'autre choix que de faire ce qu'on lui dit communication non violente Marshall Rosenberg

Pour ne pas laisser les autres décider de leurs actions et les déstabiliser, les élèves d’une école girafe seraient incités à :

  • s’exprimer en communication non violente (j’exprime avec honnêteté comment je me sens, sans formuler de reproches ni de critiques)

communication non violente

  • mettre leurs oreilles de girafe afin d’entendre les sentiments de l’autre ainsi que son besoin non satisfait (j’écoute avec empathie comment tu te sens, sans entendre de reproches ni de critiques),
  • aider les autres à verbaliser sentiments et besoins non satisfaits (comment tu te sens – émotions et sensations plutôt que pensée – par rapport aux actions que tu observes ? de quoi as-tu besoin/ à quoi accordes-tu de l’importance ?).

Voici une vidéo d’une comptine pour apprendre aux enfants à gérer eux-mêmes leurs conflits en communication non violente :

2 conseils lecture pour aller plus loin dans la pratique de la communication non violente :

Elever nos enfants avec bienveillance : L’approche de la communication non violente

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la Communication Non Violente

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5 réponses

  1. ben dit :

    Merci !

  2. Tuizat dit :

    Bonjour, vous avez illustré cet article avec les photographies d’un livre et je voudrais savoir quelle était sa référence. Merci.

  1. 3 mars 2016

    […] C’est ce que Marshall Rosenberg, père de la communication non violente, conseille également dans la vidéo à ce lien : Comment identifier un besoin non satisfait derrière un reproche ? […]

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