25 questions à poser aux enfants pour développer leurs compétences sociales et relationnelles

25 questions à poser aux enfants pour développer leurs compétences sociales et relationnelles

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L’objectif de ces questions est d’inviter les enfants à évaluer leurs erreurs et à en parler d’une manière vivante et intéressante. Ces questions ouvrent des possibilités de conversations entre adultes et enfants au cours desquelles les jeunes sont encouragés à cultiver des compétences sociales et émotionnelles qu’ils seront capables de mobiliser à nouveau confrontés à d’autres problèmes.

Ces questions sont à prendre comme des exemples : ce n’est pas ce qu’il « faut » faire mais elles constituent simplement des propositions à adapter à chaque situation spécifique. Elles peuvent convenir aux enfants à partir de 6 ans.

 

Quand l’attitude de l’enfant a été constructive : questionner sur le « comment » pour l’aider à maintenir une trace dans son cerveau de cette réaction appropriée.

->  Comment as-tu été capable de ne pas être trop fâché contre ton ami quand il a refusé de te prêter son ballon ?

Quand l’attitude a été constructive et que l’enfant ne s’en est pas rendu compte : questionner pour souligner les points forts.

-> Au lieu de dire un gros mot, alors que vous étiez en désaccord, tu as tenu compte de ce que les autres pouvaient ressentir, tu as […] et tu […]. Alors, est-ce que ça ne serait pas une réussite, ça ?

Quand l’enfant a pris en compte les signes de communication non verbale de l’autre : questionner sur les détails pour cultiver l’empathie de l’enfant et affûter son attention au ressenti des autres.

->  As-tu remarqué ses yeux ? Qu’est-ce qu’ils exprimaient ?

-> Comment étaient ses poings ? Fermés ? Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ?

-> Est-ce que tu as perçu la tension dans son corps ? Où? Comment ?

-> Qu’avait-elle envie de faire à ton avis ?

Quand l’enfant s’est abstenu de faire un geste déplacé : questionner sur les sensations et les émotions ressenties pour renforcer la présence à soi et la gestion de l’impulsivité.

->  As-tu été surpris quand ton frère a détruit ta tour ? 

-> Est-ce que tu as senti de la tension dans ton corps ? 

-> Qu’est-ce que tu as pensé ?

-> Qu’est-ce que la frustration te poussait à faire ?

Quand l’enfant a été capable de maintenir une attitude constructive malgré un contexte difficile : questionner sur la manière dont l’enfant a réussi à gérer ses envies de violence (taper, crier, casser, arracher un jouet des bras de l’autre…)

-> Bien des gens auraient eu la tentation d’essayer d’arracher le ballon. Qu’est-ce qui t’a empêché de le faire quand ta soeur n’a pas voulu te le donner ?

-> Qu’est-ce qui t’a aidé à être OK avec ça, même quand tu étais fatigué/ en colère ?

Quand l’enfant a adopté des comportements tant constructifs que dommageables : questionner sur la fin de l’incident pour souligner le positif.

-> Les enfants, j’ai remarqué que vous vous êtes disputés tout à l’heure et maintenant, vous arrivez à jouer ensemble. Qu’est-ce qui vous a aidés à stopper votre dispute ?

Quand un conflit entre plusieurs enfants aurait pu dégénérer et a été contenu : questionner sur les méthodes de résolution de conflits adoptés par les enfants.

-> Tout à l’heure vous n’étiez pas du tout d’accord et j’ai remarqué que votre dispute s’est réglée assez vite. Comment avez-vous fait pour en rester sur un petit désaccord alors que ça aurait pu devenir une grosse bagarre ?

Quand des actions dommageables ont été effectuées par l’enfant après avoir tenté des choses positives: questionner l’enfant pour lui ouvrir la possibilité de reconnaître son effort et d’exprimer ce qu’il souhaiterait avoir fait différemment.


-> Dans ce que tu as fait, peux-tu me dire, ce qui a bien marché et ce qui, après tout, n’était peut-être pas aussi utile ou positif que ça ?

Quand l’enfant a honte de ce qu’il a fait : l’aider à se décentrer pour chercher des solutions constructives

-> Si ton meilleur ami s’était trouvé dans cette situation, quel conseil lui aurais-tu donné pour la gérer ?

-> Comment l’aiderais-tu à résoudre ce problème sans violence ?

Quand l’enfant a eu des comportements dommageables : questionner sur la présence d’une autre partie de lui-même qui aurait pu protester contre les choix négatifs faits.

-> Est-ce qu’une autre partie de toi pense différemment à ce sujet ?

-> Y avait-il une partie de toi qui désirait se comporter autrement ? 

-> As-tu un peu hésité avant de [crier/ taper/ arracher/ insulter]? Si oui, qu’est-ce qui t’a fait hésiter ? 

Quand l’enfant a eu des comportements dommageables : inviter l’enfant à quantifier le désaccord qu’il éprouve vis-à-vis de son action.

-> Quelle proportion de toi voulait faire ça ?

-> Quel pourcentage de toi ne voulait pas que tu le fasses ?

Quand aucune solution constructive n’ait été ni trouvée, ni tentée lors d’une situation problématique :  imaginer que le pire se soit produit un peu plus tôt dans le déroulement de l’incident, ou à un moment où serait survenue une escalade de comportements fâcheux.

-> Pourquoi as-tu d’abord demandé au lieu de voler tout de suite ?

-> Pourquoi n’as-tu pas juste frappé quand il a dit « Non » la première fois ?

Quand un enfant retrouve son calme après une grosse colère : questionner sur les stratégies adoptées pour se remettre de la frustration.

-> Tu as l’air de te sentir beaucoup mieux qu’il y a quelques heures. Comment as-tu été capable de surmonter si vite ta frustration ?

 

Ce type de question ne fonctionne bien que si les enfants se sentent en confiance et n’appréhendent pas une punition lorsqu’ils se livrent à nous. Un ton de voix méprisant ou une expression péjorative de notre part ne constituera pas un terreau fertile pour qu’ils réfléchissent à leurs actions et construisent des compétences émotionnelles et relationnelles saines.

Les jeunes doivent être sûrs que nous ne leur ferons pas de leçon de morale s’ils reconnaissent une faute ou s’ils expriment des regrets.

Pour que l’art des questions stimulent la construction de compétences chez les enfants, il est nécessaire de bien choisir le type de questions à poser, le nombre idéal pour ne pas se montrer trop intrusifs ou ennuyer les enfants, le moment opportun pour qu’elles soient efficaces, le lieu (si parler de l’incident met les enfants mal à l’aise, il peut être utile de parler côte à côte, en voiture, au moment de se coucher ou en marchant).

L’idée de ce type de questions est de s’appuyer sur les réussites personnelles des enfants, examinées en coopération avec eux. Elles s’adaptent au vécu unique de la personne et maintiennent l’intérêt des enfants, en portant l’attention sur ce qui a bien marché pour eux jusqu’à présent et non en s’appesantissant sur les problèmes.

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Source : Les mille et une compétences en chaque enfant : Prévenir et résoudre les difficultés sociales et émotionnelles à l’aide des découvertes en neurosciences de Marie-Nathalie Beaudoin (éditions L’Harmattan)

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