6 petits contes inspirants à lire aux enfants (éthique, jalousie, cupidité, confiance en soi)

6 petits contes inspirants à lire aux enfants (éthique, jalousie, cupidité, confiance en soi)

conte philo enfant

Les contes sont des révélateurs de nos comportements toxiques et nous transmettent des messages de bon sens et de sagesse. Ils nous aident à mieux nous comprendre, à mieux nous construire et à mieux avancer ensemble dans un esprit de solidarité.

Lire des contes issus du monde entier et porteurs de sagesse avec les enfants permet de les exposer à de belles idées et d’ouvrir la voie à une réflexion sur les valeurs à cultiver dans la vie. On pourra suivre la lecture de ces courts contes par des questions à visée philosophique (ils s’inscrivent très bien dans une démarche d’ateliers philo par exemple) : à quel moment as-tu déjà été débordé.e par ta jalousie ? qu’est-ce qui a déjà ébranlé ta confiance en toi ? comment cela s’est-t-il traduit ? qu’est-ce que cela t’a poussé.e à faire ? et toi, à quel moment es-tu un colibri dans ta vie ? 

1.Les trois vérités du serin : un conte indien qui nous invite à réfléchir sur la cupidité et la jalousie

Un chausseur prit au piège un petit oiseau couleur jaune, un serin. Il allait le tuer pour le faire cuire car il était tiraillé par les cris de son corps en dépit de la maigre prise, lorsque le petit oiseau s’adressa à lui : 

– Regarde moi ! Vois ! Je suis minuscule et maigre. Tu ne feras de moi qu’une bouchée. Laisse moi la vie sauve et je te révélerai trois vérités qui te seront utiles dès demain et tout au long de ton existence. 

A cette époque, en ces temps reculés, les hommes et les animaux terrestres avaient l’habitude de se comprendre et de parler ensemble lorsque la nécessité se faisait force de loi. 

– Comment te croirai-je ? répliqua la chasseur. Ce n’est qu’une ruse, un mensonge éhonté de ta part, pour avoir la vie sauve !

– Non, non ! jura l’oiseau. Je t’assure ! Je te dirai la première vérité lorsque je serai encore dans ta main; la deuxième une fois perché sur ton épaule et tu pourras toujours m’attraper facilement; et la troisième dès que je serai là haut sur la branche, dans l’arbre, toujours à ta portée. 

Le chasseur jugea le marché équitable.

– C’est d’accord, fais moi entendre la première vérité. 

– Si tu perds quelque chose, lui dit le serin, tu ne dois jamais le regretter, car la vie doit aller de l’avant, et non s’encombrer du passé. Que demain ne soit pas l’otage d’hier, car vivre dans le passé, être dans la nostalgie, c’est oublier le présent et se fermer les portes du futur… Vivre, c’est vivre l’instant présent. 

Le chasseur réfléchit et trouva que c’était une bien belle vérité. Combien de gens ne cessent de ressasser le passé « avant, c’était mieux ! ». Et il en faisait partie…

Il tint donc parole et laissa l’oiseau s’envoler vers l’arbre voisin.

– Si l’on te raconte quelque chose d’absurde ou d’invraisemblable, lui cria le serin, refuse toujours de le croire, à moins qu’on ne t’en donne une preuve éclatante. Fais confiance mais vérifie par toi-même et multiplie tes sources. 

Le chasseur acquiesça avec force car combien de ses semblables ne prennent plus le temps de réfuter, de vérifier, d’argumenter et d’arrêter de vivre des « abrégés du vrai »…

Sur ce, l’oiseau s’envola hors d’atteinte et commença à rigoler, à rire et à se moquer du chasseur. 

– Comme tu es bête et comme je t’ai bien eu ! Sache qu’il y a dans mon coeur deux diamants pesant chacun plus de cinquante grammes. Non seulement si tu me tuais, ils étaient à toi… tu serais riche, et en plus tu te serais fais plaisir en te délectant de ma chair tendre et parfumée… Mais tu m’as laissé partir !

Fou de rage, le chasseur s’en arracha les cheveux en regrettant de ne pas avoir tué l’oiseau. Puis il dit au serin : 

– Je le savais, je le savais ! Tu vois, la vie n’est qu’un mensonge. Mais au moins, tu as la vie sauve, en contre partie, révèle-moi au moins la troisième vérité !

– Pour quoi faire, lui répliqua le serin, puisque tu n’es qu’un idiot qui ne met pas en pratique ce que nous venons de dire ? Je t’avais dit de ne jamais rien regretter, et tu regrettes déjà ton geste de m’avoir libéré. Je t’avais dit de ne pas croire des choses invraisemblables, et tu as cru qu’un petit oiseau comme moi, qui ne pèse pas plus de quinze grammes dans ta main, peut renfermer deux diamants de cinquante grammes. Pauvre fou ! 

Mais voici tout de même la troisième vérité qui te concerne plus que tout autre et concerne tous tes semblables : la convoitise, la cupidité, la jalousie aveuglent le cœur des hommes et ce sont par elles que vous êtes tous abusés. 

Sur ces belles paroles, le petit serin s’envola à tout jamais…

 

2.Le puissant seigneur : un conte pour apprécier les instants du quotidien et réapprendre à s’émerveiller

Est pauvre non pas celui qui n’a rien mais celui qui envie. – Malek Boukerchi

L’émerveillement est le pilier de toutes les espérances joyeuses du monde à venir. Tout est dans le regard, comme l’illustre ce conte qui nous invite à voir le monde autrement.

Un puissant seigneur extrêmement riche et un pauvre paysan avaient chacun un fils. Le puissant seigneur monta avec son fils en haut d’une montagne, lui montra avec fierté le paysage en contrebas et lui dit avec engouement :

– Regarde, mon fils ! Un jour, tout cela sera à toi, le jour de ta succession !

Le fils ressentit alors une grande exaltation, une ivresse de puissance, un bonheur intense. Mais tandis qu’il redescendait doucement de la montagne, sa joie fut perturbée par des pensées de peurs, de craintes : et si son père demain changeait d’avis ? et si des intrigants prenaient le pouvoir ? et s’il disparaissait le lendemain sans qu’il ait eu le temps de lui transmettre la charge ? et si… ?

Le paysan pauvre monta avec son fils sur l’autre versant de la même montagne, au même moment; il lui montra le même paysage et lui dit avec amour :

– Regarde, mon fils ! Regarde !

Le fils resta là, attentif aux sons, aux odeurs, aux couleurs, aux images, et s’imprégna de la majesté du monde, le cœur emplit de joie…

 

3.La jarre abîmée : un conte pour reprendre confiance en soi

Le conte de la jarre abîmée nous invite à méditer sur ce qu’on considère habituellement comme des erreurs ou des manquements.

Un porteur d’eau indien transportait deux grandes jarres aux extrémités de sa planche. L’une des jarres était fêlée et perdait presque la moitié de son précieux contenu au cours de chaque voyage, alors que l’autre conservait toute son eau de source jusqu’à la maison du maître.

La situation dura ainsi pendant deux ans. Deux ans au cours desquels le porteur d’eau ne livra qu’une jarre et demie d’eau, chaque jour, à son maître. Bien sûr, la jarre sans défaut était fière de sa performance : elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faillir. Mais la jarre abîmée, elle, avait honte de son imperfection. Et se sentait démoralisée de ne pouvoir accomplir que la moitié de sa tâche.

Au bout de ces deux ans, qu’elle considérait comme un échec complet, la jarre abîmée dit au porteur d’eau, un jour qu’il la remplissait à la source :

« Je me sens coupable et je te prie de m’excuser…

– Pourquoi ? demanda le porteur d’eau. De quoi as-tu honte ?

– Depuis deux ans, je n’ai réussi à porter que la moitié de ma charge à notre maître à cause de cette brèche qui fait fuir l’eau. Par ma faute, malgré tous tes efforts, tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau prévue. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts », lui expliqua la jarre abîmée.

Touché par cet aveu et plein de compassion pour la jarre, le porteur d’eau lui répondit : « Je vais te demander quelque chose. Tout à l’heure, quand nous reprendrons le chemin du retour vers la maison du maître, je veux que tu observes les fleurs qui poussent sur le bord du sentier… »

Au fur et à mesure que le porteur d’eau avançait le long de la colline, la vieille jarre apercevait le bord du chemin couvert de fleurs baignées de soleil. Sur le moment, celles-ci lui mirent du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, la tristesse l’envahit de nouveau : la jarre avait encore une fois perdu la moitié de son eau!

Le porteur d’eau dit alors à la jarre : « Ne t’es-tu pas aperçue que toutes ces belles fleurs, elles poussent de ton côté du chemin, alors qu’on n’en voit à peine du côté de la jarre en bon état? »

« J’ai toujours su que tu perdais de l’eau et j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de ton côté du chemin. Et chaque jour, tu les as arrosées de ton précieux contenu. Grâce à toi, j’ai pu pendant ces deux ans cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais trouvé de fleurs aussi fraîches, aussi gracieuses, aussi colorées. »

C’est ainsi que la jarre abîmée apprit, attendrie, qu’elle apportait elle aussi sa part de bonheur dans la vie.

4.La légende du colibri : pour nourrir le besoin de contribuer et avoir foi en son pouvoir personnel d’action

La légende du colibri est une histoire d’origine amérindienne qui invite chacun à prendre sa part. Rien ne dit qu’une seule de nos actions ne peut changer nos vies !

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux observaient le désastre, terrifiés et impuissants. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, les autres animaux, agacés par ses agissements dérisoires, lui dirent : « Colibri, tu es fou ! Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? 

« Non mais je fais ma part » répétait le petit colibri aux autres animaux incrédules. Et si chacun faisait de même ?

L’histoire complète dans ce livre : La légende du Colibri (éditions Actes Sud Junior/ Colibris)

5.Les deux loups : le pouvoir de choisir le bien ou le mal

Un vieil indien explique à son petit fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent un combat terrible. Le premier loup représente la joie, la paix, l’amour, l’espoir, l’humilité, l’empathie et la gentillesse. Le second loup représente la peur, la jalousie, l’arrogance, les sentiments d’infériorité et de supériorité et la haine.

« Lequel des deux loups gagne ? » demande alors l’enfant.

« Celui que l’on nourrit », répond le grand-père.

Dans toutes les situations, nous pouvons nous poser cette question : Lequel des deux loups est-ce que je choisis de nourrir ?

Nous nourrissons le premier loup chaque fois que l’énergie qui nous motive est de rendre notre vie et celle des autres plus belles : « je choisis de… parce que je veux… ».

6. La grenouille sourde : pour se faire confiance et aller au-delà des critiques décourageantes

Une bande de grenouilles décida d’organiser une course. L’enjeu était d’être la première à arriver tout en haut d’une tour très haute.

Dès que la nouvelle de la course se répandit dans le village, des tas de grenouilles curieuses se rassemblèrent pour voir et soutenir les concurrentes.

Pleines de courage et de motivation, les candidates se placèrent sur la ligne de départ et commencèrent à grimper.

Mais très vite, les  grenouilles du public se mirent à faire des commentaires décourageants et négatifs: “Elles n’y arriveront jamais !”, “Elles sont bien trop lentes !”

Au bout de quelques minutes, certaines grenouilles en course se sentirent démotivées et abandonnèrent. Celles qui persévérèrent finirent par succomber à la fatigue.

Alors qu’il ne restait que quelques grenouilles en lice, les commentaires des grenouilles spectatrices reprirent de plus belle : “Pour qui se prennent-elles, si c’était possible, nous l’aurions déjà fait !” dirent certaines. “On n’a jamais vu pareille sottise, les grenouilles ne sont pas faites pour grimper !” dirent d’autres.

Au fil du temps, les dernières concurrentes firent gagner par le découragement.

Toutes. Sauf une.

Cette dernière grenouille grimpait lentement, sans relâche, tandis qu’autour d’elle les commentaires se faisaient de plus en plus négatifs : « Descends, tu n’y arriveras jamais ! ». « Tu es ridicule ! ».

Pourtant, la petite grenouille continua à avancer, lentement mais sûrement, sans faiblir.

Après un dernier effort, elle finit par gagner le sommet. Toutes les autres grenouilles se précipitèrent autour d’elle pour savoir comment elle avait fait pour réaliser ce que personne au monde n’avait encore jamais fait. L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander sa recette.

C’est alors qu’elle découvrit que la petite championne était sourde…   

 

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3 réponses

  1. Merci pour tous vos partages, qui sont des outils précieux pour ma pratique !

  2. omar oulmehdi dit :

    site à redécouvrir

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