Les bébés communiquent par les pleurs.. mais pas seulement ! Comment décoder les messages non verbaux des bébés ?

Les bébés communiquent par les pleurs.. mais pas seulement ! Comment décoder les messages non verbaux des bébés ?

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Bernadette Lavollay est pédiatre et autrice du livre Les vrais besoins de votre bébé. Elle y écrit que les pleurs des bébés ne sont pas leur seul moyen d’expression. Elle rappelle que les gazouillis, babillages, mouvements, mimiques et autres vocalises sont d’autres manières pour les bébés de s’exprimer. Les bébés communiquent avec les adultes aussi par leurs corps, gestuelles et mouvements.

Ces messages non verbaux sont destinés à être reçus par celles et ceux qui prennent soin d’eux, les aident à vivre et à grandir.

Quand ces messages sont bien reçus et décodés par l’entourage, ils permettent de répondre au mieux aux besoins vitaux fondamentaux des bébés. Bernadette Lavollay conseille donc de considérer ce type de signes en amont, le plus tôt possible, et ne pas attendre l’escalade qui conduit aux pleurs.

Si nous sommes aveugles aux petits appels du corps, aux petits signes d’inconfort, de mal-être, de besoins d’aide, le nouveau-né aura recours à des signaux de plus en plus forts, qui conduiront aux pleurs, paroxysme du signal d’alarme pour dire : « J’ai vraiment besoin de toi, viens à mon secours, ou arrête de faire ce que tu étais en train de me faire. » – Bernadette Lavollay

Parce qu’il est encore nécessaire de le rappeler, un bébé qui pleure n’est pas un « manipulateur »; il n’est ni « capricieux » ni « difficile ». Ces jugements et étiquettes sont nos projections et nos interprétations d’adulte liées à nos conditionnements culturels et nos propres blessures d’enfance.

Les bébés qui pleurent nous montrent seulement qu’ils ne sont pas à l’aise, que ce n’est pas le bon geste, le bon moment, la bonne position, qu’ils ont un autre besoin et qu’il faut trouver une solution, souvent en tâtonnant d’ailleurs.

Lavollay souligne le niveau élevé de détresse ressenti par un bébé en pleurs si personne ne répond à son ultime appel à l’aide; Elle écrit : « comme si le bébé avait face à lui non seulement un aveugle, mais aussi un sourd profond ! ».

Chaque bébé a ses codes de communication, et chaque mère, chaque père, aura sa réponse (regard tendre, parole, toucher, position de rassemblement, bercement, caresse, massage, berceuse, portage, sein, sucette…) . Certains parents la trouveront facilement et ce sera plus difficile pour d’autres parents, notamment parce que certaines personnes sont plus colonisées par leur mémoire traumatique que d’autres.

Dans ce cas, les pleurs des bébés peuvent réveiller des peurs enfantines qui mettent ces adultes sous tension, voire en colère, si bien qu’ils vont (pour mettre cette mémoire traumatique à distance) soit nier la détresse du bébé qui pleure soit vouloir éviter les pleurs (en donnant la sucette ou le sein tout de suite par exemple ou en isolant le bébé dans une pièce éloignée).

Lavollay écrit que les parents sont les meilleurs observateurs de leur bébé, à partir du moment où ils sont libérés de leurs craintes de ne pas savoir, de ne pas parvenir à être de bons parents. J’ajouterai que cela passe aussi par un travail sur les blessures du passé et la mémoire traumatique.

Par exemple, si un parent a été secoué par son père ou sa mère qui lui hurlait dessus quand il pleurait nourrisson, les pleurs de son propre enfant vont réactiver sa mémoire traumatique. Ce parent attribuera à son bébé la violence et la colère de son propre parent en se sentant agressé par le nourrisson ici et maintenant. Ce parent risque alors de faire preuve lui aussi de violence envers le bébé en pleurs C’est en rejouant la scène (hurler, secouer le bébé) que ce parent va mettre à distance sa mémoire traumatique (s’il n’a pas un contrôle éthique et un interdit bien intériorisé). Cet effet dissociant est dangereux puisqu’il « soulage » la tension insupportable du parent en l’anesthésiant, et paraît « calmer » le bébé, en le sidérant puis en le déconnectant.

Ainsi, ce sont bien les parents qui peuvent trouver les meilleures réponses et procurer le meilleur confort, le meilleur bien-être pour leur bébé. Ce processus nécessite cependant pour certains parents une approche consciente, lucide, et va se faire par essais-erreurs, en tâtonnant, pour apporter au bébé la sécurité physique et affective dont il a besoin pour s’attacher et se développer.

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Source : Les Vrais besoins de votre bébé de Bernadette Lavollay (éditions Les Arènes). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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