Défier les pensées anxieuses des enfants par l’empathie et le jeu

Défier les pensées anxieuses des enfants par l’empathie et le jeu

Dans son livre J’ai plus peur, Lawrence Cohen propose une approche pour défier les pensées anxieuses des enfants. Les pensées anxieuses peuvent dévorer et exténuer les enfants (comme par exemple : « Et si maman mourait demain ? », « Le soleil va exploser et on va tous mourir », « Qu’est-ce que mes copains vont dire quand ils me verront avec ce pull ? », « Je ne vais jamais y arriver, c’est trop dur »). L’anxiété est sous tendue par des sujets très importants comme l’abandon ou la sécurité.

Lawrence Cohen rappelle que les pensées anxieuses n’aiment pas être contredites et qu’elles résistent à la logique, au raisonnement (aucun enfant effrayé par un monstre sous son lit n’a jamais été rassuré par un parent qui lui a affirmé 10 fois que les monstres n’existent pas). Les enfants anxieux ont tendance à être très forts pour argumenter. Ils compensent le manque fréquent de rationalité de leurs arguments par l’intensité et la répétition de leurs affirmations. De même, humilier un enfant parce qu’il a peur ne fonctionne jamais.

Le psychologue propose une approche en 4 temps :

  • Accepter les pensées anxieuses des enfants et le accueillir avec empathie :
    • comprendre en profondeur ce que les enfants ressentent (à l’enfant qui demande : « et si tu meurs ? », on pourrait répondre « ce serait horrible », « ça ressemble à une pensée qui fait très peur », « merci de partager tes pensées effrayantes avec moi »)
    • évaluer les croyances des enfants anxieux (« que t’arriverait-il de si affreux si tu te trompais ? »… « et alors, que se passerait-il de si terrible ? »)
    • reconnaître et évaluer le risque car insister sur l’absence de risque conduit l’enfant anxieux à multiplier les précautions (« ce serait vraiment affreux mais la probabilité est tellement faible que je prends le risque », « cela vaut-il la peine d’être tenté ? »)
  • Défier les pensées anxieuses : défier n’est pas argumenter, il s’agit plutôt de contourner l’irrationalité
    • en posant des questions : « Existe-t-il une autre possibilité expliquant le retard de ton papa, mis à part que quelque chose de grave lui soit arrivé ? »
    • en adoptant un autre point de vue : « Moi, je n’ai pas peur » sur un ton calme, compatissant et invitant l’enfant à expliquer pourquoi lui a peur
  • Inviter l’enfant à créer ses propres défis (par exemple : « La semaine dernière, comment as-tu fait pour t’amuser à ton cours de judo ? »)
  • Réfléchir à nos propres pensées anxieuses : quels sont nos « Et si ? » qui tournent en boucle (ex : « Ma fille est en retard. Et si elle avait été kidnappée ? »)

3 idées pour défier les pensées anxieuses

Le tableau

Lawrence Cohen invite les enfants anxieux qu’il reçoit dans son cabinet à lister sous forme de tableau toutes les pensées anxieuses qui leur reviennent sans cesse puis leur demande de réfléchir à la meilleure façon de contrer chacun d’entre elles.

Ce tableau se présente sous forme de deux colonnes : la colonne Pensée anxieuse et la colonne Défi.

Le jeu Heureusement/ Malheureusement

Dans ce jeu (basé sur l’excellent livre Heureusement de Remy Charlip), une première personne (souvent l’adulte) commence l’histoire avec quelque chose d’heureux. L’autre joueur enchaîne avec quelque chose de malheureux.


livre enfant heureusement

livre enfant heureusement

Les deux joueurs alternent les phrases commençant par Heureusement et Malheureusement jusqu’à ce que l’histoire se termine par une fin heureuse.

Ce jeu offre un exutoire au besoin que ressentent les enfants anxieux de construire des scénarios catastrophes. Associé à la lecture du livre, ce jeu aidera les enfants à contredire leurs pensées négatives.

 Et si ça n’arrivait pas ?

Ce jeu défie plus frontalement les pensées anxieuses (à condition d’y jouer sur un ton léger et respectueux).

Par exemple, à un enfant anxieux qui demande si ses parents allaient avoir un accident de voiture, on pourrait répondre : « Et si ça n’arrivait pas ? ». L’essentiel est de rire ensemble de peurs lourdes.

Avec l’approche ludique, les enfants anxieux leur imagination au service de leur confiance plutôt que leur anxiété.

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Source : J’ai plus peur : aider un enfant à surmonter ses craintes de Lawrence Cohen (éditions JC Lattes). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur  internet.

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1 réponse

  1. Rose dit :

    Très intéressants ces jeux …

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