Demain, j’ai un contrôle de maths !

Je travaille avec une élève de 5° en ce moment. Elle éprouve des difficultés en mathématiques et appréhende les contrôles de maths.

Je lui ai proposé de procéder de la manière suivante en vue de préparer cette évaluation :

–  Anticiper les questions

On a regardé son dernier contrôle pour en étudier la structure et anticiper les questions qu’elle risquait d’avoir : 2 ou 3 questions de cours, des exercices calqués sur ce qui avait été fait en classe, un exercice plus difficile. On en a déduit les éléments à maîtriser parfaitement pour assurer un maximum de points dans le cadre de ses possibilités.

En fonction de cela, nous avons travaillé un peu ensemble mardi soir :

  • j’ai repris des exercices qu’elle avait fait avec son professeur en classe en modifiant les nombres dans les énoncés,
  • je lui ai posé quelques questions de cours avec la leçon sous les yeux, histoire de la mettre en situation de réussite et de lui montrer qu’il n’y a pas de piège, tout est écrit dans la leçon.

– Réviser deux jours avant l’évaluation (mercredi pour vendredi dans son cas)

Je lui ai conseillé de travailler mercredi sur :

  • les exercices que nous avions identifiés comme essentiels au préalable,
  • la mémorisation de la leçon.

Je lui ai demandé de traduire sa leçon sous forme de Mind Map (on en a déjà fait plusieurs ensemble) agrémentée de dessins, ou a minima sous forme de liste avec des mots clés. Cette fiche peut être complétée avec quelques exemples clés issus des exercices. L’idée est que le jeudi soir, elle se passe de la leçon écrite dans son cahier de classe mais qu’elle ne relise que sa fiche personnelle.

– Relire sa fiche la veille au soir

Je lui ai proposé de se contenter de relire sa fiche la veille au soir. Par « contenter », je veux dire ne pas refaire d’exercices mais de relire sa fiche efficacement pour que le cerveau active la mémorisation dans la nuit.

J’aime bien l’idée du Mind Map car cela permet de solliciter plusieurs canaux de mémorisation en même temps et donc de mémoriser plus efficacement :

  • la vue

Si le travail de préparation a été fait de manière personelle (illustrations qui « parlent » à l’élève, mots clés choisis avec pertinence), les couleurs de chaque branche et les pictos d’illustration suffiront presque à évoquer les mots et  les éléments à mémoriser.

  • le toucher

Il est possible de suivre le tracé des différentes branches avec ses doigts pour retrouver le chemin d’une idée. Une fois que cela a été effectué plusieurs fois, on peut même refaire en l’air ou sur la table le chemin de la Mind Map en évoquant mentalement par la vue et/ou par les paroles le contenu correspondant. Le geste en l’air permet de se détacher de la Mind Map que l’élève n’aura pas sous la main pendant le contrôle.

  • l’évocation auditive

L’avantage des Mind Map est qu’à une branche doit correspondre un mot clé. Cela permet :

  • de répéter les mots clés à haute voix et/ou dans la tête,
  • de les réentendre à travers sa propre voix ou la voix de quelqu’un d’autre (le professeur, les parents, les copains de révision…),
  • de reconstituer des phrases structurées en ajoutant les mots manquants par le jeu de l’esprit. Une Mind Map  est un appui pour rédiger ou réciter des phrases, et notamment des définitions. Il y aura peut-être des variations dans les déterminants ou le temps du verbe mais l’essentiel est que l’idée soit comprise.

Il est essentiel de bien relire la fiche la veille au soir car le cerveau structure et consolide les connaissances pendant le sommeil profond.

– Se mettre en projet

J’ai suggéré à mon élève de raisonner en termes de projet :

  • au moment de réviser sa fiche la veille au soir

Penser à la mémorisation à venir et aux effets du sommeil. Elle aurait pu se dire une phrase du type : « Je veux que mon cerveau mémorise les informations que je vais lire pendant la nuit et pouvoir m’en resservir demain matin pendant l’évaluation de maths sur les fractions et l’écriture décimale. »

  • avant d’entrer dans la salle où aura lieu le contrôle

Avant d’entrer dans la salle de classe, elle pourrait prendre un moment pour se dire : « Je vais entrer dans cette salle pour effectuer un contrôle de maths. Celui-ci va porter sur les fractions et l’écriture décimale. Je vais m’asseoir, je vais lire les consignes calmement, je vais commencer par les questions de cours que je maîtrise parfaitement puis par les questions qui ressemblent aux exercices que j’ai bien travaillés. »

En faisant cela, je lui ai demandé d’essayer de visualiser dans sa tête sa fiche, d’entendre et/ou de se réciter les éléments clés de la leçon, pourquoi pas de faire les gestes de suivi des branches de la Mind Map. Elle serait pour ainsi dire « branchée » sur le canal math/ fractions.

– Se relaxer et chasser le stress

Pendant que le professeur distribue les copies, je lui ai dit qu’elle pouvait en profiter pour se détendre et chasser les idées négatives qui peuvent apparaître dans ce moment de flottement.

Je lui ai conseillé de :

  • poser ses pieds bien à plat contre le sol pour se sentir « ancrée » (j’en ai profité pour lui dire de ne pas porter de talons ce jour là),
  • mettre ses mains bien à plat contre sa table et de sentir la pression de ses doigts contre la table, la chaleur à l’intérieur de chaque doigt,
  • laisser passer les pensées négatives qui apparaîtront sûrement à ce moment là en se concentrant sur ses pieds et ses mains,
  • sentir sa respiration : sentir l’air qui entre dans son nez à l’inspir et sentir l’air qui sort de son nez à l’expir. Je lui ai conseillé une expiration plus longue que son inspiration pour augmenter l’effet anti-stress (par exemple sur le rythme 1,2,3 puis 1,2,3,4,5).

Je lui ai dit qu’elle pouvait fermer les yeux mais qu’elle n’en était pas obligée si elle se sentait gênée. J’ai ajouté qu’elle pouvait prendre un moment en cours d’évaluation pour refaire cet exercice de relaxation en cas de panique.

Nous avons fait ensemble cet enchaînement mardi soir en complément de postures de yoga plus axés sur la détente musculaire et les étirements. Ce sont des outils qu’elle a désormais à disposition et qu’elle pourra réutiliser dans n’importe quelle circonstance.

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. MaPetiteUsine dit :

    Bonjour, a titre d’exemple, j’aimerai bien savoir ce qui a marché pour votre petite élève ? Notamment, est-ce qu’elle a réussi à se servir de la relaxation, était-ce la première fois que vous évoquiez cet outil avec elle ?
    Merci d’avance

    • Caroline dit :

      Bonsoir,

      merci pour votre message.

      C’était la première fois que je lui en parlais en effet. Nous avons fait l’exercice ensemble à domicile et je lui avais donc recommandé de se concentrer sur sa respiration quelques secondes avant d’entrer dans la salle, puis de faire l’exercice avec les mains et les pieds ancrés dans le sol dès qu’elle sentirait la panique monter en elle pendant le contrôle.
      Elle m’a dit l’avoir pratiqué en cours d’évaluation car elle a commencé à se mélanger les pinceaux et à stresser pendant un exercice long (« une page complète d’énoncé » m’a-t-elle dit!). Cela lui a permis de se remettre les idées en place et de passer à l’exercice suivant. Elle m’a dit que, grâce à la concentration sur ses mains, elle ne s’est pas entêtée sur un exercice qu’elle ne savait pas faire. Pour autant, elle n’a pas pu tout finir mais elle a peut-être pu grappiller quelques demis points en passant à un autre exercice avec les idées plus claires. Elle n’a pas encore sa note mais paraissait contente d’avoir eu ce petit « truc » dans sa boîte à outils. Je lui ai donc conseillé de l’utiliser dans toutes les matières et à chaque fois qu’elle se sentait stressée. Je pense qu’elle le fera.

      Bonne soirée
      Caroline

      • MaPetiteUsine dit :

        Mon fils a bcp écouté « la petite grenouille » (livre-disque de relaxation/méditation pour les enfants – je ne souviens plus du titre exact – « calme comme une grenouille », il me semble) pour s’endormir et il disait faire les exercices… Mais je suis incapable de dire s’il est capable de refaire les exercices en cas de « détresse ». Pour le moment, il n’en a pas besoin pour les contrôles, mais j’aimerai bien qu’il ait cette corde à son arc en cas de soucis divers et variés. Je m’intéresse moi-même à la méditation, mais en cas de pensées envahissantes, je n’arrive pas à un résultat satisfaisant en moins de 10 à 15 mn, C’est déjà bien, mais je suis loin de pouvoir me remettre d’applomb en quelques minutes : c’est bien de savoir qu’un enfant est capable d’acquérir cette compétence aussi rapidement. Merci bcp pour votre réponse. Votre blog est très intéressant, comme nous avons des lectures communes, ça me fait des petites révisions sur certains sujets !

        • Caroline dit :

          Je pense que cela dépend aussi de la sensibilité de l’enfant… mon élève de 5° m’a dit faire des étirement seule dans son lit et je me suis rendue compte qu’elle faisait des mouvements de yoga sans le savoir :-). Le terreau était donc « fertile » et elle était réceptive à ce genre de « trucs » car elle savait que le stress est un facteur important chez elle d’échec.
          En revanche, ma fille (qui a 5 ans) n’a pas du tout été réceptive aux exercices de « Calme et attentif comme une grenouille ». Elle n’a jamais pu rester tranquille justement et les rares fois où j’ai voulu mettre le CD dans sa chambre, elle a protesté violemment.

          Peut-être que vous pourriez tester des séances de méditation en famille (au du moins votre fils et vous) ? Vous pouvez aussi lui montrer l’exemple : dans une situation où vous êtes vous même stressée ou quand vous sentez monter la colère, pourquoi ne pas lui dire quelque chose comme « Je vais me concentrer sur ma respiration un moment/ je vais mettre mes mains sur mon ventre pour sentir l’air entrer et sortir en moi » ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *