Développer le cerveau préfrontal des enfants fortifie leur confiance en soi. Pourquoi ? Comment ? Les pistes d’Isabelle Filliozat

Développer le cerveau préfrontal des enfants fortifie leur confiance en soi.

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Entre 18 mois et 2 ans, l’enfant traverse une étape d’individuation, marquée par l’opposition et de nombreuses colères quand le parent tente de le contrôler. Cette étape du non peut être courte si le parent encourage l’enfant à décider par lui-même et lui enseigner à choisir. Les enfants se définissent et se sentent exister par les choix qu’ils sont amenés à faire (quand on leur en laisse l’opportunité).

Laisser l’enfant explorer et s’affirmer est parfois difficile pour les parents mais central pour la confiance de l’enfant.

Les neuroscientifiques ont en effet découvert que la confiance en sa propre personne des humains, en son jugement propre était proportionnelle à la taille du cerveau pré frontal (le siège de la raison et de la réflexion). Cette zone grandit lorsqu’elle est stimulée.

Plus nous incitons nos enfants à se servir de leur cerveau préfrontal, plus ils prennent confiance en eux :

  • proposer des choix (par exemple au quotidien : tu préfères le manteau jaune ou le bleu ? tu préfères mettre ta casquette ou ton chapeau ?)

 

  • laisser les enfants se tromper, faire des choix étranges, revenir en arrière (une dysharmonie vestimentaire à 3 ans sera vite oubliée, une confiance en soi ébranlée mettra des années, parfois une vie entière, à se reconstruire)

 

  • poser des questions plutôt que donner des réponses (par exemple : de quoi as-tu besoin aux pieds quand il pleut ? qu’est-ce qu’on met sur la tête quand il fait chaud ?)

 

  • les faire réfléchir aux conséquences (que va-t-il se passer selon toi si…  ? comment peux-tu faire en sorte que… ? qu’est-ce que tu peux faire pour éviter que cela se produise ?)

 

  • leur demander d’imaginer ce qui va se passer ensuite (en fonction de plusieurs hypothèses)

 

  • interroger sur ce que vivent les autres (à ton avis, qu’est-ce que ton camarade s’est dit quand tu as… ? qu’est-ce que ta soeur a pu ressentir ? qu’a-t-elle envie de faire du coup ?)

 

 

  • aider les enfants à se calmer quand les colères sont excessives (voir la différence entre les colères primaires saines et les réactions parasites de stress ici)

 

  • enseigner le langage et le vocabulaire des émotions à travers des jeux, des livres et des activités d’éducation émotionnelle et en montrant l’exemple de notre propre gestion émotionnelle

 

  • enseigner la régulation du stress

 

  • autoriser les mouvements via la motricité libre, des temps de jeux libres, des activités en plein air…

 

  • respecter les sensations corporelles naturelles des enfants (faim, sommeil…)

 

  • encourager plutôt que complimenter pour développer un état d’esprit de développement (décrire les résultats, mettre l’accent sur les efforts, élaborer des stratégies pour progresser, parler des émotions à la vue des créations et notes scolaires…)

 

  • reformuler les pensées auto dévalorisantes ou anxieuses des enfants en accueillant les émotions sans minimiser ou nier la souffrance (« tu n’as pas compris cet exercice, c’est décourageant », « tu es malheureuse parce que ta copine a préféré sortir avec d’autres »…)

 

  • ajouter des mots porteurs d’espoir et de croissance aux découragements : « tu n’as pas encore réussi »

 

  • les aider à identifier comment un de leurs comportements a pu être utile, apporter quelque chose à quelqu’un, faire preuve de gratitude face à des comportements appropriés (« merci d’avoir mis la table, ça rend la soirée agréable »…)

 

  • décrire les comportements positifs (apports au groupe, fierté personnelle, création collective…) et les résumer par la ou les qualités impliquées (« tu as passé le ballon à T. qui était placé près du but, c’est de l’esprit d’équipe ! »)

Plus nous incitons notre enfant à se servir de son cerveau préfrontal, plus il prend confiance en lui. – Isabelle Filliozat

Par ailleurs, la tendresse et le toucher font mûrir le cerveau. La bienveillance participe à la mise en place d’un cercle vertueux. Chaque fois que l’adulte apaise et comprend l’enfant par des mots et des gestes calmes, il fait maturer le cerveau de l’enfant et renforce la confiance en soi de l’enfant. La bienveillance et le toucher ont des effets physiologiques sur les enfants : ils déclenchent la sécrétion d’ocytocine, hormone du bien-être.

Il se peut que, sans le savoir, nous ayons dans le passé ébranlé la sécurité intérieure, parce qu’on nous avait dit de ne pas trop le prendre dans les bras, de le laisser pleurer dans le berceau, de le mettre au coin, de le punir; parce qu’il est resté trop longtemps dans un transat ou une poussette plutôt que de ramper dans l’herbe… – Isabelle FIlliozat

Heureusement, nous pouvons réparer :

  • explorations de la nature,
  • cabanes dans les bois,
  • jeux physiques où l’enfant gagne,
  • câlins,
  • marques d’affections,
  • mots d’amour qui transmettent les messages « je t’aime quoique tu fasses » et « tu es à ta place dans notre famille »,
  • tendresse et empathie quand les tensions sont tendues (raisonner en termes de besoins et d’attachement : quels sont les besoins qui motivent les actions de l’enfant ? son réservoir affectif est-il rempli ? son cerveau est-il sous stress ?)

L’amour est un carburant, pas une récompense. – Isabelle Filliozat

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Source : Les cahiers Filliozat : la confiance en soi (éditions Nathan).

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