Distinguer les émotions excessives des émotions adaptées : un pas vers la paix avec soi et les autres

Distinguer les émotions excessives des émotions adaptées : un pas vers la paix avec soi et les autres

Comprendre les émotions pour gagner en intelligence émotionnelle

Les émotions adaptées sont celles dont on doit tirer un enseignement. Ce sont elles qui nous poussent à agir, à adopter des stratégies justes, qui répondent à un besoin non satisfait. Ces émotions sont légitimes et sont justement là pour restaurer notre identité, notre intégrité. Elles doivent être ressenties et traversées, sous peine que la blessure devienne traumatisme. La colère saine est l’émotion de réparation du sentiment de soi.

Les émotions excessives sont souvent décalées, disproportionnées par-rapport à la situation et sont plutôt mauvaises conseillères.

Le travail que nous pouvons amorcer pour distinguer les émotions excessives des émotions adaptées passer d’abord par le fait d’identifier chaque émotion et ses causes, redonner sa fonction à chaque émotion et lui attribuer sa juste place. Ce tableau peut nous y aider :

causes des émotions

 

Ainsi, on comprend que la tristesse nous sert à prendre conscience de ce qui est mauvais pour nous et de l’éviter et d’accepter les pertes, ce qui ne peut être changé. La tristesse sert également à attirer la compassion et le soutien de l’entourage. La peur signale les dangers ou les menaces et permet de se protéger. La colère signale que nos droits, notre dignité humaine sont bafoués et elle donne l’énergie nécessaire pour rétablir l’intégrité (physique et/ou psychologique).

Les avantages de distinguer les émotions excessives des émotions adaptées

Apprendre à reconnaître nos émotions illégitimes présente de nombreux avantages :

  • mieux nous connaître,
  • nous aimer davantage en veillant nous-même à notre besoin fondamental d’être écoutés avec bienveillance, d’être reconnus et accueillis de manière inconditionnelle,
  • nous regarder différemment en prenant davantage conscience de nous-mêmes, de ce qui est bon ou mauvais pour nous-mêmes,
  • définir nos zones de vie dans lesquelles les ajustements réalisés ne sont pas adaptés. Gagner en intelligence émotionnelle pousse à effectuer des changements intérieurs ou extérieurs.

Quand on décèle des émotions excessives, disproportionnées, on peut repenser à :

  • la légitimité des émotions (on a le droit d’être triste ou en colère),
  • leur utilité (les émotions sont des signaux d’alarme pour nous alerter sur un ou plusieurs besoins non satisfaits),
  • leur caractère éphémère à condition qu’on les accepte avec compassion (les émotions sont comme des visiteuses inattendues),
  • leur caractère pénalisant si on les évite, les nie ou les enterre (ce qui ne s’exprime pas s’imprime).

6 outils pour dépasser les émotions excessives

Se poser une question clé à soi-même

Une question clé pour différencier les émotions légitimes, justes et qui poussent à une action adaptée des émotions excessives serait : Mon émotion me parait-elle adaptée dans cette situation ou plutôt disproportionnée ?

La plupart du temps, nous sommes capables de « sentir » quand il y a un décalage entre la situation que nous vivons et l’émotion que nous ressentons.

Comprendre la notion de schéma et l’identifier

Les émotions très intenses correspondent souvent à des réactivations du schéma : dans cette circonstance, ce n’est pas la situation qui fait souffrir mais le schéma. Stéphanie Hahusseau définit le schéma ainsi dans son livre Tristesse, peur, colère, agir sur ses émotions :

schéma émotions

Source : Tristesse, peur, colère, agir sur ses émotions (Stéphanie Hahusseau)

Elle propose dans son livre un questionnaire pour identifier notre type de schéma répétitif qui gouverne nos émotions et nos actions. Elle liste plusieurs types de schéma comme l’abandon, l’injustice, l’imperfection, le rejet, l’échec, la vulnérabilité ou encore l’absence de contrôle de soi.


Repérer nos critiques et nos généralisations

Si, en même temps que l’émotion négative que nous ressentons, nous nous disons des phrases critiques et négatives qui trahissent une généralisation (comme « on ne fait jamais attention à moi », « les autres sont des égoïstes », « le monde est injuste », « chaque fois que ceci, il se passe cela… » « il y a toujours quelqu’un qui me pique ma place »…), alors nous éprouvons une émotion non légitime.

Penser à quelqu’un que nous apprécions et s’en inspirer 

Si nous sommes capables d’imaginer quelqu’un que nous aimons bien dans la même situation et qu’elle ressentirait la même chose, alors l’émotion est probablement légitime et adaptée.

Dans le cas contraire, nous pourrions nous demander comment cette personne réagirait et ce qui nous en empêche actuellement.

Faire un lien émotionnel vers le passé pour éclaircir d’où viennent les émotions excessives 

Si nous sommes envahis par l’émotion présente et que, en fermant les yeux, nous pensons au passé et qu’un ou plusieurs souvenirs surgissent, l’émotion provient davantage du passé que du présent. C’est une émotion provenant du schéma.

Ainsi, on pourra utiliser cette « manoeuvre » qui consiste à faire un lien émotionnel (ou un pont d’affect) : fermer les yeux, analyser ce qui vient en tête (ex : une mère envahissante, un père agressif…), prendre du recul quand une image du passé remonte ou bien s’autoriser à exprimer les émotions ressenties si rien ne remonte du passé.

Pratiquer l’auto parentage

Quand l’émotion est disproportionnée, on peut pratiquer l’auto parentage.

L’autoparentage est une manière de s’exposer aux émotions, et plus particulièrement aux émotions inadaptées témoignant d’une réactivation du passé. L’enjeu de l’autoparentage est de comprendre que la plupart de nos croyances sont autodestructrices et de nous rendre compte que nous sommes parfois (souvent) mauvais pour nous-mêmes.

L’autoparentage est une technique construite qui nécessite de l’entrainement pour apprendre à exprimer à soi-même ses émotions. L’autoparentage atténue progressivement les traces émotionnelles qu’ont laissées certains souvenirs traumatiques.

Pour aller plus loin : 5 temps pour travailler ses émotions excessives avec l’autoparentage

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Source : Tristesse, peur, colère: Agir sur ses émotions de Stéphanie Hahusseau (éditions Odile Jacob). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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