L’éducation bienveillante, est-ce ne jamais se mettre en colère ?

L’éducation bienveillante, est-ce ne jamais se mettre en colère ?

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La colère est un phénomène normal de la vie. La colère parentale a sa place dans l’éducation d’un enfant quand elle est exprimée de la bonne manière, au bon moment et à la bonne personne. La colère fait partie de la vie et nous avons tout intérêt à la reconnaître, s’y préparer et l’utiliser comme une source d’information pour éviter que les tensions ne mènent à des explosions.

Haïm Ginott écrit :

Quand on se met en colère, on agit comme si l’on avait perdu la tête. On dit et on fait à nos enfants des choses qu’on hésiterait à infliger à un ennemi. On hurle, on insulte, on agresse. Quand la crise est passée, on se sent coupable et on prend la ferme résolution de ne jamais recommencer. Mais inévitablement, la colère frappe de nouveau, annulant nos bonnes intentions. Une fois de plus, on se déchaîne sur les personnes au bien-être desquelles nous avons consacré notre vie et notre fortune.

Pour autant, l’expression de la colère ne doit pas être pire que le mal (tsunami de fureur, agressivité, reproches, attaques sur le caractère de la personne, violence physique…). Le message, c’est la méthode !

 

Parents : 3 étapes pour exprimer la colère sans tomber dans la violence

C’est en temps de paix qu’on se prépare à faire face aux périodes de turbulence. – Haïm Ginott

 

1.Accepter le fait que nous nous mettrons parfois en colère dans nos rapports avec les enfants

La colère surgit quand ce qui est essentiel pour nous est menacé, quand on essaie de nous imposer quelque chose, que notre territoire est envahi. Mais colère n’est pas synonyme d’agressivité ou de violence : l’agressivité comme la violence sont des expressions inappropriées de la colère.

Voir cet article : Accueillir notre colère sans céder à la violence

 

2.Nous avons le droit de nous fâcher sans nous sentir coupables ou honteux

Les enfants peuvent supporter et comprendre une colère saine qui dit : « Ma tolérance a des limites ».

 

3.Nous avons le droit d’exprimer ce que nous ressentons. Une seule contrainte : on peut exprimer de la colère à condition de ne pas attaquer la personnalité ou le caractère de l’enfant.

Haïm Ginott propose plusieurs pistes pour une expression saine de la colère :

  • s’exprimer par des phrases qui commencent par « je » : « je ressens de la colère », « je suis contrarié/e », « je me sens tendu/e »
  • faire passer l’intensité de l’émotion dans les mots sans chercher à la minimiser : « je suis furieux/se », « je suis franchement à cran », « je suis en train de bouillir de rage », « je ne suis pas loin de sortir de mes gonds », « ça me révolte », « je suis exaspéré »
  • identifier notre réaction interne et nos sensations : « je fulmine à l’intérieur », « j’en ai la mâchoire serrée », « j’en ai le souffle coupé »
  • fournir la raison de la colère de manière descriptive et objective : « quand je vous vois tous pressés de quitter la table pour vous ruer vers la télé, en me laissant les assiettes sales, je suis… », « quand je vous appelle pour le dîner et que vous ne bougez pas, c’est ça qui me met en colère »
  • dire ce qu’on aurait envie de faire : « j’ai envie de jeter les assiettes sales par la fenêtre », « ça me décourage de continuer à… »
  • donner des renseignements sur ce qu’il convient de faire à l’avenir pour éviter désagréments et conflits : « la place de tes maillots, c’est dans le placard. Alors quand tu en as besoin, tu sauras où les trouver », « comment t’aider à éviter de… à l’avenir ? »

La colère en soi n’est pas catastrophique, elle peut même être moteur et aider à mobiliser des ressources insoupçonnées. Quand les parents apprennent à exprimer la colère de manière acceptable et non violente, ils démontrent par leur exemple qu’on peut exprimer des émotions fortes et désagréable de façon inoffensive et respectueuse.


 

citation d'éducation bienveillante

Pour aller plus loin : La colère parentale, toujours une deuxième émotion ?

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Source : Entre parent et enfant de Haïm Ginott aux éditions L’atelier des parents (disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet)

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3 réponses

  1. Pluiedetoiles dit :

    Je suis soulagée de lire cela !
    Je culpabilise à chaque fois que je me mets en colère, que ce soit à la maison ou en classe …
    Je vois mieux comment faire maintenant !

  2. petitcygne dit :

    Je me rends compte que depuis un petit moment j’agit un peux près ainsi . Bien sur je ne mettrise pas tout a chaque foie mais je voies mes progrès. Au debut on pense que ce n’est pas pour nous que la pleine conscience c’est beau sur le papier mais impossible a appliquer puis finalement avec le temps nous sommes heureux de voir notre progression plus rapide qu’on aurais crue .
    c’est un exercice de tout les jour qui finit par devenir naturel mais personne est a l abrit d’un dérapage

  3. Calie dit :

    Bonjour, j’ai constaté que j’ai du mal à fournir les raisons de ma colère de manière non agressive, non jugeante. J’ai lu le « cahier d’exercices de Communication NonViolente » mais les explications ne sont pas assez suffisantes pour moi. Pouvez-vous me conseiller d’autres textes qui creusent plus ce sujet ?

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