Désolé… ça n’existe pas pour les filles (et la menace du stéréotype)

Désolé… ça n’existe pas pour les filles (et la menace du stéréotype)

Footballeuse professionnelle, ancienne internationale et docteure en psychologie sociale, Mélissa Plaza développe le sujet des stéréotypes sexués en tant que frein à la liberté individuelle, notamment dans le sport. Forte d’un parcours de vie qui l’a conduite à dépasser les cadres qui menaçaient de l’enfermer, elle décode le fonctionnement caché des stéréotypes, pour mieux s’en affranchir.Elle montre que ces stéréotypes s’ancrent en nous et peuvent nous influencer au quotidien, même de façon non consciente, qu’on soit homme ou femme.

Le poids des stéréotypes dans le sport

De 1941 à 1971, les femmes n’avaient pas le droit de jouer au football ! En 1990, les femmes avaient tout juste acquis le droit de jouer au football.

Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte. Les JO devraient être réservés aux hommes, le rôle des femmes devraient être avant tout de couronner les vainqueurs. – Pierre de Coubertin

La différence entre sexe biologique et genre

Les chercheurs font la différence entre le sexe biologique d’une part (le sexe plus ou moins fixée à la naissance) et le genre psychologique des individus (la façon dont une personne se définit en termes de trait de personnalité ou de comportement indépendamment de ce sexe biologique).

Pourtant, dans nos sociétés, chaque individu est poussé à plutôt jouer sur une seule moitié du terrain : celle correspondant à son sexe biologique. Les stéréotypes limitent aussi bien les garçons que les filles.

Mais qui aurait envie de jouer sur une seule moitié de terrain alors qu’on pourrait en utiliser la totalité ?

stéréotypes de genre

Fontayne et al., 2000

Cette vision genrée n’est pas seulement une restriction psychologique, c’est également une restriction individuelle : « une abstraction des potentiels humains ».

Ces différences sont construites socialement : pour preuve, des déséquilibres de répartition entre les filles et les garçons apparaissent dans certains sports avant l’âge de la puberté.

Depuis la naissance, c’est la culture qui nous encourage à adopter des comportements « appropriés » à notre sexe (filles et garçons). La culture et la société nous apprennent tous les jours à devenir de « vraies » femmes et de « vrais » hommes à travers la télé, les pubs, les conversations, l’école…


On apprend tant et si bien les clichés à nos enfants que, même ceux qui n’y adhèrent pas (qui ne les croient pas vrais pour eux), peuvent en être affectés. – Mélissa Plaza

La menace du stéréotype et la possibilité de la dépasser

Quand un stéréotype négatif à l’égard d’un groupe social d’individus est activé dans une situation d’évaluation, les individus ciblés par ce stéréotype craignent de confirmer la croyance, ce qui génère de l’anxiété et les conduit à sous performer (dans tous les domaines : sportif, académique…).

Dans un domaine où on se sent menacé, on renonce plus facilement…

Or les seules limites sont finalement celles que l’on s’impose et on ne doit jamais laisser quelqu’un nous dire qu’on est « manqué », pas assez (pas assez féminine, pas assez courageux…) ou même trop (trop sensible, trop timide…).

Si j’avais écouté tous les gens qui m’avaient dit que c’était impossible, si je m’étais conformée à ce que cette société attendait de moi en tant que petite fille, je serais probablement passée à côté de meilleurs moments de ma vie. – Mélissa Plaza

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Pour aller plus loin

>>> Réflexion sur l’éducation des filles

>>> Réflexion sur l’éducation des garçons

éducation des garçons

 

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