Education : quand notre langage contraignant compromet l’accès à la paix intérieure et collective

Education : quand notre langage contraignant compromet l’accès à la paix intérieure et collective

Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute spécialisé en communication non violente, écrit que notre éducation (familiale, scolaire, religieuse) peut, malgré ses bonnes intentions, nous couper de notre sensibilité, de notre intuition, de notre conscience individuelle et donc de notre capacité à être vraiment personnellement responsables.

Les habitudes de langage que sommes tentés d’adopter avec les enfants lui paraissent, dans notre culture d’éducation, les obstacles les plus fragrants et récurrents à l’accès à l’intériorité. Ces habitudes générées par l’éducation peuvent compromettre l’accès à l’intériorité personnelle et à la paix intérieure (le « profond contentement de l’âme »)… quand elles ne l’interdisent pas tout simplement.

Les « il faut… », « tu dois… » Voilà bien un aspect de l’éducation qui, dès l’enfance, limite l’accès de l’être humain à son intériorité en l’éloignant de sa vraie nature. – Thomas d’Ansembourg

De nombreuses variations de ces expressions existent :

  • il faut
  • tu dois… sinon
  • tu dois… parce que
  • tu n’as pas le choix
  • c’est comme ça
  • un bon/une bonne fille devrait
  • c’est ton devoir de…
  • tu devrais (avec tous les efforts qu’on a fait pour toi)
  • tu ne vas quand même pas
  • si tu…, alors tu sera puni.e

Ces expressions instaurent un rapport de force entre celui qui sait (le dominant,l’adulte) et celui qui ne sait pas (le dominé, l’enfant). Cette manière d’utiliser un langage contraignant témoigne d’une vision du monde où, en cas de divergence d’opinion, on ne dialogue pas pour trouver la voie respectueuse de chacun, mais où on écrase (ou on s’écrase).

Or les dégâts psychique de la pensée contraignante imposée aux enfants sont graves : elle crée des êtres soumis et angoissés ou bien des rebelles en colère (et non pas des êtres responsable en paix avec eux-mêmes).

Des êtres soumis et angoissés et des rebelles en colère ne font pas toujours des citoyens créatifs et engagés… – Thomas d’Ansembourg

Ainsi, on comprend que, derrière le choix des mots, il y a un choix de conscience : « Suis-je un être libre qui veut témoigner à l’autre d’une façon de faire usage de la liberté, en l’éclairant sur les conséquences de ses choix, ou suis-je un être sous contrainte qui veut apprendre à l’autre comment se plier à la contrainte ? ».


Thomas d’Ansembourg ajoute :

Rappelons-nous que notre monde est régulièrement mis à feu et à sang par des humains qui ont appris à se plier aux « il faut » et aux « c’est ton devoir » sans discernement et qui obéissent sans conscience. Expliquer le sens de nos demandes et surtout écouter et comprendre les raisons des refus éventuels de l’autre pour chercher ensemble une solution satisfaisante pour chacun prend bien sûr plus de temps qu’imposer, mais n’est-ce pas l’apprentissage quotidien du débat démocratique ? Celui-ci ne s’invente pas au parlement. il s’affine chaque jour dans le coeur de chacun. 

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Source : Du Je au Nous, l’intériorité citoyenne : le meilleur de soi au service de tous de Thomas d’Ansembourg (Les éditions de l’Homme). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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