5 recommandations clés pour élever des enfants moraux et dotés d’un sens éthique

5 recommandations clés pour élever des enfants moraux et dotés d’un sens éthique

Alfie Kohn propose une réflexion essentielle dans son livre Aimer nos enfants inconditionnellement :

On pense en général le « cadre » et les « limites » comme des restrictions que les adultes doivent imposer aux enfants. Mais ne devrions-nous pas plutôt avoir pour but que nos enfants s’abstiennent de faire certaines choses, non pas parce que nous les avons interdites, mais tout simplement parce qu’elles sont mauvaises ou injustes ?

En d’autres termes, les limites au comportement des enfants devraient être vécues comme intrinsèquement liées à la situation. Nous voulons qu’ils se posent la question : « Comment va se sentir cet autre enfant si je fais cela ? » plutôt que « Est-ce que j’ai le droit de faire ceci ? » ou pire encore « Est-ce que ça me vaudra des problèmes ? ».

 

Pour Alfie Kohn, les êtres humains naissent bons, avec la capacité de prendre soin de l’autre. Cela ne signifie pas que les enfants vont devenir automatiquement des personnes dotées d’un sens éthique élevé. Il nous conseille d’arrêter de faire des choses qui interfèrent avec la nature humaine, qui empêche la nature morale de se développer (comme les punitions, les menaces, les récompenses). Cette discipline traditionnelle éloigne les enfants de leur sensibilité naturelle aux autres et la remplace par la préoccupation pour leur intérêt personnel.

 

sens éthique et moral enfant

 

Alfie Kohn dresse 5 recommandations clés afin de cultiver le sens éthique et moral des enfants :

1.S’intéresser vraiment aux enfants

La pierre angulaire du développement moral est le lien entre le parent et l’enfant. – Alfie Kohn

Quand leurs besoins affectifs sont comblés (attachement secure, lien sécurisant, respect, interactions chaleureuses, empathie, amour inconditionnel), les enfants n’ont plus besoin de s’en préoccuper (par exemple en développant des stratégies inadaptées de recherche d’attention, en mentant pour se protéger d’une punition…). Ils peuvent alors s’ouvrir aux autres.

Alfie Kohn liste les avantages d’un lien d’attachement sécurisant et inconditionnel :

  • enfants moins sur la défensive et plus enclins à aller vers les autres
  • enfants plus réceptifs aux besoins et aux souffrances des autres
  • enfants plus indépendants
  • enfants plus socialement compétents
  • enfants psychologiquement solides

 

2. Montrer l’exemple de personnes dotées d’une authentique conscience morale

Bien avant de savoir gambader, les enfants s’imprègnent de nos valeurs. C’est par votre exemple qu’ils apprennent comment se comporte un être humain. –  Alfie Kohn

Par exemple, le fait de mentir aux enfants n’enseigne pas l’honnêteté… même si on est d’accord qu’il est plus facile de dire qu’il n’y a plus de bonbons que d’expliquer pourquoi ce n’est pas le moment d’en manger ou d’accueillir les manifestations de frustration.

Nous pouvons enseigner par l’exemple aux enfants que toutes les décisions de nature éthique ne sont pas faciles à prendre car certaines valeurs ou besoins peuvent entrer en concurrence. La conscience morale est rarement une chose simple !

 

3. Laisser les enfants s’entraîner

Si importante que soit l’observation, on apprend aussi beaucoup en pratiquant. C’est pourquoi il est essentiel d’offrir aux enfants de nombreuses occasions d’aider. –  Alfie Kohn

Veiller sur un enfant plus jeune ou s’occuper d’un animal sont des expériences grandeur nature de ce que signifie être responsable.

Donner l’occasion aux enfants d’exprimer leurs émotions et leurs besoins dans des situations de désaccord, de pratiquer la résolution de problèmes gagnant-gagnant sont des manières de leur apprendre à se soucier les uns des autres, à prendre en compte les besoins et les points de vue des autres.

Malheureusement, la compétition détruit la générosité dans une plus large mesure que la coopération ne la renforce.

 

4. Parler avec les enfants

Les enfants n’ont pas de bonne raison de continuer à faire ce qu’il faut s’ils ne l’ont pas intégré dans leur manière d’appréhender le monde. Si nous voulons qu’ils deviennent des personnes à moralité saine, par opposition à des personnes qui se contentent de faire ce qu’on leur demande, alors il faut leur donner la chance de construire par eux-mêmes des concepts tels que l’équité ou le courage. – Alfie Kohn

Le développement moral le plus impressionnant a lieu chez les enfants dont les parents engagent le dialogue avec eux en leur demandant de préciser leur opinion, en posant des questions éclairantes, en reformulant et en vérifiant qu’ils avaient compris.


Les enfants qu’on laisse pendre part activement à toutes sortes de décisions montrent un niveau de raisonnement moral plus élévé.

Alfie Kohn rappelle qu’il n’est pas suffisant de dire aux enfants ce qui est bien ou mal, mais que nous devons les aider à se demander pourquoi c’est mal et à réfléchir aux effets sur autrui.

Il conseille d’encourager même les plus petits de dire ce qui ne va pas, ce qui les gêne, ce qu’ils ressentent avec leurs propres mots, même lorsqu’ils ne disposent pas encore des bons mots. La meilleure façon pour nous consiste à les accompagner pour qu’ils voient qu’aider – ou ne pas blesser – les autres ne se justifie ni par les bénéfices qu’on en retire (récompenses, félicitations) ni par les inconvénients qu’on évite (punitions).

La vraie raison, ce sont les effets (positifs ou négatifs) de ces actions sur les autres.

Afie Kohn parle de discipline « inductive« , où les enfants sont invités à réfléchir sur les effets de leurs actions sur les autres. Par exemple :

Quand tu laisses Marie faire un tour sur ta trottinette, elle est très contente et elle s’amuse beaucoup. 

Oh, regarde le visage de Max. Il a l’air vraiment malheureux, tu ne trouves pas ? Tu te souviens, la semaine dernière quand tu es tombé et que tu as pleuré parce que ça faisait mal ? J’ai bien peur que tu ne l’aies fait se sentir comme ça. A ton avis, qu’est-ce que tu pourrais faire pour qu’il se sente mieux maintenant ?

Ne dites pas merci uniquement parce que c’est la chose polie à faire, ce n’est pas en soi une véritable raison. Dites merci pour l’effet que cela a sur les gens à qui vous le dites.

5.Changer de point de vue

Les personnes capables de penser à la façon dont les autre vivent leur expérience du monde – et qui le mettent en pratique – seront plus capables de sortir de leur propre zone de confort et d’aider les autres en cas de besoin, ou à tout le moins de ne pas leur faire de mal. – Alfie Kohn

Kohn nous rappelle que Kafka a défini la guerre comme « une monstrueuse défaite d’imagination », dans le sens où voir le point de vue d’une autre personne, c’est reconnaître les particularités qui font d’elle un être humain et c’est comprendre que sa vie n’a pas moins de valeur que la mienne. Nous pouvons cultiver cet effort de se décentrer chez les enfants.

 

Alfie Kohn cite plusieurs manières d’apprendre aux enfants à changer de point de vue. L’idée est à la fois de rendre les enfants capables de décoder les expressions faciales d’autrui pour en déduire ses émotions mais aussi de promouvoir l’envie de savoir ce que les autres ressentent.

 

  • l’exemplarité : montrer que répondre par la violence n’est pas nécessaire. Il est plus efficace d’essayer d’entrer dans le monde d’une personne qui nous déplaît, de chercher ses besoins inassouvis, de comprendre ses motivations. La pratique de la Communication Non Violente et de la pleine conscience pourront nous aider sur ce chemin,
  • prendre nous-mêmes le point de vue des enfants dans des situations conflictuelles ou face à des comportements inappropriés : raisonner en termes de besoins, d’émotions et d’attachement, pratiquer la résolution de conflit sans perdant,
  • les questions ouvertes : « cette personne n’a pas l’air de bonne humeur aujourd’hui. Que penses-tu qu’il a pu lui arriver ? Crois-tu que quelqu’un lui a dit quelque chose de méchant ? »,
  • des discussions autour de livres, d’émissions de télé, de films : « on voit tout ça à travers les yeux du docteur mais que penses-tu que la petite fille malade ressent ? »,
  • encourager les changements de points de vue dans les fratries : « dis-moi ce qui vient de se passer mais fais comme si tu étais ton frère et décris moi ce que tu peux imaginer qu’il a vu lui ».

 

 

Comment élever nos enfants pour qu’ils soient heureux ? C’est une question importante, mais en voici une autre : comment élever nos enfants pour qu’ils se préoccupent de savoir si les autres sont heureux ? – Alfie Kohn

Les quelques recommandations présentes dans cet article apportent des éléments de réponse et participent au développement moral des enfants.

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Source : Aimer nos enfants inconditionnellement de Alfie Kohn

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2 réponses

  1. 19 juin 2016

    […] rendre les autres un peu plus heureux (voir cet article :5 recommandations clés pour élever des enfants moraux et dotés d’un sens éthique) […]

  2. 13 octobre 2016

    […] pourrait développer le sens moral des enfants avec des dilemmes éthique ou des questions à portée […]

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