Etudier autrement : la révolution de l’école et de la formation ?

Etudier autrement : la révolution de l’école et de la formation ?

Laurene Castor milite en faveur d’un changement de paradigme dans l’éducation. Elle nous livre dans cette vidéo sa vision de l’éducation de demain : une vision inhabituelle et qui a le mérite de susciter le débat. Le monde de l’éducation est sur le point de vivre une véritable révolution car il est entraîné par une autre révolution : celle de l’emploi.

  • Comment remettre de l’humain dans une société de plus en plus numérique et technologique ?
  • Le travail est-il mort ?
  • Les écoles et universités telles que nous les connaissons aujourd’hui vont-elles disparaître ?
  • Quelles nouvelles compétences développer pour inventer son métier de demain ?
  • A quoi moi, je vais m’employer demain ?

Je vous invite à découvrir la prestation de Laurene Castor :

 

Invente ton métier !

C’est le crédo de Laurene Castor. Elle estime que 2 grandes révolutions vont toucher le monde du travail :

1. Des métiers inédits vont apparaître. La liste est longue et ne cesse de se réinventer.

2. De nombreux métiers vont disparaître. A partir du moment où un programme informatique ou un site Internet ou toute autre technologie est capable ou sera capable de faire un métier, ce métier est condamné à disparaître.

Nous allons bientôt entrer dans une « ère du vide emploi ». Ce n’est pas l’emploi qui disparaît mais le travail fatiguant, rébarbatif, pénible sera le plus touché par cette double révolution.

Si nous estimons que le travail (au sens de travail insatisfaisant mais imposé pour gagner sa vie) est mort, chacun a alors la possibilité de s’épanouir dans le domaine de son choix.

Laurene Castor estime que l’enseignement à la flexibilité face au changement et à la liberté de se réinventer est primordial pour l’éducation du futur. L’éducation telle qu’elle l’envisage doit réveiller et révéler l’individu à ses propres talents et à ses propres passions. On est proche ici du concept de L’Elément de Ken Robinson.

C’est pour mettre en pratique ses idées que Laurene Castor a participé à l’élaboration de la New World University. Cette université qui se veut l’université du monde de demain est pleinement dédiée à l’entrepreneuriat et à la créativité. C’est un modèle d’école ouvert dont l’ambition est de réunir des experts de l’éducation et du numérique, des créatifs et des entrepreneurs pour aider les gens à faire de leur passion un métier viable. Vous pouvez retrouver le site de ce projet éducatif innovant ici.


 

Au visionnage de cette vidéo, j’avoue que j’ai pas mal d’interrogations qui me viennent en tête.

Certains individus seulement seront touchés par cette notion de « travail mort ». Les autres devront quand même travailler au sens de travail pénible et insatisfaisant. Il faudra bien des personnes pour superviser les machines, des personnes d’astreinte les week-ends et jours fériés par exemple.

Y-a-t-il forcément adéquation entre tous les talents du monde et nos besoins en tant que société, qu’Humanité ? Est-ce qu’il y aurait une espèce de régulation naturelle qui ferait que les talents des uns et des autres se combinent parfaitement pour satisfaire les besoins de tous au final ?

Comment éviter l’écueil de la course à l’intelligence, à la créativité ? Comment faire en sorte que la compétition économique et la course à la productivité d’aujourd’hui ne deviennent pas une compétition des talents ?

Si on part du principe que développer de nouvelles compétences pour demain, ça s’apprend, ça s’enseigne, comment faire en sorte que ce soit le système public qui prenne en charge ce changement de paradigme ?

 

Cette vision me semble idéaliste… et pourtant, je suis une preuve vivante de ce que Laurene Castor avance. J’ai créé mon métier actuel (ou plutôt mes métiers), je suis multi casquettes et tout ce que j’ai pu toucher au cours de mon parcours professionnel passé m’a servi pour construire ce qui me fait vivre aujourd’hui. J’ai une formation polyvalente de base et j’ai ensuite appris « sur le tas », je me suis auto formée (par le biais de livres, de vidéos) et j’ai appris au gré des rencontres, des échanges. Je continue d’ailleurs d’apprendre tous les jours et je suis sûre que mon activité l’an prochain ne ressemblera déjà plus tout à fait à ce que je fais aujourd’hui.

Et vous, que pensez-vous de cette vidéo ? Que vous inspire-t-elle ? Et si c’était la fin de l’école et de la formation telle qu’on la connait aujourd’hui ?

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10 réponses

  1. Johanna dit :

    Bonjour Caroline,

    Merci pour cet article et cette vidéo. Je dois reconnaître que je me pose les mêmes questions que toi. Le chômage des jeunes touche beaucoup de jeunes en recherche d’un emploi dans le secteur tertiaire. Les insatisfaits créent leurs entreprises et leurs emplois, en France ou ailleurs. Mais qu’en est il de tout ces métiers en manque de mains d’oeuvre, parfois difficile, tel que le bâtiment par exemple ?
    Loin de moi l’idée de dire que notre capacité à créer des métiers que l’on aime est une mauvaise chose, bien au contraire, mais comment l’allier avec les besoins d’une société entière ?

    Quand à la question du système éducatif : j’ai bien l’impression que la création des métiers se fait souvent par un mouvement de réaction au système éducatif et au fonctionnement plus classiques des entreprises. Peut-être que la fonction de l’école est-elle de créer de l’opposition ?

    Malheureusement je viens sans trop de réponses. Merci d’avoir partagé dans cet article car, moi aussi, je me pose ces questions 🙂

  2. MALAUSSENA Catherine dit :

    Bonjour Caroline, merci pour votre article qui met en lumière beaucoup d’interrogations autour de la problématique des apprentissages et du futur de l’éducation. Je suis Laurène Castor depuis un certain temps déjà, et pour avoir parcouru son blog Edutopies dans lequel elle raconte son propre parcours scolaire, je comprends à quel point son désir d’interroger le futur de l’éducation est important. En ce qui me concerne, pour avoir passé de nombreuses années dans l’Education Nationale, je me suis décidée à quitter cette institution tellement ses valeurs ne sont plus en accord avec ce que je crois. Il est évident que l’on peut s’interroger sur la notion de « travail » au sens esclavagiste du terme à une époque où la valeur première est l’accumulation de richesses. Mais ne peut-on envisager une société changeant de paradigme et mettant l’humanité au coeur de son système ? Le discours de Ken Robinson prendrait alors tout son sens… et The New World University également… Vous-mêmes y contribuez par votre engagement et les valeurs que vous incarnez 🙂

  3. Thierry Curty dit :

    « Certains individus seulement seront touchés par cette notion de « travail mort ». Les autres devront quand même travailler au sens de travail pénible et insatisfaisant. Il faudra bien des personnes pour superviser les machines, des personnes d’astreinte les week-ends et jours fériés par exemple. »

    Ben non… déjà, il ne s’agit pas là de travail astreignant, c’est un travail hautement qualifié à forte rémunération. Ensuite, les robots n’auront besoin de personne pour travailler et encore moins pour les superviser. Il suffira de leur demander ce qu’on veut et elles se débrouilleront pour nous l’apporter. Les machines seront capables de créativité, d’invention.

    L’homme lui sera alors dévolu aux tâches pour lesquelles la nature l’a spécifiquement doté et contribuera d’une autre manière au fonctionnement de la société, ce qu’il ne fait pas aujourd’hui puisqu’il est au travail.

    Quand à l’école, la notion elle-même d’apprentissage ne peut que disparaître. Je ne vois pas bien comment on pourrait parvenir à insérer une notion d’apprentissage dans le monde numérique de demain. A la moitié du siècle, l’école aura disparu et dès les trois-quarts du siècle, il ne sera plus nécessaire d’apprendre pour savoir.

    • Caroline dit :

      Je suis d’accord avec vous : l’école est amenée à disparaître 🙂
      L’avenir nous dira quand et à quoi ressemblera ce qu’on appelle aujourd’hui éducation !

      • Thierry Curty dit :

        Merci. 🙂

        Une foultitude d’arguments pour l’évolution du parcours éducatif : http://www.scoop.it/t/la-transition-societale-ineluctable?tag=%C3%A9cole

        • Caroline dit :

          Merci pour ce partage curatif 🙂
          Nous avons beaucoup de références communes (Ken Robinson, Céline Alvarez, Bernard Collot, Jean Pierre Lepri…).

          Je ne sais pas si vous connaissez l’Ecole Dynamique de Paris mais elle pourrait vous intéresser. Je fais partie d’un groupe de projet pour monter une école type Sudbury (dont l’Ecole Dynamique s’inspire ) à Saint Etienne. Il y a plein d’autres projets d’écoles démocratiques en France d’ailleurs à découvrir ici :).

          • Thierry Curty dit :

            Alors là, Caroline, chapeau.

            Vous savez, mon truc, ce n’est pas l’éducation, qui ne me concerne pas directement. Mon truc à moi, c’est la transition sociétale, l’évolution de la société à l’aune de la disparition du travail : http://transition-societale.thierrycurty.fr

            Et, forcément, la transition sociétale ce n’est pas juste verser un revenu de base ou rendre l’économie collective. Ca implique une foultitude de choses, le développement d’une interactivité globalisée, qui touche l’éducation qui est le pilier de cette transition puisque ce sont ceux qui sont à l’école aujourd’hui qui en bénéficieront.

            Quand je vois vos deux liens, je dois dire que j’ignorais que l’espoir d’une évolution subsistait. Ca signifie qu’en réalité il n’y a rien à changer dans l’école, le changement existe déjà, ce qu’il faut, c’est se débarrasser de l’école obsolète, la nouvelle prendra naturellement sa place.

            Je l’ignorais et c’est fantastique. Je veux dire que je savais qu’il y avait des collèges expérimentaux, des pédagogies alternatives pour bobos friqués alternatifs, mais j’ignorais ces avancées dont vous m’avez servi les liens que vous pourrez très bientôt retrouver sur mon Scoopit à l’adresse que je vous avais transmise. 😉

            Une nouvelle positive, ça fait plaisir, de temps en temps.

          • Caroline dit :

            La création de ces écoles est en ligne avec la transition sociétale je trouve. Repenser de fond en comble la notion d’école : les écoles Sudbury ne cherchent pas à « éduquer » ni à valider des diplômes mais simplement à permettre de vivre et d’apprendre. L’école Dynamique voudrait même pouvoir accueillir des étudiants de tout âge dans sa communauté.
            Par ailleurs, notre projet à Saint Etienne consiste à permettre aux parents de s’investir dans la création de l’école via une conversion temps consacré au fonctionnement de l’école/ argent. Cela permettrait de réduire les frais de scolarité pour une école accessible à tous…

  4. Thierry Curty dit :

    Chère Caroline, j’ai pougné les sites de l’Eudec et l’école dynamique. J’ignorais qu’il fût possible d’avoir ce genre de choses en France (je suis suisse, malheureusement). Il est certain que si j’avais eu la chance d’aller dans ce genre d’école au lieu de me faire chier comme un rat mort durant les 9 plus épouvantables années de ma vie, plutôt que de me contenter de mon statut d’illettré pathologique, j’aurais certainement cherché à étudier tout un tas de trucs.

    Quoi qu’il en soit… ça ne va pas assez loin je pense, les principes de base sont bien là, mais manifestement obsolescents et nécessitant une remise à plat pour le passage à la révolution numérique. Parce qu’en l’état, il ne s’agit finalement que de démocratie et l’interactivité se limite plus ou moins à ça, ce qui implique la nécessité d’un encadrement et d’un accompagnement. Alors que l’encadrement et l’accompagnement pourraient être fournis par les apprenants eux-mêmes dans une interactivité suffisamment poussée.

    Exemple : il n’est pas nécessaire de proposer un choix d’activités aux enfants, il n’est pas nécessaire qu’ils aient besoin de choisir d’apprendre à lire. Si tous les âges sont en interactivité digitale, donc entre établissements, entre pays, il se crée des groupes autogérés et si les petits veulent accéder au contenu, ils sont obligés de savoir lire. Chaque savoir qui intéresse un jeune le contraint à en acquérir d’autres pour y accéder.

    Je suis convaincu que l’éducation par la sérendipité est encore bien supérieur et que votre modèle futuriste en 1970, mais obsolescent aujourd’hui, n’y fait pas suffisamment appel. Il faut aller plus loin, exploiter Internet, créer un environnement dédié, par un logiciel, fortement stigmergique et qui interconnectera tout ce petit monde, de manière ouverte de sorte que les victimes de l’instruction publique puissent également s’y connecter et découvrir le monde et avoir de bonnes notes, même en faisant l’école buissonnière et ne glandant rien en classe, montrant à tous la réalité de l’intelligence d’un jeune lorsqu’on ne l’enferme pas dans une boîte.

    MAIS, si j’avais eu cette chance, je peux vous dire que je m’en serais contenté. Je pense qu’il me resterait même des bons souvenirs de cette période.

  1. 14 décembre 2015

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