4 idées pour éviter les disputes autour des repas avec les enfants

4 idées pour éviter les disputes autour des repas avec les enfants

éviter les disputes autour des repas avec les enfants

Joanna Faber et Julie King sont les autrices du livre Parler pour que les petits écoutent. Elle y abordent notamment la question de repas et de la nourriture avec les enfants. Elles écrivent que tous les parents ont deux grands objectifs quand il s’agit de nourriture : 1) fournir une alimentation aussi saine que possible aux enfants et 2) aider les enfants à construire une attitude saine envers les aliments afin qu’ils puissent se connecter à leur propre corps (manger quand ils ont faim et arrêter de manger quand ils sont à satiété, être ouvert à essayer de nouvelles choses, aimer manger des aliments bons pour la santé).

A cet effet, elles proposent plusieurs pistes pour éviter les disputes autour des repas et pour construire des habitudes alimentaires saines.

1.Laisser les enfants se servir seuls

Faber et King propose de servir une assiette vide aux enfants et de les autoriser à se servir seuls la quantité de nourriture dont ils ont envie. En effet, comment savoir à l’avance et à la place de l’enfant la quantité de nourriture dont il a besoin ? Les enfants n’ont pas le choix du repas mais ils peuvent avoir le choix de remplir leur propre assiette. Les enfants pourront prendre la quantité dont ils ont besoin, choisir de mélanger les légumes et la viande ou plutôt de les séparer, de mettre de la sauce ou pas, de parsemer du fromage sur le dessus ou pas… Pour les jeunes enfants, il suffit de leur demander ce qu’ils veulent et comment ils le veulent puis de les servir (comme on le ferait avec des invités adultes).

Cette manière de faire a plusieurs avantages :

  • nourrir le besoin d’autonomie des enfants,
  • si l’enfant ne se sert pas assez, il peut se resservir,
  • si l’enfant se sert trop, l’assiette peut être mise au frigo pour être resservie le repas suivant (sans que ce soit une punition, juste une manière de reconnaître que la quantité était trop importante pour un repas… comme quand un plat familial n’est pas fini en un repas mais est resservi le lendemain).

Et si vous êtres vraiment des parents bienveillants  (euh laxistes), vous pouvez même laisser les enfants manger avec les doigts !

2.Pas de chantage au dessert

Utiliser un dessert, ou toute autre récompense, en tant que monnaie d’échange, ne permet pas aux enfants d’apprendre à savourer des aliments sains. – Faber et King

Faber et King mentionnent une étude qui a été faite pour voir l’effet des récompenses sur les attitudes des enfants à l’égard de l’alimentation. Les chercheurs ont donné la possibilité d’essayer une nourriture inconnue, le kéfir, à deux groupes d’enfants d’âge préscolaire. Dans le premier groupe, ils ont offert une récompense aux enfants pour essayer le kéfir. La plupart ont accepté avec enthousiasme. Dans le second groupe, les chercheurs n’ont fait aucune promesse de récompense. Ils ont simplement demandé aux enfants s’ils voulaient tester une nouvelle boisson intéressante venue du Moyen-Orient. Beaucoup d’enfants ont accepté, d’autres ont refusé (et ceux qui l’ont goûtée ne l’ont pas tous aimée). Quelques semaines plus tard, les chercheurs sont revenus. Ils ont à nouveau proposé du kéfir aux enfants. Dans le premier groupe, les enfants ont demandé : « Qu’est-ce qu’on aura en échange si on en boit ? ». Les chercheurs ont répondu qu’ils n’auront rien. Aucun enfant du premier groupe n’a voulu boire du kéfir « pour rien », qu’ils l’aient aimé ou non. Dans le deuxième groupe en revanche, les enfants qui avaient aimé le kéfir étaient enthousiastes à l’idée d’en boire à nouveau.

J’ai d’ailleurs plusieurs observations personnelles à ce sujet. A la maison, je n’ai jamais pratiqué le chantage au dessert avec ma fille et il arrive régulièrement qu’elle ne prenne pas de dessert parce qu’elle n’a plus faim (cela a d’ailleurs étonné un ami qui est venu manger à la maison récemment qu’elle soit capable de s’auto réguler à ce point). En parallèle, l’une de ses meilleures amies qui vient manger de temps en temps à la maison a l’habitude d’être forcée de goûter des choses pour avoir un dessert à la fin du repas et même un carré de chocolat si elle a vraiment mangé de tout. La première fois qu’elle est venue à la maison, elle s’est levée de table à la fin du repas, s’est dirigée vers le placard et a demandé où était le chocolat parce qu’elle avait goûté de tout… Manque de chance pour elle, nous n’avons que des palets de chocolat noir en vrac à la maison ! D’ailleurs, la plupart du temps, il n’y a pas d’autres desserts à la maison que des fruits frais (sauf des pâtisseries le dimanche midi et des glaces en été bien sûr 🙂 ). Passer à un mode de vie zéro déchet nous a permis de beaucoup simplifier nos repas.

Le témoignage d’une maman dans le livre va aussi en ce sens : une mère qui avait l’habitude de faire du chantage au dessert avec son fils a lâché prise et, alors que du poisson était au menu et que son fils ne voulait pas en manger, elle lui a dit : « pas de problème, tu pourras prendre un dessert.à la fin du repas ». A la moitié du repas, son fils a voulu goûter le poisson…

3.Laisser les enfants faire confiance à leur estomac et leurs goûts

Le fait de poser des questions aux enfants et de les laisser maîtres de leur sensation de satiété et de leurs goûts personnels provoque moins d’oppositions et de jeux de pouvoir autour de la nourriture :

  • Peut-être que tes goûts ont changé : est-ce que tu as envie de goûter les épinards aujourd’hui ?
  • Voici quelque chose que tu pourrais aimer, selon moi, si tu l’essayais. Je t’en sers une cuillère ?
  • Tu voudras peut-être essayé quand tu seras prêt.e.
  • Qu’est-ce que te dit ton estomac ?
  • Est-ce que tu as encore faim ou c’est de la gourmandise ? Demande à ton estomac.

Il se peut qu’un enfant accepte de goûter pour voir si ses goûts ont changé et qu’il recrache. L’idée est alors de reconnaître ses efforts et ce qui est (« hum, apparemment, tes goûts n’ont pas encore changé ! »).

Cela me rappelle une anecdote de cette semaine. Ma fille n’aime pas les oignons. J’achète souvent un mélange de lentilles corail/ tomates séchées/ oignons/ coco que je me fais pour moi-même. Cette semaine, il m’en restait un peu à la fin du repas et ma fille avait encore faim, alors elle a voulu en goûter (sans se rappeler qu’il y avait des oignons dedans). Après avoir fini son assiette, elle m’a dit : « En fait, je crois que j’aime les oignons maintenant mais coupés en petits morceaux et mélangés avec d’autres aliments ».

4.Reconnaître leurs émotions et leurs goûts

Accueillir les sentiments des enfants évite de faire de la nourriture un champ de bataille, sans pour autant changer ce qu’il y au repas ni forcer les enfants à manger.

D’habitude, tu aimes bien le poulet mais tu n’en as pas envie ce soir. 

Tu ne veux pas manger ces raisins parce qu’ils sont un peu brunis sur le dessus. Moi non plus, j’aimais pas du tout ça quand j’étais enfant. 

Ah, je vois. Avant, vous aimiez les pâtes en formes de spirales et maintenant, vous aimez mieux les coquillettes. les coquillettes peuvent être remplies avec de la sauce mais pas les vieilles spirales toutes nulles.

En complément de cette connexion empathique aux sentiments de l’enfant, il est possible :

  • d’ajouter des suggestions et des solutions

Est-ce que vous viendrez avec moi la prochaine fois faire les courses et m’aider à choisir différentes formes de pâtes à essayer ?/  Vous pouvez dessiner les pâtes que vous préférez sur la liste de courses...

  • de s’exprimer dans un langage personnel et authentique

Je suis trop fatigué.e pour faire cuire d’autres pâtes et je ne veux pas gaspiller la nourriture. 

 

Pour conclure, laissons la parole à une maman qui a témoigné dans le livre :

Et qu’est-ce que cela pouvait bien faire qu’il soit un peu affamé à l’école ce matin-là ? Je me rendais tellement folle à penser que je devais le faire manger ! Ça le rendait fou lui aussi. Le lendemain, je lui ai sorti quelques petites choses [à manger] et je suis allée remplir le lave-vaisselle. Il a mangé une banane. Un bien meilleur résultat.

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Source : Parler pour que les tout-petits écoutent de Joanna Faber et Julie King (Les éditions du Phare)

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