Faire écrire les enfants : 6 questions clés pour construire une histoire

Faire écrire les enfants : 6 questions clés pour construire une histoire

Dans son livre Faire écrire les enfants, Faly Stachak propose aux enfants de toujours commencer par se poser ces 6 questions pour poser les éléments d’une histoire cohérente et intéressante. Ces 6 questions peuvent guider les enfants en production d’écrits à partir de 8 ans.

QUI ? 

Qui est le héros ou l’héroïne de l’histoire ?  A quoi ressemble-t-il/elle (physique, personnalité, habits, métier ou fonction, lieu de vie, qualités et défauts…) ?

Qui est l’adversaire du personnage principal ? A quoi ressemble-t-il (physique, personnalité, habits, métier ou fonction, lieu de vie…) ?

Quels sont les autres personnages (amis, famille, adultes, enfants, animaux de compagnie…) ? Le personnage principal va-t-il faire de nouvelles rencontres ? Y-a-t-il des personnages qui vont aider ou sauver le héros ou l’héroïne ? Qui sont-ils (animaux, humains, personnages imaginaires…) ?

QUAND ?

Quand a lieu cette histoire ? Est-ce dans le présent, dans le passé, dans le futur ?

A quel moment le héros va-t-il rencontrer des problèmes ?

A quel moment pourra-t-on dire que le problème est résolu ?

Où ?

Où l’action de départ se situe-t-elle ? Quelle description peut-on faire de ce lieu (la localisation, les couleurs, les odeurs, le paysage, les constructions, les éléments naturels…) ?

Où l’aventure va-t-elle emmener  le héros ou l’héroïne ?

Dans combien de lieux différents ?

Comment les personnages s’y rendent-ils ?

Où va-t-elle se terminer ?

QUOI ? (qu’est-ce qu’on y fait ? pour quoi faire ?)

Quelle est la situation de départ du héros ou de l’héroïne ?

Quel problème le héros ou l’héroïne va-t-il rencontrer ? Qui ou quoi est à l’origine de ce problème ?

Que veut-il/elle obtenir ? Quel est le but de la quête (un objet, une idée à défendre, un personne ou plusieurs personnes à délivrer…) ?

Dans quel but le héros ou l’héroïne va-t-il/elle se mettre en route ? Pour quoi faire ? Pour devenir qui ?

Est-ce une question de vie ou de mort ?

Quel effet, quelles conséquences cela a-t-il sur la vie du héros ?

POURQUOI ?

Quelles sont les causes du problème à résoudre ?

Quelles sont les raisons du conflit avec l’adversaire ?

Pourquoi est-ce que ce problème est difficile à résoudre ?

COMMENT ?

Comment le ou les adversaire(s) empêche(ent)-ils le héros ou l’héroïne d’atteindre son but ?

Que fait le héros ou l’héroïne pour surmonter les obstacles ?

Quelles actions seront mises en place ? Le personnage principal a-t-il besoin d’aide ? Devra-t-il se déplacer ? Devra-t-il se déguiser/ se cacher/ se battre/ ruser… ? Quel est l’enchaînement des actions s’il y en plusieurs ?

Quels sont les résultats de chacune des actions ? En cas d’échec, quelles autres solutions sont trouvées ?

Qu’est-ce qui a permis au héros ou à l’héroïne de ne pas craquer dans les moments difficiles ?

Que rapporte-t-il/elle de son aventure (récompense, objet…) ? Qu’y gagne-t-il (une renommée, de nouveaux amis, une leçon de sagesse, une meilleure situation financière…) ?

Quelle est la situation de fin ? Qu’est-ce qui a changé par-rapport à la situation de départ ?

Les avantages de prendre l’habitude de se poser ces questions avant d’écrire une histoire

Ces questions permettent de faire avancer une histoire et de remplir les trois parties de manière efficace pour le lecteur :


  • le début (présentation du personnage principal dans son monde habituel; mise en place du lieu, du temps et du décor; puis apparition du problème et préparation aux aventures),
  • le milieu, là où se joue le suspense (les difficultés se présentent; le courage et la détermination sont convoqués; la tension grimpe et il faut faire preuve de créativité; des personnages ressources apparaissent; les obstacles finissent pas être surmontés),
  • la fin, heureuse en général (le héros ou l’héroïne terrasse l’adversaire puis quitte le monde des aventures; il/elle rentre chez lui/elle avec l’objet de l’aventure; il/elle est changé.e et les anciennes connaissances le remercient, l’admirent et/ou écoutent le récit de cette expérience; un nouvel ordre est établi).

Selon l’âge des enfants, on pourra se contenter de 3 ou 4 questions. Les plus importantes me semblent : qui ? quand ? où ? quoi ? car elles posent le décor et les personnages. Les questions pourquoi ? et comment ? demandent plus de réflexion et de développement, ce qui posent plus de difficultés aux enfants avant 9/10 ans.

Pouvoir répondre à ce type de questions demande déjà de maîtriser une bonne expression orale : difficile de produire des histoires à l’écrit quand il est déjà difficile de produire un discours structuré à l’oral. Par ailleurs, les enfants et les adolescents ont besoin d’une bibliothèque mentale assez importante aussi bien en termes de vocabulaire que de modèles inspirants de lieux, de personnages, d’époques pour venir nourrir leur histoire.

En ce sens, deux préalables me semblent indispensables :

  • la lecture offerte par les adultes aux enfants de manière régulière en apportant un soin particulier au choix de livres « vivants » et riches (voir la notion de living book telle que proposée par Charlotte Mason),
  • la possibilité laissée aux enfants de raconter leurs propres histoires et leurs propres contes, notamment à travers l’approche de l’oralité telle que proposée par Suzy Platiel et l’importance de la narration là aussi recommandée par Charlotte Mason.

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Source : Faire écrire les enfants : 300 propositions pour écrire des histoires de Faly Stachak  (éditions Eyrolles). Disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet.

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