Faire face aux crises des enfants autrement : raisonner en termes de besoins et d’attachement

Faire face aux crises de rage des enfants en raisonnant en termes de besoins et d’attachement

Le message d’une lectrice du blog m’a interpellée suite à mon article sur l’accompagnement de la colère des enfants. Cette lectrice me raconte que la moindre contrariété que sa fille de 7 ans rencontre dégénère en colère. Or le câlin est impossible car elle refuse tout contact physique… et cela m’a beaucoup rappelé ma fille passé un temps.

Je me suis alors rendue compte que mon article initial avait besoin d’être complété. Je vous propose ici d’autres pistes pour faire face aux crises de rage des enfants en raisonnant en termes de besoins et dattachement.

citation isabelle filliozat

1. Crise de rage et stress

Quand un enfant fait une « crise », il est sous stress et dans ce cas, réfléchir n’est plus possible car le siège de l’intelligence est submergée par les émotions. Il convient alors de « calmer les circuits cérébraux » de l’enfant. Isabelle Filliozat propose de :

  • sourire à l’enfant en crise,
  • lui dire des mots apaisants et empathiques (« c’est énervant, frustrant quand… »/ « je t’aime »),
  • lui tendre une bouteille d’eau à boire,
  • lui proposer de jouer,
  • l’emmener faire une balade si possible dans la nature/ verdure,
  • mettre de la musique douce,
  • provoquer un contact physique (caresse sur les cheveux, massage..),
  • respirer en pleine conscience avec lui,
  • faire de grands mouvements amples,
  • caresser un animal à fourrure ou une peluche douce.

Voir mon article sur le stress des enfants pour d’autres manière de l’apaiser ici.

 

2. Recharger l’enfant en amour

Des manifestations d’amour

Pour se calmer, l’enfant a besoin de recevoir des manifestations d’attachement. Isabelle Filliozat compare les parents à des « stations essence » : quand l’enfant a besoin de se recharger en amour, les parents sont sa base de ralliement.

l'amour est un carburant citation isabelle filliozat

 

Afin d’aider votre enfant à se recharger en amour pour affronter toutes les contrariétés de la vie, vous pouvez remplir son réservoir « en prévention » :

  • des moments et sorties privilégiés avec lui sans jugement ni énervement (« j’aime jouer/ être avec toi », « j’aime quand on passe du temps ensemble », « ça me fait plaisir d’avoir passé ce moment avec toi », « on a bien rigolé, j’ai passé un bon après midi avec toi »),
  • des temps de jeux à la maison avec cet enfant exclusivement,
  • des câlins et massages (voici quelques idées de massage ici),
  • des mots et gestes d’amour (mots dits à l’oral et écrits sur des petites notes laissées ici et là, des signaux non verbaux comme des clins d’oeil, des bisous soufflés, des cœurs dessinés sur un doigt…),
  • des sourires et des éclats de rires,
  • des jeux de chahut (voir ici).

Un jeu pour recharger les enfants en amour

J’aime beaucoup cette idée du livre « Qui veut jouer avec moi ? ». Installez votre enfant sur vos genoux et annoncez lui que vous allez le remplir d’amour de papa et/ou de maman. Commencez par tapoter les orteils, remontez tout le long du corps et finissez par un bisou sur le sommet de la tête. Vous pourrez même ajouter « l’œuf d’amour. » Faites semblant de casser un oeuf sur la tête de votre enfant puis suivez le mouvement de l’oeuf qui coule avec vos doigts.

Je vous invite à consulter cet autre article pour 17 manières de remplir le réservoir d’amour des enfants.

L’impact de la jalousie et des rivalités dans les fratries

Peut-être que votre enfant a aussi besoin d’être rassurée par rapport à ses frères et sœurs s’il y a des problèmes de jalousie dans la fratrie. Je vous propose de lire cet article pour éviter les rivalités entre les enfants d’une même famille.

 

3. Aider l’enfant à résoudre ses problèmes

Enfin, les crises de rage sont peut-être le symptôme d’un besoin que l’enfant n’arrive pas à exprimer avec des mots.

Filliozat explique que l’enfant a tendance à décharger sa fureur sur la personne en qui il a le plus confiance (« sa figure d’attachement »). Une fois que vous l’avez calmé en remplissant son réservoir, vous pouvez essayer d’explorer avec lui ce qui ne va pas.

Cela peut passer par :

  • l’écoute active

Tu as l’air de souffrir de quelque chose en ce moment/ je vois bien que ça ne va pas.

Tu as envie d’en parler ?/ veux-tu m’en dire un peu plus ?

Tu peux venir m’en parler quand tu te sentiras prêt(e).

  • des questions ouvertes qui éviteront le pourquoi

Qu’est-ce qui se passe ?

Qu’est-ce que tu ressens ? Qu’est-ce que tu as ressenti ?

Qu’est-ce que tu te dis ? Qu’est-ce que tu t’es dit ?

De quoi as-tu besoin ?

Quoiqu’il en soi, un enfant qui refuse le contact est un enfant qui attend qu’on rétablisse le lien :-).

4. Montrer l’exemple par son propre comportement (plutôt que chercher à calmer l’enfant à tout prix)

gérer crise enfantLes enfants ont tendance à reproduire nos comportements, plutôt qu’écouter nos paroles. Un enfant dont les parents ont tendance à vite perdre patience, à râler ou à s’emporter facilement n’aura que ce modèle en tête.

Pour ma part, depuis que je fais des efforts pour me maîtriser, je communique moins de stress à ma fille et elle n’est pas tentée de reproduire des scène de colère puisqu’elle n’y est -presque- plus confrontée (neurones miroir quand tu nous tiens…). Je vous propose de consulter cet article pour vous aider en ce sens : 25 techniques pour conserver son calme ou le retrouver. Cela ne signifie pas que nous ne devons jamais être frustré ou contrarié devant nos enfants mais que nous pouvons leur montrer comment réagir en cas de contrariété et de frustration.

 

Je suis aussi devenue une pro de l’anticipation. Quand je sais que nous sortons, que nous recevons des amis ou qu’une situation est potentiellement génératrice de frustration, j’anticipe au maximum les réactions de ma fille et lui propose alors des choix. Je repense notamment au bouton de l’ascenseur : la dernière fois que nous avions invité une copine à la maison, il y a eu une grosse crise car cette copine a eu le malheur d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur à la place de ma fille… la fois suivante, je leur ai demandé de se mettre d’accord sur le chemin de la maison afin de savoir qui appuierait sur les boutons (appel et étage). J’ai fait appel à leurs capacités de résolution de problème sans intervenir moi-même :

« Nous avons eu un problème la dernière fois avec les boutons de l’ascenseur. Comment faire pour que ça ne se reproduise pas et que chacune de vous deux soit contente ? ». 

Il se trouve qu’elles se sont mises d’accord : l’une a appuyé sur les 2 boutons à l’aller et l’autre au retour (mais elles auraient aussi pu décider que la copine de ma fille appuierait toujours car ma fille le fait tous les jours avec moi, ou bien décider que l’une appuierait sur le bouton pour l’appeler et l’autre sur celui de l’étage).

5. Chercher des explications aux modifications d’humeur du côté de l’alimentation ? 

Isabelle Filliozat indique que les boissons types soda ou les gâteaux industriels qui contiennent beaucoup de sucre sont de forts excitants. Le lait et le gluten seraient également impliqués dans l’agressivité.

Le fait de limiter les aliments contenant du sucre, du lait et du gluten pourrait peut-être contribuer à limiter l’agitation des enfants. A tester quelques jours pour voir les effets sur le comportements de l’enfant.

il me cherche filliozat

 

Une amie me racontait également qu’elle vermifuge sa fille régulièrement en prévention. Pour aller plus loin sur ce sujet : Vers intestinaux chez l’enfant, symptômes et traitement.

 

……………………………………………………

Je vous recommande la lecture de « Il me cherche, comprendre ce qui se passe dans son cerveau entre 6 et 11 ans » d’Isabelle Filliozat pour approfondir ces quelques éléments.

 

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7 réponses

  1. MONGET dit :

    Super article tout les conseils sont vraiment adaptés

  2. Lyrah dit :

    Bonjour,
    Je suis contente de lire ce dernier paragraphe car chez nous je crois que le gluten joue un rôle important dans le déclanchement des crises chez ma fille de 2 ans et demi. Elle ne digère déjà pas bien les produits laitiers (sauf le beurre), et nous avions remarqué qu’elle faisait des crises de rage après avoir mangé des aliments contenant du gluten. Nous avions donc totalement arrêté de lui en donner, tout allait bien.
    Mais j’avais un peu l’impression de la priver « sans raison » de certains aliments, même si elle ne s’en plaignait pas. Et puis du mal à expliquer ça aux gens et à la famille tellement ça parait fou qu’une tranche de pain puisse transformer ma fille en gremlin. Puis une fois elle a fait une crise de rage qui ressemblait beaucoup à ses « crises au gluten », sauf qu’elle n’avait mangé que du fromage (bon, vraiment beaucoup de fromage). Je me suis demandé si c’était la caséine qui pouvait avoir cet effet, puis je me suis dit « bon, peut-être que je psychote totalement, que la nourriture n’a rien à voir là dedans, c’est peut-être juste normal de faire ce genre de crises de temps en temps ».

    Alors ses derniers temps je me suis relâchée. Elle mangeait un petit biscuit par ci, une gaufre par là, un peu de pain un autre jour… Et nous avons passé quelques semaines abominables. Des crises tout le temps à la moindre contrariété, on a essayé de « remplir le réservoir d’amour », lui laisser un maximum d’autonomie, etc… Rien à faire : des heures pour l’endormir le soir, des heures pour se préparer le matin, des cris dans les oreilles toute la journée… Alors que d’habitude, même si elle a un caractère bien trempé on arrive (presque) toujours à se calmer, à s’amuser et à régler les problèmes en douceur.

    Donc on a repris le sans gluten, et miracle, le jour d’après plus de crises, une petite fille qui s’amuse et qui prend de nouveau plaisir à coopérer. Bon bien sûr elle est parfois en colère, mais elle se calme facilement, ça ne dégénère pas en crises de stress ingérables pendant laquelle je suis obligée de me boucher les oreilles pour ne avoir les tympans explosés.
    J’ai encore du mal à croire qu’elle puisse réagir aussi fort à certains aliments, et que ça ait des répercussions aussi marquées sur son humeur. Si d’autres parents ont remarqué ce genre d’effets sur leurs enfants, je serais interessée par leurs témoignages.
    Merci pour ces articles en tout cas, c’est très inspirant.

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