Le film Alphabet : parce qu’on doit le bonheur aux enfants (bande annonce à regarder)

Le film Alphabet : parce qu’on doit le bonheur aux enfants

De la France à la Chine, de l’Allemagne aux Etats-Unis, le film Alphabet remet en cause un système éducatif totalement axé sur la compétition et les résultats quantitatifs au détriment des capacités imaginatives. Alphabet prend à témoin des experts en éducation tels que Sir Ken Robinson, un responsable de PISA et Arno Stern, mais prend aussi en compte la vision des enfants, comme celle de Yakamoz Karakurt.

Quelques intervenants :

  • Ken Robinson ( expert international en pédagogie et en enseignement)

Si nous créons les conditions favorables dans nos écoles, si nous évaluons nos élèves à leur juste valeur, alors, ils pourront progresser.

98% des enfants naissent avec un haut potentiel. Après la scolarisation, ils ne sont plus que 2%. 

  • Yang Dongping (enseignant en pédagogie à l’Institut de Technologie de Beijing)

Partir en tête sur la ligne de départ ne garantit pas le succès à l’arrivée.

  • Gerald Hüther (neurobiologiste allemand)

Il est impossible d’obliger quelqu’un à se former. On peut que l’inviter à le faire.

  • Arno Stern (pédagogue reconnu par l’UNESCO, créateur des ateliers du jeu de peindre)

On dit que les enfants devraient prendre la vie au sérieux. En réalité, c’est le jeu qu’on devrait prendre au sérieux.

  • Yakamoz Karakurt (élève à Hambourg, a publié sur le site Zeit online une lettre ouverte portant le titre: «Ma tête explose!»)

Que s’imaginent donc ces gens qui décident de nos rythmes scolaires ?

  • Thomas Sattleberger (ex DRH de Deutsche Telekom)

Réduire la vie à l’économie est l’une des pires évolutions de notre époque.

  • Pablo Pineda Ferrer (professeur et comédien, premier Européen souffrant du syndrome de Down à avoir obtenu un diplôme universitaire)

Pour moi, il y a deux grands principes: celui de la peur et celui de l’amour. Si nous avons vécu jusqu’à présent sous le principe de la peur, il est grand temps de s’en libérer.

Synopsis du film Alphabet

Notre système économique et social est de plus en plus remis en question par une évolution marquée par les crises et aucune réponse ne semble avoir été trouvée jusqu’à présent. Les puissants de l’économie et de la politique ont pour partie été formés dans les meilleures écoles et universités. Leur perplexité est nettement tangible et un actionnisme de courte haleine a pris la place de perspectives à long terme.
Avec une clarté effrayante, nous constatons à présent à quel point dès l’enfance, notre pensée a été confinée dans des frontières étroites.

Quelque soit l’école que nous ayons fréquenté, nous nous mouvons dans des schémas de pensée qui remontent à l’époque de l’industrialisation balbutiante, lorsqu’il était encore question de former les hommes à fonctionner comme de petits rouages dans une société de production basée sur la répartition des tâches. Les contenus d’enseignement ont depuis beaucoup changé et l’école n’est plus un lieu d’une mise au pas autoritaire. Mais, plus que jamais, l’obsession de standards normés règne sur l’enseignement.

Car depuis peu, un vent rude souffle dans les écoles. « La performance » comme fétiche de la société du rendement est devenue, dans le monde entier, la mesure sans pitié de toutes les choses. Mais l’alignement univoque sur des ambitions d’enseignement purement technocratiques et sur la reproduction sans fautes de contenus de connaissance isolés fait précisément périr toute créativité ludique, qui nous aiderait, et ce, sans peur face à l’échec, dans la recherche de nouvelles solutions.

Erwin Wagenhofer comprend le thème de l »éducation » de façon bien plus vaste et radicale qu’il n’est traité d’habitude. Presque tous les débats au sujet de l’enseignement se limitent à un cadre marqué par l’esprit de concurrence et à propager un type d’école, dans lequel les élèves amèneraient uniquement les meilleurs résultats. Wagenhofer part à contre-courant et investit les schémas de pensée qui se cachent derrière ces débats. Ce que nous apprenons, définit notre réserve de savoir, mais comment nous apprenons, définit notre pensée.


Après WE FEED THE WORLD et LETS MAKE MONEY, ALPHABET est le troisième et dernier volet d’une trilogie, qui reprend une nouvelle fois les thèmes des deux films précédents et les rassemblent comme dans un miroir ardent.
ALPHABET est jusqu’à présent le film le plus radical d’Erwin Wagenhofer.

 

bonheur enfants

Le mot du réalisateur Erwin Wagenhofer

Après deux films sur l’alimentation (We feed the World) et sur l’argent (Let’s make Money), je me suis demandé d’où venaient des dérapages et des excès aussi énormes.

  • Pourquoi des cultures et des sociétés qui se considèrent comme hautement évoluées sombrent-elles dans des crises aussi graves?
  • Pourquoi ne sommes-nous pas heureux bien qu’en apparence, nous ayons tout pour l’être?
  • Pourquoi vivons-nous dans une angoisse existentielle permanente alors que nos économies ont créé une richesse incroyable?
  • Pourquoi ne parvenons-nous pas à répartir cette richesse de façon équitable?
  • Pourquoi préférons-nous une société enfermée dans ses peurs à une société ouverte et libre?
  • Pourquoi vivons-nous dans une société qui centre tout sur l’argent et non sur le travail?

À travers ce film, j’ai voulu tenter de trouver une réponse à toutes ces questions. Les experts, les penseurs, les scientifiques et les profanes seront d’accord avec moi: cette réponse, c’est la manière dont nous avons été préparés à vivre cette vie. La manière dont nous avons été élevés, socialisés et finalement, éduqués. En d’autres termes, tout repose sur l’alphabet qui nous a été inculqué et avec lequel nous nous sommes engagés dans le monde.

L’idée à l’origine de ce film n’était donc pas de comparer entre eux des systèmes d’éducation ni de les évaluer. En m’appuyant sur une situation qui n’est plus satisfaisante, j’ai souhaité inviter le spectateur à entreprendre un voyage, à bouger, à sauter lui-même le premier pas. La vie, c’est le mouvement. En même temps, il est essentiel que nous assumions les conséquences de nos actions. Nous devons balayer devant notre porte. Car une chose est claire, notre modèle occidental d’une société soi-disant moderne, progressiste est en panne. Pourtant, il continue à être vendu comme la seule option possible. Il n’est ni très honorable ni très responsable de prétendre que nous détenons la seule solution alors qu’elle est périmée depuis longtemps. L’histoire nous enseigne que l’on ne crée rien de neuf en rafistolant l’ancien.

——————————————————————————————————————————-

Le film sort en salle le 14/09/2015. Il est possible de le commander en ligne sur le site officiel du film http://www.alphabet-film.be/fr/(à 14,95 €). Dans le cadre des Journées pour des Educations Heureuses, le collectif Colibri Education de la Loire soutient la projection de ce film à St Etienne (en novembre 2015).

 film alphabet

Vous aimerez aussi...

5 réponses

  1. Valérie dit :

    A recommander chaudement; le livre est aussi très bien, – je pense qu’il sortira aussi en français –
    j’ai appris beaucoup mais spontanément ce qui m’est resté c’est le démontage des études PISA; et les témoignages en Chine. Très très triste

  2. Carine dit :

    Bonsoir, le DVD ne peut être acheté que si on habite en Belgique! Dommage…

  3. sophie dit :

    Vu et approuvé, je le conseille 🙂

  1. 5 janvier 2016

    […] > Le film Alphabet : parce qu’on doit le bonheur aux enfants (bande annonce à regarder) […]

  2. 9 janvier 2016

    […] Source : apprendre à éduquer  […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *