Gérer la jalousie dans les fratries : les paroles et les attitudes qui font la différence et évitent les disputes

Gérer la jalousie dans les fratries : les paroles et les attitudes qui font la différence et évitent les disputes

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Certains parents sont tellement irrités par la rivalité fraternelle  qu’ils en punissent tous les signes dès qu’ils se manifestent. D’autres parents font de véritables acrobaties pour éviter de créer de la jalousie. Ils essaient de convaincre leurs enfants qu’ils sont tous aimés également et qu’ils n’ont donc aucune raison d’être jaloux. Tout est mesuré et distribué de façon égale et équitable entre tous : cadeaux, compliments, vacances, faveurs, vêtements, nourriture…

Pourtant, aucune de ces approches ne réussit à soulager l’envie. Aucune punition équitable, aucun compliment équitable ne peut étancher un désir d’amour exclusif. – Haïm Ginott

 

Haïm Ginott propose deux clés pour dépasser la jalousie entre frères et soeurs :

  1. L’écoute émotionnelle empathique
  2. Aimer de façon unique, pas uniforme

L’écoute émotionnelle empathique

Les enfants peuvent apprendre à exprimer leur jalousie et leur colère en paroles et en gestes symboliques plutôt qu’en violence (physique ou orale) ou en symptôme (renfermement, cauchemars, problèmes de peau ou de respiration…).

Les parents ne peuvent jamais permettre à un enfant, quel que soit son âge, de taper ou insulter son frère ou sa soeur. Toutes les attaques (d’où qu’elles viennent et quelle que forme qu’elles prennent) doivent être fermement condamnées et stoppées.

Ton frère/ ta soeur n’est pas fait pour qu’on lui fasse mal. Mais tu peux dessiner son image et la déchirer en morceaux si tu en as envie. / Voici une peluche, tu peux la tirer par les pieds autant que tu veux.

Il n’y a qu’une personne comme toi et ça fait de toi quelqu’un de très spécial. Chaque fois que tu te sens triste ou en colère, viens me voir et je te donnerai plein d’amour. 

 

Préparer l’arrivée d’un bébé

Par une description détaillée des sentiments ambivalents des enfants à l’arrivée d’un frère ou d’une soeur, les parents indiquent qu’ils comprennent cette ambivalence (la joie d’avoir un frère ou une soeur et en même temps la peur ou la jalousie). Cette approche immunise les enfants contre la culpabilité  et favorise l’intimité et la communication.

Haïm Ginott propose un exemple de discours à tenir aux enfants en prévision de l’arrivée d’un bébé dans la famille :

Des fois, il va être amusant; d’autres fois, il va te déranger. Des fois, il va pleurer et être agaçant pour chacun de nous. Tu te sentiras parfois laissé.e de côté. Tu pourras te sentir jaloux.se. Quand tu te sentiras comme ça, viens m’en parler et je te donnerai des câlins. Tu sauras que je t’aime. 

 

Quand les plus jeunes sont jaloux des ainés

Un enfant peut envier les droits des aînés. Ce n’est pas en répétant qu’il est plus petit ou qu’il est normal que les plus âgés aient plus de droits que les parents seront utiles sur le plan émotionnel. C’est plutôt en comprenant et reflétant ses émotions :

Tu aimerais te coucher plus tard. 

Tu voudrais tellement être plus agé.e.

Tu souhaiterais ne plus avoir 6 ans, mais 9 ans pour faire comme ton frère. 

 

Quand les ainés sont jaloux des plus jeunes

Pour protéger la sécurité physique des plus jeunes, on n’a pas besoin d’attaquer la sécurité émotionnelle des plus âgés.

Tu n’aimes pas le bébé. 

Tu es fâché.e contre lui.


Tu préférerais être le/la seul.e enfant dans cette famille.

Tu es fâché.e/ triste quand je m’occupe du bébé. Tu voudrais que je sois avec toi. 

Pour rediriger les comportement agressifs, on peut donner à l’enfant jaloux une poupée ou des crayons en disant :

Montre-moi combien tu es fâché.e. Je veux voir ça. Tu es en train de me montrer à quel point tu es en colère et triste en même temps. Maintenant, je sais à quel point tu es touché. 

>>>Pour aller plus loin : 2 jeux pour donner de l’attention à un enfant qui se sent à l’écart

 

Aimer de façon unique, pas uniforme

La vie d’une mère devient insupportable si elle est incapable de donner à l’un de ses enfants une pomme plus grosse ou un câlin mieux senti parce qu’elle a peur d’en contrarier un autre. – Haïm Ginott

Haïm Ginott affirme que nous n’aimons pas tous nos enfants de la même manière et que nous n’avons pas besoin de prétendre le contraire. C’est individuellement que nous aimons chacun de nos enfants.

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Ginott propose de :

  • transmettre à chaque enfant ce qu’il y a d’unique chez lui (« tu es le seul à… », « j’admire cela chez toi… », « j’aime quand tu… »),
  • passer des moments de temps exclusif sans se préoccuper des autres membres de la fratrie (ne pas parler d’eux, ne pas comparer, ne pas acheter de cadeaux pour eux…).

 

Faber et Mazlish reprennent ces principes dans leur livre Frères et soeurs sans rivalité :

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Extrait de Jalousies et rivalités entre frères et soeurs – Comment venir à bout des conflits entre vos enfants de Faber et Mazlish

 

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Source : Entre Parent et Enfant de Haïm Ginott (éditions L’Atelier des Parents).

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