En quoi notre façon de penser les êtres humains et l’école malmène-t-elle ce que nous sommes profondément ?

Réflexion sur le comportement humain et les finalités du système éducatif par Albert Jacquard

Je vous propose de visionner cette vidéo d’Albert Jacquard :

 

En quoi notre façon de penser les êtres humains malmène-t-elle ce que nous sommes profondément ?

Pour Albert Jacquard, ce qui nous construit en tant qu’êtres humains, c’est le rapport qu’on a avec les autres.

Or notre société véhicule une vision fausse qui nous fait croire que nous devons l’emporter sur les autres. Beaucoup de gens ont été convaincus que vivre, c’est lutter contre les autres.

« Il faut que je l’emporte sur l’autre »

« Il faut que je sois le premier »

« Il faut que je sois compétitif »

Mais cette lutte est perdue d’avance car elle est à l’opposé de la rencontre de l’autre. On serait en train de construire une humanité de la compétition.

Albert Jacquard va même jusqu’à affirmer qu’oser dire à un enfant « j’espère que tu seras le premier » est un crime puisque la notion de palmarès n’a aucun sens.

citation albert jacquard

Quelle pourrait-être la finalité du système éducatif ?

Albert Jacquard rêve d’une école qui permette à chaque enfant une rencontre sincère et saine de l’autre. L’art de la rencontre consiste à écouter les autres, à transmettre ce que l’on est, à comprendre ce que l’autre est.

La concurrence, la comparaison, les classements et les palmarès amènent les enfants à se mettre en mouvement avec pour objectif de l’emporter sur l’autre. On pourrait pourtant construire une société sans compétition à outrance en recréant du lien :

  • abandonner le désir de l’emporter sur l’autre
  • remplacer la notion de hiérarchie par celles de coopération et d’entre-aide
  • reconnaître la différence, la complémentarité et l’interdépendance : il y a des choses que je sais faire, il y a des choses que tu sais faire

 

Il ne s’agit plus de l’emporter, il s’agit d’être; il s’agit de ne plus confondre existence et performance.

 

En ce sens, Albert Jacquard fait écho aux écrits de Maria Montessori. Cette dernière considère les examens comme des « attentats à la vie psychique des nouvelles générations » et qu’ils font « abstraction de la personnalité des élèves ».

Dans les écoles Montessori, les examens sont rendus inutiles ou, plutôt, les enfants passent des examens continuellement. Pour les élèves d’écoles Montessori, passer un examen solennel est comme aller causer dans un salon avec des adultes de la haute société : ils ne comprennent rien à la solennité de la mise en scène !

il suffit d'observer les enfants pour savoir ce qu'ils sont en train d'apprendre Maria Montessori


 

Se comparer à soi-même plutôt qu’aux autres (« aujourd’hui, je réussis mieux qu’hier »), proposer son aide et encourager les autres (« même si c’est difficile pour toi, n’abandonne pas ») seront propices à l’acquisition de l’autonomie et de la responsabilité grâce à une dynamique d’entraide et de collaboration.

 

Une école de ce type, une utopie ?


Parce-qu’une école de ce type n’est pas une utopie, je vous invite à lire le livre Quand l’école s’adapte aux enfants, dans-lequel une éducatrice Montessori raconte ses trente années d’enseignement dans une école Montessori.

A travers 20 histoires vraies d’enfants à besoins spécifiques, elle prouve qu’il est possible de mettre en place un environnement scolaire dans un juste équilibre entre autonomie et responsabilité.

« L’enfant a un pouvoir que nous n’avons pas : celui de bâtir l’homme lui-même » écrivait Maria Montessori.

Repenser l’enseignement en ce sens, y inclure les enfants dans toute leur diversité, sont les défis à relever pour construire les fondations d’une société où violence et concurrence céderont le pas au respect de l’autre, à l’acceptation de la différence et à la solidarité.

A lire : Quand l’école s’adapte aux enfants : entraide et excellence à l’école Montessori de Donna Bryant-Goertz

 

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1 réponse

  1. Abderrazak ferhati dit :

    Une vision pertinente, pleine de sagesse qui devrait être un exemple dans nôtre réalité, plutôt elle exprime le comble de la réalité est ce qu’elle devrait être

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