J’en ai marre de crier : 5 astuces pour une autorité saine

J’ai lu le livre J’en ai marre de crier du Dr Gisèle George. Bien que je l’ai parfois trouvé inégal (notamment un passage dans lequel elle parle de petites tapes et quelques confusions entre les mots « sanctions » et « punitions »), cet ouvrage reste intéressant pour ses outils concrets à la fin de chaque chapitre.

 

Quelle est la démarche du livre J’en ai marre de crier

Le Dr George affirme que l’autorité n’est pas un gros mot et qu’un comportement s’apprend comme il se désapprend. Il n’y a donc pas de fatalité concernant le devenir de nos enfants.

l'imprevu c'est la quintessence d'un enfant

Elle conseille par ailleurs d’oublier le fantasme du parent parfait et de l’éducation sans souci. Elle compare les parents à des moniteurs d’auto-école qui amènent leurs élèves « à s’autonomiser afin de savoir un jour conduire seuls sur les routes sinueuses de la vie ».

Le livre J’en ai marre de crier aborde les thèmes suivants pour mieux les expliquer, en démonter l’inefficacité et proposer des alternatives éducatives :

  • Je me sens coupable quand je sévis
  • Je me justifie tout le temps devant mes enfants
  • Je hurle puis je cède
  • J’ai beaucoup de mal avec la punition

C’est là où je suis mal à l’aise avec le mot « punition ». Selon moi, elle parle plutôt de sanction. Je vous invite à lire la différence dans cet article : quelle est la différence entre sanction et punition ? comment améliorer l’adhésion des enfants aux règles de la vie collective ?

  • Je n’arrive pas à parler, je ne sais que crier
  • Il faut que ça file droit !
  • Si mes enfants n’arrêtent pas de se disputer, je démissionne
  • Mon mari/ ma femme est partisan(ne) de la méthode forte 
  • Je suis seul(e) pour faire autorité
  • Avec leur beau-père (belle-mère), c’est l’enfer !
  • Ma fille/ mon fils a le pouvoir
  • Je fais tout, ils ne font rien !
  • Les devoirs, c’est l’enfer !

Si vous vous reconnaissez dans une de ces affirmations, cela vaut peut-être le coup de jeter un coup d’oeil à cet ouvrage :-).

5 astuces pour une autorité saine


1. Le code de la bonne conduite

Comme le code de la route, établissez un code de bonne conduite à la maison.

Sur des cartes ou fiches cartonnées (type fiches Bristol), dessinez ou collez des images représentant des attitudes positives (un enfant qui se brosse les dents avant de se coucher, un enfant qui regarde à droite et à gauche avant de traverser) et négatives (un enfant qui ne met pas ses brassards avant d’aller se baigner, un enfant qui en tape un autre).  Vous pourrez trouver quelques illustrations ici.

Créez en parallèle trois cartes : la carte « feu rouge« , la carte « feu vert » et la carte « sens interdit« .

feux tricolores pour une autorité saine

Vous pourrez alors jouer avec vos enfants. A chaque image que vous leur présentez, ils devront brandir la carte correspondante :

  • carte « feu rouge » pour les mauvais comportements ou attitudes inadaptées,
  • carte « feu vert » pour les bon comportements ou attitudes adaptées,
  • carte « sens interdit » pour les attitudes qui mettent la vie de l’enfant en danger.

 2. Un endroit pour se calmer, mais pas le « coin »

Aménagez un endroit tranquille chez vous pour installer votre enfant lorsqu’il se met en colère ou qu’il dépasse vos limites. Il vaut mieux trouver un endroit neutre (pas sa chambre ni la salle de jeux, mais plutôt un coin dans le salon ou dans un couloir idéalement, plutôt éloigné d’objets de valeurs et d’ustensiles dangereux).

Ce coin sera aménagé avec une chaise et une table sur laquelle vous disposerez des feuilles et des crayons pour que l’enfant puisse exprimer sa colère en dessinant et pas en criant. Votre enfant poura faire autant de dessins que nécessaires pour évacuer sa rage. Dans le coin de retour au calme, il a même le droit de trouer sa feuille. Gisèle George écrit que


« l’expression artistique est l’un des meilleurs moyens pour évacuer toute pensée négative et surtout pour atteindre la paix intérieure. »

le coin de la colère pour une autorité saine

Dans cet endroit, vous pourrez même donner l’autorisation à votre enfant de froisser son/ses dessin(s) en boule et de les jeter par terre pour évacuer ses émotions hors de lui (… attention, on a dit les feuilles de papier, pas les crayons ni les feutres encore moins la chaise).


 3. Rituel et hasard (idéal pour les parents qui travaillent)

Quel que soit son âge, votre enfant a besoin de passer du temps privilégié avec vous pour se recharger en dose d’amour, de bien-être et d’ocytocine (hormone chère à Isabelle Filliozat:-) ).

jouer en famille pour une autorité saine

Pour savoir vous rendre disponible à vos enfants aussi bien physiquement que mentalement, vous pouvez mettre en place un rituel peu coûteux en temps et en énergie mais tellement ressourçant pour toute la famille chaque soir.

Mettez dans une première corbeille des papiers sur lesquelles vous aurez noté des idées de jeux et activités à faire en famille (comme jouer à un jeu de société, lire une histoire, regarder un dessin animé…). Ces activités pourront être choisies par les enfants mais vous devez vous engager à les faire avec eux.

Dans une deuxième corbeille, vous placerez des papiers avec des durées variables inscrites dessus (10 minutes, 20 minutes, 30 minutes, 1 heure maximum…).

Chaque soir en rentrant du travail, vous-même (et/ou votre conjoint-e) piocherez un papier dans la corbeille des durées. Pendant ce temps, votre enfant piochera un papier dans la corbeille des activités.

Votre papier correspond au temps dont vous disposez pour vous reposer sans être dérangé(e) par les enfants.

Le papier choisi par les enfants correspond à l’activité que vous ferez tous ensemble au cours de la soirée.


 4. La « boite à mots » individuelle (en cas de disputes et jalousies familiales)

Demandez à chacun de vos enfants de fabriquer (avec votre aide ou non) une « boîte à mots ». Cette boîte à mots sera le symbole de l’amour que vous portez à vos enfants.

Une fois par semaine, sans forcément prévenir vos enfants et en variant les jours d’une semaine à l’autre, glissez un mot personnalisé à l’intérieur de chaque boîte. Le message pourra concerner un comportement que vous avez apprécié (« j’ai apprécié que tu m’aies aidé à préparer les lasagnes ») ou encore un moment de tendresse (« j’ai aimé hier soir quand tu es venu me faire un câlin »). Utilisez des messages-Je positifs d’encouragement : voici 30 idées de formulations :-).

la boîte à mots

La boîte à mots de ma fille et quelques exemples de messages.

Veillez à ce que les enfants ne reçoivent pas leurs messages le même jour pour éviter les comparaisons entre frères et sœurs et relancer les jalousies.

Vous pourrez même confectionner votre propre « boite à mots » pour donner la possibilité à vos enfants de vous faire passer des messages ou des dessins.


 5. L’album de la réussite

Tous les enfants vivent des réussites dans un domaine ou un autre (école, sport, activité artistique, jeux vidéo, cuisine…). Essayez au maximum d’immortaliser les réussites de votre enfant en photo. Vous pourrez coller ces photos dans un album de réussite en rappelant la date et ce que vous avez ressenti à ce moment là en tant que parent.

encouragements filliozat

Votre enfant sera alors heureux que vous donniez de l’importance à sa victoire.

Et quand il sera triste, déçu, découragé, démotivé par un échec ou une erreur, ce sera le moment de ressortir l’album des réussites pour lui rappeler toutes les prouesses qu’il est capable de réaliser.

J’ai mis en place une idée similaire pour ma fille : je lui ai confectionné un album de vie (plutôt qu’un album de naissance). J’en parle ici.


J’espère que ces quelques idées pourront vous aider au quotidien. Vous pourrez en retrouver plein d’autres dans le livre J’en ai marre de crier du Dr Gisèle George.

3 réponses

  1. Karine dit :

    J’avoue être dépassée ces derniers temps. Avec trois enfants âgés de 13 à 7 ans dont deux en difficultés scolaires car Dys, je n’ai pas le temps chaque soir de nous octroyer un moment complice. Les devoirs de mon aîné se terminant souvent vers 21h30… C’est ce qui me pèse le plus. Je ne compte plus les fois où je crie alors que les instants tendresse deviennent beaucoup trop rares à mon goût…

    • Caroline dit :

      Bonsoir

      j’ose à peine imaginer vos soirées : je suis attristée de savoir que certains enseignants n’adaptent pas leurs demandes aux difficultés de leurs élèves. Peut-être pouvez-vous demander à élaborer des aménagements pour votre enfant dys (voir avec le psychologue scolaire et/ou le médecin scolaire) ?

  2. Lila dit :

    Merci pour cet article plein d’idées à piocher.
    @ Karine: Ah cette pression liée à l’école, je la connais que trop bien: les devoirs qui se terminent tard, les paroles dévalorisantes de certains enseignants peu psychologues et le timing à respecter scrupuleusement (même si la couche du petit dernier déborde au moment du départ).
    J’ai choisi désormais l’école à la maison. Zéro devoirs et plus de souplesse pour travailler à notre rythme. C’est un soulagement pour mon fils et pour moi.

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