Un jeu sur la colère : si ton émotion était un monstre, à quoi ressemblerait-il ?

Un petit jeu pour exprimer les émotions fortes et désagréables (peur, colère) et les laisser partir

Quand les enfants sont fatigués, qu’ils ont faim, qu’ils sont stressés, sur stimulés, leurs émotions les envahissent et ils sont comme « hors d’eux ». C’est ce que Daniel Siegel explique avec l’image du cerveau dans la main.

la colère cerveau dans la main cortex et front cérébral

Lorsque nous sommes en colère, nous sommes comme déconnectés de notre cortex préfrontal, la partie du cerveau qui permet de prendre des décisions logiques. Nous sommes alors physiologiquement incapables d’accéder aux fonctions supérieures de notre cerveau et sommes en prises directes avec notre stress. Le cortex pré-frontal ne joue plus son rôle de modérateur des émotions.

Cela est d’autant plus vrai chez les enfants que le cortex pré frontal commence à maturer à partir de 5 ans et que le développement du cerveau et des connexions neuronales s’achève à 25 ans.  Les enfants et adolescents sont donc beaucoup plus sujets à des réactions de fuite, d’attaque ou d’immobilisme que les adultes !

Le fait de donner forme et corps à une émotion forte sollicite justement le cerveau supérieur.

Il suffit de nommer une émotion pour sentir décroître peur et colère. – D.Siegel et T. Payne Bryson

Si ton émotion était un monstre, à quoi ressemblerait-il ? 

On pourrait alors proposer aux enfants un petit jeu pour exprimer les émotions fortes et désagréables (peur, colère). Avant de « jouer », on commencera par se connecter émotionnellement et par reconnaître la légitimité de l’émotion.

Tu ressens beaucoup de colère/ de peur. Tu as envie de crier/ tout casser/ pleurer… Si ton émotion était un monstre, à quoi ressemblerait-il ? 

jeu-sur-la-colere-monstre

On pourra encourager l’enfant à donner le plus de détails possible. S’il a du mal à commencer, on pourra l’aider :

  • à quoi ressemble-t-il ?
    • de quelle couleur est-il ?
    • comment sont ses yeux ?
    • comment est sa bouche ? et ses dents ?
    • est-ce qu’il a des piquants hyper pointus ?
    • quelle taille fait-il ?
  • comment s’appelle-t-il ?
    • comment les autres montres l’appellent-ils ?
    • et toi, tu lui as donné un surnom ?
  • est-ce qu’il a des pouvoirs magiques ?
    • quand il est fâché, il peut lancer des flammes avec ses yeux ?
    • quand il est triste, il peut inonder la Terre entière tellement il pleure ?
  •  est-ce qu’il fait du bruit ?
    • il grogne ?
    • il hurle à la mort ?
    • il crie d’un cri tellement perçant qu’il rend sourdes toutes les personnes autour de lui ?
    • il tape sur tout ce qu’il trouve pour faire le plus de bruit possible et embêter les gens ?
    • il tape du pied et provoque un tremblement de terre ?
    • il tire la langue et postillonne ?

L’idée est que les enfants attribuent au monstre tout ce qu’ils ont sur le cœur, ce qu’ils voudraient faire mais ne peuvent pas faire en réalité (casser, taper, crier…).

 

Une fois que l’enfant aura fini de décrire son monstre, on pourra réagir de plusieurs manières selon l’état émotionnel de l’enfant (est-il totalement calme ? a-t-il encore des signes d’agitation ? ressent-t-il encore de la peur ?) :
  • conclure par des mots : « C’est ce que j’appelle un gros montre de colère/ un sacré monstre de peur ! »
  • décrédibiliser le monstre en le transformant afin de lui enlever de l’importance au yeux de l’enfant (et si tu lui fais baisser le son de la voix jusqu’à ne plus l’entendre ? et si tu le rétrécis comme un moucheron ? et si tu lui mets un nez de clown ?)
  • créer un monstre « gentil » (ou un autre personnage du type super héros) qui va faire fuir l’autre. On pourra d’ailleurs donner un nom à ce nouveau personnage et l’appeler à la « rescousse » chaque fois que l’enfant se retrouve dans une situation émotionnellement difficile.

 

Pour aller plus loin : La communication positive parents enfants de Sophie Néel (éditions Josette Lyon)

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