Le rôle essentiel des pères est protecteur et non séparateur.

Le rôle essentiel des pères est protecteur et non séparateur.

Le rôle essentiel des pères est protecteur et non séparateur.

Le père est-il ou doit-il être séparateur ? Si nous regardons dans la nature la plupart des animaux, et si nous nous interrogeons sur la réelle fonction attendue des mâles qui viennent d’avoir des petits, nous voyons que leur rôle essentiel est protecteur et non séparateur. La véritable fonction du nouveau père face à la mère et au petit est de les protéger des dangers et des prédateurs. – Bernadette Lavollay (pédiatre)

Bernadette Lavollay, pédiatre et autrice du livre Les vrais besoins de votre bébé, estime que de plus en plus de maternités favorisent cette place de père protecteur lors de la naissance.

Les pères ont la plupart du temps assisté aux cours de préparation à l’accouchement (du moins en partie) et sont informés, d’une manière ou d’une autre, sur les volontés de la mère qui va accoucher et les meilleures manières de l’accompagner, elle et le nouveau-né.

Quand le bébé arrive, le nouveau père est prêt à l’accueillir, à le regarder, à l’admirer, à partager ce moment unique de la vie où surgit le nouveau-né. Le papa, spontanément, le plus souvent, se met à entourer la maman et le bébé qu’elle porte dans ses bras ou en peau à peau dans un geste qui les contient et les protège tous les deux. Le regard du bébé va alors de sa mère à son père, leur signifiant son besoin fondamental d’attachement.

Les parents qui vivent cette première rencontre dans des conditions d’intimité, de non séparation mère/ enfant et de non intrusion d’actes médicaux intrusifs sur le bébé (quand tout va bien pour le bébé et la mère) témoignent de l’intensité de cet instant qui les « parentalise » selon l’expression de Bernadette Lavollay.

Les maternités pratiquent de plus en plus le peau à peau pour accueillir le nouveau-né dès ses premiers instants de vie. Le plus souvent, le nouveau-né est posé sur le ventre maternel pour des raisons physiologiques évidentes. Mais, quand cela n’est pas possible ou non souhaité par la mère, ce peau à peau est alors proposé au père qui sont alors plongés dans une émotion débordante d’attention, de tendresse et d’attachement. Leur rôle de père protecteur est alors parfaitement assumé, écrit  Bernadette Lavollay.

Quand le bébé est séparé de sa mère à la naissance : le rôle du père renforcé

Lorsque le bébé est prématuré ou présente une pathologie obligeant une séparation d’avec sa mère dès la naissance, le rôle du père est encore renforcé.Le mieux serait évidemment qu’il n’existe pas, ou le moins possible, de séparation entre le bébé prématuré ou malade et sa mère, qu’ils puissent être accueillis ensemble dans le même lieu mais, quand ce n’est pas le cas, le père a tout son rôle à jouer. L’idéal serait même que les maternités accueillent les pères jour et nuit pour qu’ils créent ces liens fondateurs le plus tôt possible.

Quand le peau à peau paternel initial peut être pratiqué, la souffrance de la séparation (nécessitée par un séjour en néonatologie par exemple) est atténuée pour les deux parents.

Au rôle de protecteur s’ajoute aussi celui de médiateur, de créateur du lien avec le monde, reliant l’enfant et sa mère aux autres acteurs de leur vie présente, créant l’unité familiale. Voilà comment révéler les trésors d’une paternité protectrice ! – Bernadette Lavollay

Le rôle de protecteur des pères continue après la naissance

Le père a bel et bien pour rôle essentiel de protéger, d’entourer, de contempler le trio formé par la mère, son bébé et lui-même. Durant les premiers mois suivant la naissance, la mère et le bébé ont un besoin physiologique de proximité intense, en continuité avec la vie fœtale pour le bébé, favorisant la meilleure adaptation possible à la vie aérienne. C’est le « quatrième trimestre de la grossesse ».

Bernadette Lavollay écrit que la mère est habitée corps et âme par ce bébé, d’abord en elle puis physiquement hors d’elle, mais non psychiquement. Le nid du bébé, c’est le corps de la mère, et elle y trouve, elle aussi, son bien-être de mère. Cela demande toutefois confort physique, attention, présence et soutien. C’est une période hors des normes sociales habituelles. Les horaires sont totalement décalés, adaptés à ceux du nouveau-né. Le papa veillera donc à respecter ce rythme et à adapter le sien autant que possible à celui de la mère et de l’enfant (d’où l’importance des congés paternités plus longs et obligatoires).

L’amour du père pour la mère et le bébé va tisser comme un filet de sécurité autour d’eux, favorisant la construction de leur identité respective. Au fil du temps, les mailles de ce filet vont s’élargir pour créer l’espace permettant à chacun de se développer et de s’épanouir librement.

 

Bernadette Lavollay rappelle pour autant que la fonction de protection peut être remplie par une ou plusieurs personnes choisies par la mère. L’évolution sociale vers de nouvelles parentalités ouvre le champ des possibles.

Nous sommes donc très loin du père séparateur. Nous nous sommes éloignés du concept restrictif de « dyade » mère-enfant pour nous approcher de celui de « triade » mère-enfant-père. – Bernadette Lavollay

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Source : Les Vrais besoins de votre bébé de Bernadette Lavollay (éditions Les Arènes)

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