Mon enfant me coupe la parole : comment réagir ?

Mon enfant me coupe la parole : comment réagir ?

Une maman m’a envoyé un message pour me demander comment réagir quand son fils lui coupe la parole ou cherche à attirer son attention alors qu’elle parle avec d’autres personnes.

Je me suis dit que j’allais partager ma réponse sur le blog parce que cela concerne peut-être d’autres lecteurs/ lectrices. Et n’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez d’autres idées qui pourraient donner des pistes complémentaires à cette maman :-).

Un enfant qui coupe la parole a un message à faire passer ou alors n’a pas (encore) appris à attendre son tour.

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De l’attention !

Peut-être qu’un enfant qui coupe systématiquement la parole a un besoin non comblé : une peur d’être mis de côté, de la jalousie envers l’interlocuteur, un besoin d’attention et de câlin, un besoin de passer un message important sans savoir comment l’exprimer avec des mots…

J’aime bien cette citation de Lawrence Cohen dans « Qui veut jouer avec moi ? » :

Cela me sidère d’entendre un adulte se plaindre qu’un enfant « n’a fait ceci ou cela que pour attirer l’attention ». Il me semble naturel qu’un enfant qui en manque fasse des pieds et des mains pour en obtenir. Pourquoi ne pas lui en accorder ?

Une solution dans ce cas peut être simplement de passer plus de temps seul(e) avec l’enfant, de jouer avec lui sans autre distraction, de lui accorder une attention pleine et entière à des moments prévus et dédiés. Isabelle Filliozat recommande de passer au moins 10 minutes par jour « d’exclusivité totale » avec chacun des enfants pour remplir leur réservoir affectif.

 

La préparation en amont

Etablir des règles

Pour instaurer de la coopération à la maison, l’outil principal est la création des règles de vie en famille. Ces règle définiront le cadre du bien-être et de la sécurité de chacun.

Quand un enfant participe à l’élaboration de ses règles et sait qu’elles s’appliqueront à tous les membres de la famille (à moi non plus, on ne me coupera pas la parole quand je parle), il est plus enclin à la respecter.

Ces règles peuvent être établies lors d’un temps d’échange en famille ou lors d’une réunion de résolution des conflits.

Anticiper et prévenir

En amont, on peut aussi prévenir au maximum à l’avance si on a un rendez-vous, des invités ou un coup de téléphone à passer. On dira à l’enfant quand on ne sera pas disponible, pour combien de temps, éventuellement pour quelle raison.

Dans le cas  d’un rendez-vous ou d’un coup de fil avec un temps défini, on peut symboliser le temps avec un minuteur. Ou alors dire à l’enfant qu’on fera un signal sonore quand on sera à nouveau disponible (avec une cloche, avec une chanson…).

Si on anticipe une situation compliquée, on peut même jouer à mimer la scène pour voir comment l’enfant peut réagir et faire des propositions d’alternatives dans le cadre du jeu.

 

Sur le coup

Un environnement adapté

La préparation de l’environnement est chère à Maria Montessori et cela s’applique dans tous les domaines de l’éducation.

Si on anticipe un long moment pendant lequel on ne sera pas disponible ou alors pendant lequel on aura besoin de calme, on peut prévoir de quoi occuper l’enfant (coloriage, jeux de carte, jeux de construction, jeux sensoriels….). De nombreux sites proposent même la création de « busy bags » (ou jeux de poche) avec des petits jeux à créer soi-même et à mettre dans des sacs transportables (type sacs de congélation). L’enfant pourra alors choisir parmi plusieurs activités.

busy bags

Source : http://www.theeducatorsspinonit.com/2013/05/abc-fun-busy-bag.html

 

En voici quelques exemples en français :

Inspiration pour des jeux de poche faits-maison

Dans mes pochettes, il y a…

On peut aussi opter pour la version classique mais efficace du jeu du roi du silence ou alors proposer un défi : « cap ou pas cap de faire la statue pendant que je parle avec X ou Y ? ».

Des signes en communication non verbale

J’avais lu une astuce sur un blog américain : un message non verbal.

Vous pouvez apprendre à votre enfant à poser sa main sur votre avant bras pour vous signifier qu’il a envie de vous parler. Vous posez ensuite votre propre main sur la sienne pour signifier : je t’ai vu; dès que j’ai fini, je t’écoute.

Cette idée en particulier est une manière de communiquer avec des gestes parmi d’autres : on pourrait aussi imaginer un clin d’oeil, un pouce levé, un contact visuel avec un sourire… L’important est simplement de le mettre en place en amont et de se mettre d’accord avec l’enfant sur le geste en question.

Cette vidéo propose une autre manière de mettre en place un signe en communication non verbale :

La communication en message Je

La meilleure façon de faire comprendre avec des mots à l’enfant est de s’exprimer en message je : « j’ai besoin de calme et je n’aime pas être interrompue quand je parle avec d’autres personnes. J’ai entendu que tu as envie de me parler et je serai disponible pour toi dès que j’aurai fini ». Si la discussion dure trop longtemps, vous pouvez peut-être l’autoriser à jouer avec votre bracelet, à vous tenir la main, ou le prendre dans vos bras.

 

L’entraînement

Savoir parler en attendant son tour n’est pas inné, cela s’acquière. Comme pour toutes les acquisitions de l’enfant, cela passe par l’exemple que lui montrent ses parents :-).

Par ailleurs, il est possible d’entraîner l’enfant à s’intégrer dans une discussion en respectant son tour (par exemple à table avec une consigne à respecter : chacun raconte sa journée ou, encore mieux, ses 3 kifs du jour).

On peut aussi imaginer des activités avec un bâton de parole : on a le droit de parler si et seulement si on est en possession du bâton.

Véronique Maciejak nous en parle dans son livre « Il me pousse à bout » :

bâton de parole

Source : Il me pousse à bout de Véronique Maciejak

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Pour aller plus loin dans la compréhension des situations difficiles et dans des solutions concrètes pour rester zen en famille, je vous conseille l’ouvrage de Véronique Maciejak : Il me pousse à bout ! (éditions Eyrolles).

Une compilation de nombreux outils de parentalité positive au service des parents et des enfants.

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