Education : 4 obstacles à la coopération qui alimentent les conflits parents/ enfants

Education : 4 obstacles à la coopération qui alimentent les conflits parents/ enfants

Dans leur livre Parents respectueux, enfants respectueux, Sura Hart et Victoria Kindle Hodson citent quatre obstacles à la coopération. Elles avertissent que leur objectif est de susciter de la prise de conscience de nos habitudes qui entravent les bonnes relations familiales et de la patience nécessaire au cours du processus d’apprentissage pour faire autrement.

1° obstacle : le manque de temps pour entrer en lien avec les autres 

Le temps que nous passons avec nos enfants est souvent du temps « utilitaire », à faire des choses plutôt qu’être ensemble : les préparer pour aller à l’école, les conduire au sport, faire les courses…

Ces temps utilitaires sont trop peu souvent mis à profit pour écouter, parler, jouer, échanger des petits moments oisifs d’émerveillement.

Sura Hart et Victoria Kindle Hodson  nous conseillent donc de trouver plus de temps pour entrer en lien authentique au quotidien (et pas seulement les week-ends ou les vacances) : partager simplement des moments agréables en jouant, en dansant, en dessinant, en faisant des promenades, en parlant d’espoir et de rêves, en riant, en faisant des câlins, en associant des activités de loisirs et du temps pour dialoguer…

Chaque semaine, consacrez du temps à être en famille. – Sura Hart et Victoria Kindle Hodson

2° obstacle : étiquettes, comparaisons et critiques

Etiqueter les gens comme s’ils étaient des objets plutôt que des êtres de vie, de croissance et d’évolution devient tellement habituel qu’on ne le remarque peut-être pas quand on le fait soi-même ou que d’autres le font. – Sura Hart et Victoria Kindle Hodson

Les enfants sont souvent étiquetés (ou catalogués) de faciles quand ils dorment ou ne dérangent personne et de difficiles quand ils sont en colère.

En plus d’être inexactes et blessantes, voire franchement humiliantes et dans tous les cas décourageantes, ces étiquettes peuvent influencer celles et ceux qui les reçoivent à un point tel qu’elles/ils finissent par y correspondre. C’est l’effet Pygmalion.

Par ailleurs, la comparaison nuit à l’estime de soi. Plutôt que de susciter une prise de conscience de l’enfant pour qu’il change son comportement, ces comparaisons provoquent des émotions douloureuses et des pensées négatives : jalousie, désir de revanche, découragement… Tous les êtres humains ont en effet besoin d’être vus, reconnus et aimés tels qu’ils sont de manière inconditionnelle.

Sura Hart et Victoria Kindle Hodson proposent des clés pour s’exprimer honnêtement, sans porter de jugement ou émettre de critiques.

Plutôt que d’étiqueter les enfants (tu es gentil/ méchante/ paresseux/ intelligente/ bête…), nous pouvons :

  • décrire leur comportement avec des observations claires et sans critique et en parlant de nos propres besoins et émotions

 

  • pratiquer le renforcement positif (dire ce qui va bien, remarquer les progressions, relever les points positifs aussi petits soient-ils)

 

  • faire preuve de gratitude quand l’enfant coopère et rend la vie de famille plus agréable

 

  • raisonner en termes de besoin et d’attachement pour décrypter les messages cachés derrière les comportements inappropriés des enfants

 

  • faire des rappels réguliers, brefs et en langage positif des règles sans critique ni ironie (nous avons tendance à trop parler : plus les rappels sont brefs, plus ils sont efficaces et les enfants comprennent mieux les consignes positives qui disent ce qu’il faut faire plutôt que ce qu’il ne faut pas faire)

 

  • organiser des temps d’échange en famille pour parler des règles ensemble et trouver des solutions constructives qui permettent de satisfaire les besoins des parents et des enfants

 

3° obstacle : récompenses et punitions

Les récompenses et les punitions sont une forme de pouvoir sur les enfants plutôt qu’avec les enfants. Récompenses et punitions sont à l’opposé du respect et de la coopération et leur usage entraîne des luttes de pouvoir sans fin.

Jane Nelsen, autrice de La discipline positive, propose un modèle pour résumer les résultats négatifs des punitions à long terme : les « 4R » de la punition.

. La Rancœur

Les enfants punis peuvent estimer que d’une part la punition n’est pas juste et d’autre part ils ne peuvent pas faire confiance aux parents.

. La Revanche

Les enfants punis auront envie de gagner à la prochaine confrontation pour rééquilibre le jeu de pouvoir.

. La Rébellion

La plupart des enfants punis refusent la soumission. Ils ont alors à cœur de prouver aux adultes que ces derniers ne peuvent pas les obliger à faire ce qu’ils veulent.

. Le Retrait

Le retrait peut s’exprimer sous deux formes :

  • l’élaboration de stratégies du « pas vu, pas pris »
  • la baisse de l’estime de soi : « Je ne vaux rien, je suis méchant, je suis nul, je mérite de souffrir voire de mourir ».

Accompagner les enfants sans passer par des récompenses ou des punitions ne signifie pas pour autant autoriser n’importe quel comportement ou renoncer à nos besoins.


Le respect dans les interactions signifie que les besoins de chacun sont considérés comme importants et pris en compte afin que le plus grand nombre possible d’entre eux soient satisfaits. – Sura Hart et Victoria Kindle Hodson

Sura Hart et Victoria Kindle Hodson, formatrices en Communication Non Violente, reconnaissent qu’il est parfois indispensable d’avoir recours à l’usage protecteur de la force. Elles opposent cet usage de la force à visée protectrice à l’usage punitif de la force. Par exemple, si un enfant commence à déchirer un livre, il est possible de le tenir jusqu’à ce qu’il se calme suffisamment pour pouvoir parler avec lui. La force est utilisée pour protéger un objet ou une personne, pas pour punir un petit « malfaiteur ».

Une approche bientraitante consisterait par exemple à donner de l’empathie à l’enfant (« tu es super en colère, tu es presque en rage, et j’ai l’impression que tu as besoin de te défouler. Si tu es d’accord, je peux t’aider à le faire sans te faire mal, faire mal à quelqu’un d’autre et sans abîmer un objet. »). Quand on raisonne en termes de besoin et d’attachement, les enfants sont plus enclins à coopérer et à explorer d’autres stratégies pour faire face à leurs problèmes.

Les enfants qui agissent par compréhension de la nécessité des règles et du respect de soi, des autres et des objets ne le font pas par peur de la punition : ils développent donc une auto discipline et des valeurs éthiques.

Sura Hart et Victoria Kindle Hodson nous proposent deux questions « de secours » pour nous aiguiller dans les situations difficiles :

  • qu’est-ce que je veux que mon enfant fasse ?
  • qu’est-ce que je veux que mon enfant ait comme motivation pour faire ce que je lui demande : la culpabilité, la honte, la peur d’être puni, l’espoir d’être récompensé ou, à l’opposé, la volonté de participer et de contribuer à son propre bien-être et à celui des autres ?

Pour aller plus loin :

27 alternatives sur les punitions

Comment remplacer les récompenses : 8 alternatives aux récompenses

 

4° obstacle : nos habitudes de pensée et de communication

Sura Hart et Victoria Kindle Hodson font la différence entre la communication qui alimente le conflit et la communication qui désamorce le conflit et facilite la coopération.

Dans les habitudes qui aliment le conflit, Sura Hart et Victoria Kindle Hodson  listent plusieurs éléments :

  • la conjonction mais : les enfants savent exactement ce qui va suivre derrière un mais… une sorte de leçon de morale ! Et c’est souvent la seule partie du message qu’ils vont retenir, même si le début du message était positif (exemple : Je comprends bien ce que tu dis mais…)
  • le verbe devoir : les notions liées au devoir masquent le message « Je sais mieux que toi ce dont tu as besoin, ce que tu ressens, ce que tu devrais ressentir: sans vérifier avec toi ce que tu penses ou ressens, je vais te dire quoi faire et pas la peine de discuter, ce qui doit être fait, c’est comme ça et ça a toujours été comme ça ».

Le processus d’écoute active et la Communication Non Violente sont deux alternatives à nos habitudes de communication habituelles. Elles ne sont pas des baguettes magiques pour se faire obéir mais, dans le cas d’une impasse, elles peuvent participer à restaurer le lien et favoriser un climat de compréhension mutuelle et de coopération.

Pour aller plus loin :

L’écoute active : une règle d’or de la communication parent/enfant

Le processus de la Communication Non Violente (CNV) dans les conflits : pourquoi ? comment ?

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Source : Parents respectueux, enfants respectueux de Sura Hart et Victoria Kindle Hodson (éditions Poche Marabout).

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