Être parent d’adolescent avec la parentalité respectueuse (Isabelle Filliozat)

Être parent d’adolescent avec la parentalité respectueuse (Isabelle Filliozat)

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Dans l’émission Dans le cerveau d’un ado de RCF, Isabelle Filliozat explique qu’être parent d’adolescent est une sacrée aventure. Une émission à écouter en podcast + résumé à lire ci-dessous :

Guérir notre propre histoire et pacifier les tensions à l’intérieur de nous

Travailler nos blessures émotionnelles

L’adolescence est une période de transition autant pour les parents que pour les adolescents. En effet, un ado est un jeune qui va partir… et qui s’y prépare !

L’adolescence de nos enfants peut être l’occasion de travailler notre propre adolescence. Il est important d’avoir conscience des blessures que nous avons subies et de leur donner du sens afin d’avoir des relations familiales plus apaisées.

Les parents d’ados sont renvoyés à leur propre adolescence et revoient, consciemment ou non, leur propre adolescence. La manière dont les parents ont été traités eux-mêmes par leurs parents à l’adolescence va teinter leurs relations avec leur ado aujourd’hui. Or si nous n’avons pas reçu à l’adolescence tout ce dont nous avions besoin, nous pouvons aujourd’hui en tant qu’adultes nous les donner à nous-mêmes.

Isabelle Filliozat propose plusieurs pistes pour guérir notre propre histoire :

  • Nous écrire à nous-même une lettre à l’ado que nous avons été pour apprivoiser nos propres émotions et nous reconnecter avec les émotions et pensées des adolescents;
  • Parler avec nos parents (i.e les grands parents de l’ado) de nos émotions réprimées.

Si nous n’avons pas guéri les blessures de notre passé, nous ne pouvons pas avoir une qualité de présence suffisante envers nos enfants et ados parce que nous risquons de partir au quart de tour face à des réactions que nous estimons inappropriées.

Faire face au sentiment d’inutilité et d’impuissance

Le fait d’être confrontés à des adolescents qui sont bien avec leurs copains, qui semblent trouver du bonheur en dehors de leurs parents peut être douloureux pour les parents qui se sentent alors inutiles, impuissants.

Une sorte de contrôle échappe à ces parents et cette perte de contrôle génère de l’inquiétude chez eux. Cette inquiétude peut se transformer en stress et les parents vont avoir recours à différentes stratégies pour y faire face :

  • renforcer le contrôle sur les ados;
  • leur faire porter les angoisses et peurs qui appartiennent aux parents.

L’adolescence de nos enfants signe le temps de revisiter et réorienter notre propre vie, d’y trouver du sens en dehors de la parentalité et de gagner en intelligence émotionnelle et relationnelle.

Il y a finalement une recherche parallèle de sens et d’identité : l’adolescent et le parent se demandent chacun de leur côté qui ils sont eux-mêmes.

Se doter d’outils de canalisation de la colère et du stress

Un parent stressé a plus de risque d’avoir des réactions disproportionnées et potentiellement violentes (cris, punitions, gestes physiques…). Isabelle Filliozat conseille donc de se doter d’outil de gestion émotionnelle :

  • prendre conscience des sensations et émotions éprouvées (« je suis sous stress et si je dis quelque chose, ça va péter » -> besoin d’une pause pour « récupérer » son cerveau)
  • faire preuve d’auto empathie en reconnaissant les besoins et en se disant « oui » (« oui, c’est vrai, j’ai besoin de… et j’aimerais… »)
  • connaître des techniques pour canaliser la colère et le stress (boire un verre d’eau, marcher, regarder de la verdure, souffler…)
  • remplir son propre réservoir affectif à travers des activités plaisantes, des contacts avec des personnes aimées…
  • se trouver des groupes de soutien et de paroles

 


Continuer à être le porte-avion dont l’enfant devenu adolescent a besoin

Isabelle Filliozat utilise le terme de « porte avion’ pour désigner les attitudes qui soutiennent le développement affectif des enfants et adolescents : donner de l’affection, remplir le réservoir, assurer une base arrière, être là pour eux et avec eux.

Le temps consacré par ses parents à l’ado lui fait sentir qu’il est intéressant et important, qu’il est digne d’être accepté et aimé. Cela peut passer par le fait de :

  • être disponible,
  • être à l’écoute,
  • donner des marques d’attention et des manifestations d’amour,
  • accorder de la tendresse et du toucher (ou du moins un sourire, une attitude aimante si l’ado ne veut pas être touché),
  • faire des choses côte à côte en étant comme « ébloui » par la beauté de la vie de l’ado,
  • passer du temps ensemble (jouer à des jeux de société, faire du sport ou du shopping…).

Les ados risquent de rejeter les parents qui font semblant, qui contrôlent ou qui veulent du contact devant les copains. Mais ils peuvent se laisser aller à recevoir et à donner de la tendresse dans un moment calme, propice aux échanges.

Pour autant, Isabelle Filliozat rappelle que nous avons besoin de guérir à l’intérieur pour pouvoir être les adultes dont les adolescents ont besoin. Difficile en effet de se connecter à l’amour qu’on porte à son enfant/ adolescent quand on est en insécurité à l’intérieur.

 

Utiliser le pouvoir de l’écoute (une source de pouvoir non abusif)

Les ados ont besoin d’écoute, pas de solution. Apprendre à accueillir le bon comme le mauvais avec la même attention, la même stabilité émotionnelle est une ressource utile pour les parents d’ados. Cette stabilité émotionnelle permet d’être dans la relation et la reconnaissance plutôt que dans la sur-réaction, dans la critique ou la punition.

Isabelle Filliozat nous dit d’écouter les ados réfléchir et de les guider dans leur réflexion (en utilisant notamment la reformulation des idées), de laisser les ados changer d’idée, revenir en arrière, explorer de nouvelles options, émettre des hypothèses.

Les ados ne s’enferment dans ce qu’ils revendiquent que si les adultes autour de lui cherchent à les faire changer d’avis à tout prix, se montrent horrifiés ou critiquent leurs goûts et leurs choix. L’adolescence est une période d’exploration et plus les adolescents peuvent explorer tranquillement, moins ils auront besoin de s’arc bouter sur leurs positions (les goûts vestimentaires passent naturellement d’une mode à l’autre, de même que les goûts musicaux).

Quand on ne cherche plus à contrôler les ados tout en restant disponible et animé du pouvoir de l’amour, alors l’ado va pouvoir commencer à s’ouvrir et à faire confiance.

Moins on est menaçant, plus on peut devenir une ressource pour l’adolescent.

 

L’importance de la nourriture sociale

Les ados ont énormément besoin d’adultes autour d’eux et les grands-parents peuvent être des ressources importantes.

Isabelle Filliozat affirme que les ados ont besoin de « nourriture » sociale (rencontrer des personnes de tous les âges, des tout petits aux personnes âgées). Ils se socialisent en étant dans des groupes multi âges et ont besoin de faire des activités qui ont du sens (bénévolat, association…).

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Pour aller plus loin : On ne se comprend plus : Traverser sans dommage la période des portes qui claquent entre douze et dix-sept ans de Isabelle Filliozat (éditions JC Lattes)

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