PARENTALITÉ : 4 mythes et préjugés à déconstruire

PARENTALITE : 4 mythes et préjugés à déconstruire

 

1. Le front commun

On lit souvent qu’il est nécessaire que les deux parents se « liguent » pour opposer un front commun aux enfants. Or cette idée n’est peut-être pas si intéressante que cela pour l’enfant car les enfants percoivent quand les parents ne sont pas d’accord entre eux et finissent par comprendre que l’un des deux préfère « s’écraser » plutôt que prendre le risque de contredire, ouvrant peut-être la voie à une négociation et à une solution convenable trouvée tous ensemble.

Quand c’est toujours le même parent qui se tait et garde pour lui son désaccord, la confiance dans le parent peut s’étiolier car l’enfant a besoin de parents authentiques, alignés avec eux-mêmes et capables d’exprimer son avis sans que cela ne crée des conflits.

Il est possible de respecter le besoin de l’autre parent tout en exprimant son propre besoin, même s’il est différent : « ça ne me gêne pas, et ton papa n’aime pas quand tu fais cela. Tu peux respecter le besoin de ton papa quand il est là. »

Cela est d’autant plus important que les enfants apprennent en nous observant bien plus qu’en écoutant nos longs discours. Quand on estime qu’il vaut mieux se taire plutôt que de risquer d’exprimer ses propres besoins, on enseigne à l’enfant à agir en dépit de ce qu’il ressent. Quand on est capable d’exprimer son avis de manière non violente et constructive, on enseigne la résolution de conflits sans violence et les principes de la démocratie.

Quand on propose une manière de réagir cohérente verbalement (message) et averbalement (action et posture), on est plus efficace. On s’influence les uns les autres par nos valeurs, nos façons d’être au quotidien, par la qualité de nos relations.

Dans cette vidéo, Isabelle Filliozat nous donne quelques conseils concernant les désaccords au sein du couple au sujet de l’éducation non violente :

2. Les règles immuables

Les enfants sont plus censés que ce que nous pouvons bien croire. Ils sont tout à fait capables de comprendre des circonstances exceptionnelles qui entrainent des modifications des règles.

Nous sommes nous-mêmes fluctuants.

Plusieurs types de circonstances exceptionnelles peuvent intervenir :

  • notre niveau de fatigue
  • notre niveau de stress
  • notre niveau d’isolement
  • des événements (anniversaire, Noël, fêtes de famille ou d’école…)

Certains cas exceptionnels peuvent donc boulverser temporairement les règles et le cadre habituels (comme par exemple manger des bonbons avant de dîner à l’occasion d’un anniversaire).

Pour approfondir la notion de règles et de non négotiables : L’art de dire non aux enfants

 

3. Le vocabulaire

On pourrait envisager de supprimer les mots « bêtises », « caprice », « sois sage » de notre vocabulaire.

 

Les bêtises

Les bêtises sont des jeux, des expériences, des découvertes : c’est le processus qui intéresse les enfants, plus que le résultat.

L’enfant n’a pas envie de vous ennuyer, de vous faire du tort, de vous contrarier. Son projet, même dans des comportements complexes, déstabilisants, cherche le lien d’amour. – Arnaud Deroo

Isabelle Filliozat renchérit : « Nos tout-petits sont davantage à se demander « comment ça marche la vie ? » que « je veux embêter maman ». »

Parfois, l’enfant va refaire un geste pourtant interdit par les parents : ce n’est pas de l’insolence, il travaille à intégrer l’interdit. On pourra alors répéter la règle en accompagnent le geste de l’enfant : « c’est bien ça, tu laisses les cailloux par terre/ tu caresses le chien… »

L’aménagement de l’environnement familial peut être un soulagement pour les parents et les enfants :

enfants épanouis

 

 

 

Les caprices

Tous les comportements ont un sens, même (et surtout) ceux qui nous irritent le plus. Les enfants ont toujours une bonne raison de se comporter comme ils le font :

  • à quoi disent-ils oui quand ils nous disent non à nous ?
  • qu’est-ce qu’ils veulent nous faire comprendre ?
  • quels sont leurs besoins ?
  • quel est le message caché ?
  • comment les satisfaire (parfois, de l’empathie et de l’imagination suffisent) ? 

Les crises des enfants ne sont pas des caprices mais seulement le reflet de 2 choses : l’immaturité du cerveau des enfants et son besoin vital d’attachement. L’enfant ne fait pas exprès de s’enrager : il ne peut pas agir autrement pour dire à ses parents qu’il a besoin d’être rassuré par la présence de ses parents.

Quand les parents prennent les pleurs de détresse, de décharge de stress ou de demande de contact pour de la manipulation, ils commencent à ne plus écouter leur instinct. En conformité avec ces croyances, ils commencent à ne pas répondre aux pleurs, voire à taper face à ce qui est considéré comme un caprice.

Quand on conçoit les décharges, les crises de colère, les frustrations et les émotions fortes comme des messages à décoder (par exemple,« je hurle parce que je m’amuse tellement que je ne veux pas partir »), le contenu de notre discours et l’intensité de notre réaction changent (« tu t’amuses tellement que tu voudrais rester tout la vie ! c’est vrai que ça rend triste de quitter un endroit qu’on aime bien; tu me racontes sur le chemin tout ce que tu aurais aimé faire encore« ).

Pour aller plus loin : « Caprices » et périodes sensibles selon Maria Montessori

Ce caprice doit prendre à nos yeux l’importance d’un problème à résoudre, d’une énigme à déchiffrer. – Maria Montessori

 

 

« Sois sage »

Un enfant sage est une utopie, voire pire : un enfant « sage comme une image » est un enfant figé et par définition le contraire de vivant…

Il est possible de valoriser certains comportements autrement qu’en disant : « sois sage ».

Dans l’injonction « sois sage », il y a la croyance gagnant-perdant, une asymétrie de position. Cette simple recommandation en dit long sur les attentes que nous formulons à l’égard de nos enfants : cela signifie que nous nous attendons à ce qu’il/elle ne soit pas « sage » et que nous ne lui faisons pas confiance pour se conduire de manière convenable par lui/elle-même. Ces précautions n’enseignent rien à l’enfant, si ce n’est le fait qu’il est mauvais en soi.

 L’enfant a surtout besoin de parents qui l’accompagnent par la mise en mot de ce qui se passe pour lui, d’être contenu. – Arnaud Deroo

 

4. La discipline passe par les fessées et les punitions

On tape, on punit quand on se sent impuissant, démuni. On peut élever un enfant sans fessée ni punition, sans pour autant tomber dans le laxisme.

citation punition

Pour comprendre en quoi les fessées et les punitions sont néfastes au bon développement de l’enfant, je vous invite à lire ces deux articles :

La punition ne décourage pas l’inconduite. Elle ne fait que rendre le coupable plus prudent dans l’accomplissement de ses crimes, plus adroit à dissimuler ses traces et plus habile à éviter qu’on le détecte. Quand un enfant est puni, il prend la résolution de devenir plus prudent, non celle de devenir plus honnête et plus responsable. – Haïm Ginott

 

Je vous propose plusieurs ressources pour élever les enfants sans fessée ni punition :

 

 

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Inspiré par la conférence  » La parentalité positive, pourquoi et surtout…. comment? » présentée par Christine Klein

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1 réponse

  1. 19 février 2016

    […] d’abord un gros travail à faire sur nous en tant qu’adultes : démolir nos propres préjugés et ceux de notre milieu puis nous libérer de nos conflits intérieurs car « c’est […]

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