7 questions à se poser pour prendre du recul dans les situations potentiellement explosives avec les enfants !

7 questions à se poser pour prendre du recul dans les situations potentiellement explosives avec les enfants !

Se poser des questions devant un enfant, c’est témoigner du désir de lui répondre individuellement.

Chaque relation est une création unique ! – Isabelle Filliozat

 

1. Quel est le vécu de l’enfant ?

Le petit enfant est prisonnier de l’immédiateté de sa réponse émotionnelle, sans méditation de la pensée pour relativiser les choses, ou hiérarchiser les enjeux. – Isabelle Filliozat

Quand les réactions des enfants nous semblent incompréhensibles, nous gagnerions à écouter, à chercher à identifier ce qu’ils vivent, comment ils associent et interprètent les choses, ce qu’ils ressentent et ce qu’ils pensent.

Isabelle Filliozat nous conseille de nous mettre à la hauteur des enfants, de regarder avec leurs yeux et d’entendre avec leurs oreilles. Elle nous invite à prendre les enfants et leurs émotions au sérieux :

  • qu’est-ce qui se passe ?
  • qu’est-ce qui te rend triste ?
  • de quoi as-tu peur ?

 

2. Que dit l’enfant ?

Derrière ce que les parents nomment « caprice », derrière un comportement bizarre, déplacé, excessif, ou simplement non ordinaire, cherchons l’émotion, cherchons le besoin. L’enfant dit quelque chose. – Isabelle Filliozat

Les enfants ont toujours une bonne raison d’agir comme ils le font ! Tout comportement exagéré et surtout systématique, qu’il soit d’agressivité ou de passivité extrême, de dépendance excessive à la mère ou de jalousie abusive, d’incapacité de se concentrer ou d’opposition systématique, tout cela a une motivation : une émotion est restée bloquée suite à une besoin non satisfait.

Dans ce cas, les enfants s’expriment rarement par des mots mais plus souvent par des cris, de la rage, des pleurs, par des réactions disproportionnées ou inappropriées, par des refus de coopérer, par des symptômes (eczema, allergies, énurésie…).

Il n’est pas simple d’exprimer ce qui se passe en soi. Isabelle Filliozat conseille de ne pas chercher à décoder tous les gestes (certains comportements sont des explorations naturelles et correspondent à des étapes de développement) mais à être attentifs aux comportements qui se réitèrent, aux symptômes qui perdurent ou réapparaissent malgré les traitements.

 

3. Quel message ai-je envie de lui transmettre ?

A chacune de nos réactions, nous avons le choix entre les messages d’amour : « Je t’aime, tu es capable » et les messages destructeurs : « Tu es nul, tu ne vaux rien ». – Isabelle Filliozat

Les enfants nous écoutent et nous observent : chacun de nos actes, chacune de nos paroles envers lui et envers les autres personnes leur adresse un message. La façon dont nous parlons aux enfants deviendra leur petite voix intérieure

  • Incarnons-nous ce que nous voudrions transmettre à nos enfants ?
  • Respectons-nous les lois ?
  • Savons-nous nous indigner devant l’injustice ?
  • Quelle quantité de joie manifestons-nous au quotidien ?
  • Quel message transmettons-nous au sujet du travail, des efforts, de la liberté, du respect (des gens, des choses, de environnement), de l’épanouissement personnel, de l’amour ?

 

4. Pourquoi je dis cela ?

Pourquoi ? Qu’est-ce qui me pousse à dire oui ou non aux demandes de mes enfants ? Qu’est-ce qui me dicte mon attitude ? – Isabelle Filliozat

Le caractère automatique de nos assertions peut nous alerter sur le fait que notre inconscient (plutôt que notre conscience) nous gouverne :

  • les convenances sociales guident-elles mes choix ? suis-je d’accord avec ces convenances ou puis-je accepter de m’en détacher ?
  • ma décision est-elle dictée par mon instinct ?
  • est-ce que je suis capable de justifier ma décision par un raisonnement sur la base d’informations fiables ?

 

5. Mes besoins sont-ils en compétition avec ceux de mes enfants ?

Si nous ne reconnaissons pas nos besoins, frustrés d’éléments essentiels à notre propre développement, il est probable que nous aurons du mal à donne à nos enfants ce dont ils ont besoin. C’est donc un devoir parental que d’écouter et reconnaître ses propres besoins, de prendre les moyens de les satisfaire autant que faire se peut.

S’il y a conflit de besoins, la compétition n’est pas toujours notre seule option. La coopération est toujours plus efficace à long terme. Cette dernière exige l’expression authentique des besoins de chacun et le respect mutuel. Reconnaissez leurs besoins et affirmez les vôtres. – Isabelle Filliozat

Le message Je et la recherche de solutions ensemble sont des manière de concilier les besoins des uns et des autres dans une famille.

Isabelle Filliozat renchérit : « Pour vivre heureux ensemble, contenons les débordements de nos enfants dans des limites que nous pouvons tolérer et apprenons à supporter davantage. Rappelons-nous qu’ils sont dépendants de nous et que nous sommes les pourvoyeurs. Guérissons nos blessures anciennes pour pouvoir laisser vivre nos enfants à leur rythme. Nous y gagnerons en détente et en plaisir. »

 

6. Qu’est-ce qui est le plus précieux pour moi ?

Un enfant a besoin de sentir qu’il est précieux, qu’il a sa place, qu’il est important, que ses besoins comptent et qu’il a le droit de s’exprimer sans risquer de perdre la considération et l’amour de ses parents.

Pour Isabelle Filliozat, devant une maladresse, un accident, une expérience, la question la plus importante à se poser est « qu’est-ce qui est le plus précieux pour moi ? ».

Si je réponds : « ce qui est le plus précieux pour moi est l’amour de mes enfants, leur confiance en moi, ou de n’avoir jamais à rougir devant eux » je vais protéger cet amour, cette confiance. – Isabelle Filliozat

Quand l’amour et la confiance priment (confiance réciproque et confiance en eux), la route devient claire (à défaut d’être facile) :

  • ne pas blesser les enfants (physiquement ni psychologiquement),
  • ne pas leur mentir,
  • ne pas les humilier,
  • ne pas les trahir,
  • ne pas les terroriser,
  • les aider à s’aimer,
  • valoriser et encourager,
  • développer leur sens de la responsabilité personnelle,
  • se montrer honnête,
  • exprimer nos propres émotions et besoins,
  • écouter.

 

7. Quel est mon objectif ?

Il n’y a pas de réponse universelle, mais une réponse pour cet enfant-là, et ce parent-là, à cet instant-là de leur vie commune. – Isabelle Filliozat

Devenir conscients de nos objectifs, c’est devenir conscients de nos actions et pouvoir créer la relation que nous voulons vraiment avec nos enfants, sans se laisser mener par l’inconscient et les automatismes.

Un enfant qui se sent précieux apprend à se montrer attentionné envers autrui et attentif aux conséquences de ses actes.

Ainsi, quand un enfant casse quelque chose, on peut parler de nous (« je suis triste car je tenais beaucoup à cet objet ») plutôt que de lui (« tu es maladroit, tu seras puni et fais un peu attention la prochaine fois »). Ce type de réaction participe à développer l’adresse de l’enfant ainsi que l’attention qu’il portera aux objets, plutôt que de lui coller une étiquette de maladroit et développer chez lui la peur de mal agir.

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Source : Au coeur des émotions de l’enfant (Isabelle Filliozat). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet (Poche Marabout).

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