La peur n’est pas une bonne motivation pour élever des enfants empathiques et émotionnellement sains

La peur n’est pas une bonne motivation pour élever des enfants empathiques et émotionnellement sains.

La peur n'est pas une bonne motivation pour élever des enfants empathiques et émotionnellement sains

Les menaces, le fait de compter (« à 3, je t’envoie dans ta chambre »), l’isolement, le chantage ou encore les hurlements provoquent de la peur chez les enfants (et c’est d’ailleurs le but recherché : faire suffisamment peur à l’enfant pour lui passer l’envie de recommencer).

Les spécialistes de la maltraitance émotionnelle la définisse comme tout comportement ou parole qui humilie, rabaisse, critique, punit, fait peur ou provoque de la honte. Crier, punir, menacer, isoler, faire du chantage, humilier relèvent donc des maltraitances émotionnelles. Quand on « dresse » un enfant à renfort de maltraitance émotionnelle et/ou physique (fessée, claque, tirage d’oreille, pincement…), cet enfant ressent de la peur et du stress. Son corps est envahi par l’hormone de stress (le cortisol). Or la présence de cortisol prolongée et/ou en forte quantité dans l’organisme abîme les neurones et conduit à une anesthésie émotionnelle (cortisol -> augmentation du rythme cardiaque pour fuir ou combattre -> impossibilité pour l’enfant de fuir ou attaquer -> l’organisme déconnecte les émotions pour se protéger de la crise cardiaque -> les émotions ne trouvent pas d’expression -> elles restent en tension dans le corps -> risque de maladie à terme).

La peur et le stress sont donc à bannir dans l’éducation.

Par ailleurs, éduquer est plus synonyme d’enseigner que de punir (enseigner des compétences de régulation émotionnelle, cultiver l’empathie, développer le sens de l’éthique et de la justice, apprendre la gestion de la frustration et la patience, savoir prendre ses responsabilités et s’excuser, trouver des solutions non violentes aux conflits, savoir faire preuve d’esprit critique et de flexibilité intellectuelle…).

Toutes les études neuroscientifiques ont démontré qu’on n’apprend pas par la peur, que les enfants mémorisent très mal quand leur cerveau est envahi par le cortisol.

Cris, punitions, menace, chantage, humiliations, critiques étant des facteurs de stress et de peur, ils empêchent les apprentissages (aussi bien relationnels/ émotionnels qu’académiques).

Nous sommes des êtres sociaux et naturellement câblés pour vivre ensemble. Les neurosciences affectives et sociales (qui étudient les mécanismes cérébraux des relations sociales et des émotions) ont montré qu’une partie de notre cerveau est dédiée aux relations avec les autres. Les êtres humains ont en effet besoin de compréhension, d’écoute et d’encouragement pour se sentir bien. Tous les adultes cherchent (parfois désespérément) ces trois éléments dans leurs relations (compréhension,écoute et encouragement au travail, en famille, dans leur couple, entre amis…) mais ont du mal à accorder ces droits aux enfants, y compris leurs propres enfants.

Cet état de fait s’explique :

  • d’une part parce que les adultes pensent bien faire en appliquant une discipline basée sur la peur et encouragée par la société (pour que les enfants soient bien élevés et travaillent bien à l’école, pour qu’ils s’adaptent dans la société et réussissent dans la vie),
  • d’autre part par l’effet de la mémoire traumatique (les parents ayant recours à l’éducation par la peur traient les angoisses réveillées en eux au sein de l’univers familial aux dépens des plus faibles, en rejouant des scènes traumatiques de leur passé)
  • enfin par le manque de ressources et de soutien pour apprendre à faire autrement.

Être parent est effectivement un défi quotidien mais cela ne signifie pas nécessairement que la parentalité doit se transformer en champ de bataille.

La petite enfance est une période extrêmement compliquée parce que les enfants de moins de 6 ans n’ont pas les capacités cérébrales pour comprendre et réguler leurs émotions (prendre du recul dans la situation, trouver des solutions, comprendre les motivations de l’autre, revenir au calme…). C’est le cerveau émotionnel qui domine les jeunes enfants et les émotions sont vécues sans filtre (tandis que les adultes ont non seulement développé de l’expérience en termes de gestion émotionnelle mais leur cerveau dit « rationnel » peut aussi servir de filtre aux émotions) : quand les enfants sont en proie à la tristesse, c’est une énorme tristesse; idem pour la colère et la peur.

Les neurosciences affectives et sociales nous permettent d’avoir une toute autre compréhension de l’enfant et une nouvelle vision de l’éducation. Les enfants ne cherchent pas les adultes ni ne les testent; les enfants ne portent pas le mal en eux; enfants ne sont pas méchants par nature, ils sont seulement immatures.

Connaître les étapes du développement des enfants (aussi bien moteur qu’émotionnel) permet d’ajuster les attentes. De nombreux adultes, y compris des professionnels, attendent des enfants des compétences de régulation émotionnelle que leur développement cognitif ne leur permet pas d’atteindre. C’est au contraire à travers une attitude empathique, chaleureuse et soutenante que les adultes vont favoriser la maturation progressive du cerveau des enfants leur donnant accès à une meilleure régulation de leurs émotions.

Il existe par ailleurs des outils qui peuvent être sollicités pour agir autrement et soutenir cette vision de l’enfance dans la vie de famille quotidienne (mais aussi à l’école et dans toutes les relations adultes/ enfants – personnel de crèches, pédiatres et médecins, animateurs et éducateurs…).

Quelques exemples dans ces articles :

Je vous propose également une sélection de livres pour élever les enfants sans s’appuyer sur la peur :

  • pour les tout-petits enfants (2-6 ans)

  • pour les enfants de 6-12 ans

  • pour les ados

 

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