30 propositions pour poser des limites aux enfants tout en les respectant

30 propositions pour poser des limites aux enfants tout en les respectant

poser des limites aux enfants

Dans son livre Poser des limites à son enfant et le respecter, Catherine Dumonteil-Kremer propose une liste (non exhaustive) d’astuces qui visent à empêcher un comportement inacceptable du point de vue des parents (qui empêche la satisfaction d’un ou plusieurs de nos besoins d’adultes) tout en permettant à l’enfant d’expérimenter et apprendre.

Il est plus efficace d’alterner ces propositions pour éviter que les enfants ne se lassent de la méthode que nous considérons comme la « meilleure » à un moment donné.

 

1. Vérifier la satisfaction des besoins fondamentaux

Les besoins fondamentaux ne sont pas seulement physiologiques (faim, soif, change, sommeil…) mais aussi psychologiques (temps d’attention, de câlins, de jeux…).

L’attention, les contacts physiques et le temps passé ensemble sont des besoins de base, au même titre que la faim ou le sommeil. Quand un enfant cherche à « attirer l’attention » (quand on est au téléphone par exemple), il n’agit pas dans le but de nous causer des problèmes mais de satisfaire son besoin de contact et de temps passé ensemble.

Quand l’enfant a passé une journée loin de nous, il se peut qu’il ait vécu des situations stressantes (la vie en collectivité est pleine d’événements anodins pour nous mais sources de frustration pour les enfants). Le soir, il faudra peut-être écouter les frustrations de l’enfant : c’est dans les bras de sa figure d’attachement (les personnes qu’il aime le plus au monde, en qui il a confiance et avec qui il se sent en sécurité) que l’enfant va décharger sa tension en pleurant… ses parents donc :-).

Quand un enfant a besoin d’évacuer des émotions fortes, nous pouvons les accueillir en le prenant dans nos bras et en le câlinant.

 

2. Aménager son lieu de vie

Comme l’explique Maria Montessori dans son livre « L’enfant », le travail de la main chez le tout jeune enfant est une base structurante. La main est cet organe dont la structure fine et compliquée permet à l’intelligence de se manifester; à l’homme de prendre possession de l’ambiance, de la transformer. Les adultes devraient donc attendre avec solennité le développement chez l’enfant de ce « mouvement humain » : le premier mouvement de cette petite main vers les objets extérieurs. Le fait d’empêcher les enfants de toucher est alors un problème au développement vital de l’enfant.

Il vaut donc mieux mettre en hauteur les objets non prévus pour l’enfant, plutôt que lui dire « non » toutes les 2 minutes.

 

3. Proposer des activités stimulantes

L’enfant aime toucher et manipuler les objets du quotidien (les « vraies » casseroles, les « vrais » ustensiles de cuisines…). On pourra laisser un placard accessible rempli d’ustensiles de cuisine variés et non dangereux (cuillères en bois, boîtes en plastique, casseroles, couverts…).

Une bassine remplie d’eau avec quelques objets à vider et à remplir peut aussi captiver un petit enfant pendant des heures.

C’est en observant nos enfants que nous découvrirons ce qu’ils préfèrent et que nous pourrons aménager l’espace et des activités en conséquence (laver les légumes, balayer un coin de cuisine, nettoyer une table, étendre le linge sur un étendoir à sa hauteur, regarder du liquide dans une bouteille fermée, observer des fourmis dans un labyrinthe…).

les parents sont le cadre et l'enfant la peinture

 

 

4. Énoncer des règles positives brèves plutôt que des interdits

Les jeunes enfants (certains spécialistes disent même jusqu’à 7 ans !) ne tiennent pas compte des mots que nous prononçons la plupart du temps. Bien que les mots soient souvent inefficaces, ils restent importants et les règles dites et répétées imprègnent le cerveau de l’enfant. Un enfant va plutôt avoir tendance à refaire le geste interdit pour être sûr d’avoir bien compris que c’est ce geste-là en question qui est interdit. On pourra alors confirmer : « oui, c’est bien cela qui me fait peur/ qui me dérange ».

Par ailleurs, une règle énoncée de manière positive et personnelle sera plus efficace qu’un interdit général : « on ne court pas » devient « tu marches », « c’est interdit de crier » devient « vous chuchotez quand vous vous trouvez dans cet endroit ». Positif, concis et personnel 🙂

Catherine Dumonteil-Kremer écrit :

S’attendre à ne pas être entendu par un bambin est quand même plus sûr que de persister à vouloir qu’il se mette au garde à vous et perdre tout espoir au fil des jours.

 

5. Il n’écoute jamais : écoutons-le 🙂

Voilà 80% de votre boulot relationnel : savoir ce que votre enfant souhaite et comment il se sent. – Catherine Dumonteil-Kremer

L’enfant se sentira reconnu si on lui montre qu’on a compris ce qu’il voulait faire, toucher ou dire : « Tu aimerais…/ tu voulais…/ tu as essayé de…/ tu aurais envie de… ? »

La reconnaissance du désir provoque une détente chez l’enfant et il sera plus aisé de rediriger ailleurs son énergie.

Les enfants, et surtout ceux qui ne savent pas encore parler, s’expriment beaucoup grâce à leur langage corporel (mimiques du visage, gestes). On pourra alors aussi se servir de ce langage corporel pour reformuler ce qu’ils essaient de nous communiquer.

Même quand nous ne sommes pas d’accord avec l’enfant, nous gagnerons à l’écouter : on lui montrera alors qu’on l’a écouté et compris avant d’affirmer notre désaccord.

Après l’écoute peut venir l’expression des besoins : « de quoi as-tu besoin ? ».

Parfois, nous n’avons pas la disponibilité suffisante pour écouter nos enfants : nous sommes fatigués, soucieux, agacés, débordés… La bonne nouvelle est que nous pouvons toujours nous rattraper : nous avons toujours la possibilité de reparler plus tard avec les enfants de ce qui les a contrarié. Quoiqu’il en soit, mieux vaut tard que jamais :-).

 

6. Donner des activités similaires alternatives

Dans le cas où l’enfant veut déchirer un magazine ou les pages d’un livre, on pourra plutôt lui proposer de vieux journaux à déchirer.

Dans le cas où l’enfant veut taper quelqu’un ou quelque chose de précieux, on peut le rediriger vers un jeu de tap-tap (voir le jeu du marteau d’inspiration Montessori) ou lui proposer de casser des noix avec un casse-noix.

marteau montessori

Dans le cas où l’enfant s’apprête à mordre quelqu’un, on peut lui proposer quelque chose à mordre selon l’âge (un hochet par exemple, ça m’est arrivé de donner un paquet de mouchoirs à mordre à ma fille n’ayant rien d’autre sous la main !). Ces activités ne dispensent pas d’un accompagnement par des mots : mordre, ça fait mal et nous ne le laisserons jamais mordre qui que ce soit.

Voici d’autres idées d’activités similaires dans cet article : 6 manières d’utiliser le jeu pour canaliser l’agressivité des enfants

 

7. Utiliser la « force conservatrice » sans violence pour l’empêcher d’agir

Quand la situation le demande, on peut prendre l’enfant dans les bras pour l’empêcher de commettre une action (frapper une autre personne, manipuler un produit dangereux, traverser une rue sans regarder…).

L’utilisation de la « force conservatrice » va provoquer une crise d’impuissance, de frustration et de colère. On devra alors se préparer à l’accueillir : maintenir l’enfant sans violence pour éviter qu’il se blesse ou blesse quelqu’un d’autres sans chercher à proscrire cette manifestation de rage.

Une idée qui peut aider est de considérer la colère comme l’expression d’une insatisfaction. La colère n’est pas dirigée contre nous mais permet l’évacuation de la frustration. Quand la crise est passée, l’enfant sera à nouveau coopératif, aimant et enthousiaste (c’est quelque chose que j’ai pu vivre à plus d’une reprises avec ma fille !).

 

8. Allier « stop » et sentiments personnels

Un « stop » est un signal d’arrêt. Un stop accompagné de l’expression de nos besoins et de nos sentiments personnels est encore plus efficace :

« Stop ! Je suis fâché car j’ai besoin d’une maison propre/ je suis triste car je veux que mes livres restent en bon état. »

 

9. Laisser l’enfant expérimenter les conséquences de ses actes

Réparer et expérimenter les conséquences des actes n’est pas synonyme de punition. Il s’agit de ramasser un livre quand l’enfant l’a fait tomber, d’aider à replanter une plante déracinée, de nettoyer un mur repeint ou encore de refuser de prêter nos affaires à l’avenir si l’enfant les perd ou les détériore… les conséquences sont reliées à l’acte de l’enfant et en découlent.

Par ailleurs, notre rôle de parents est d’adapter la réparation à l’âge de l’enfant : à 2 ans, l’enfant ne ramassera qu’un seul livre et on accompagnera sa main. L’obligation d’assumer des conséquences trop lourdes ou déconnectées de l’acte sera vécue comme une punition et déclenchera rancœur ou rébellion.

 

10. Annoncer de quoi sera faite la journée, voire même l’instant suivant

Un changement dans la routine habituelle ou un grand événement (rentrée des classes, invitation à une fête, départ en vacances, rendez vous chez le médecin…) peuvent générer du stress chez les enfants et déclencher des réactions assimilées à des caprices.

Plus l’enfant reçoit de détails, plus il sera sécurisé et moins il sera en proie au stress. Par exemple, on pourra montrer des photos ou utiliser des livres pour de grands événements (comme un premier rendez-vous chez le dentiste ou un séjour à l’hôpital).

 

11. Laisser des choix et des alternatives

L’enfant gagne en pouvoir sur la situation et est alors plus enclin à coopérer : « préfères-tu le pyjama vert ou le bleu ? je t’habille ou tu t’habilles tout seul ? on commence par le haut ou le bas ? »

Se voir proposer un choix, c’est vivre un sentiment de liberté. – Catherine Dumonteil-Kremer

 

12. Faire confiance aux sensations corporelles de l’enfant

Catherine Dumonteil-Kremer propose de laisser les enfants vivre leurs expériences. L’enfant ne veut pas mettre son manteau en plein hiver ? C’est là une occasion pour lui de se tester et d’écouter les messages personnels que lui envoie son corps.

On pensera juste à prendre le manteau dans un sac et à le sortir sans commentaire humiliant ou culpabilisant si l’enfant le demande une fois dehors.

 

13. Inutile de limiter les besoins physiologiques des enfants

C’est quelque chose que j’ai pu expérimenter avec ma fille : elle a des périodes de fortes poussées de croissance où elle aura tendance à réclamer à manger entre les repas (c’est même arrivé qu’elle me dise avoir faim à 22h… une compote l’a calée avant d’aller au lit !). Je le remarque en général car ces « accès de faim » s’accompagnent en général de douleurs dans les jambes (« maman, j’ai les os qui poussent à l’intérieur ! »).

Tout cela pour dire qu’un enfant qui a faim va manger. Il peut arriver que l’enfant ait faim entre les repas car la sensation de satiété leur est totalement personnelle.

Interférer dans ces mécanismes subtils, c’est exposer les enfants à manger pour se consoler, pour être aimés, parce qu’ils s’ennuient et à manger pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la satiété. – Catherine Dumonteil-Kremer

Après, quand un enfant dit avoir faim de bonbons, c’est une autre histoire :-). C’est plutôt une envie de bonbons et à vous de voir si vous êtes OK pour cela.

Idem pour le sommeil : certains enfants ont besoin de plus ou de moins de sommeil que d’autres. J’ai lutté pendant des mois (voire des années…) pour coucher ma fille à une heure « traditionnelle » : ça finissait en crise systématique. Je lui fais dorénavant confiance : si elle se couche à 22h,  je la laisse faire… mais elle sait qu’elle devra se lever le lendemain matin malgré tout. Et il arrive qu’elle fasse des semaines complètes d’école en se couchant à 22h30/23h tous les soirs sans refaire de sieste en journée…

 

14. Ne pas enfermer l’enfant dans un rôle ou une étiquette

Quand on est face à l’infraction d’une règle ou un comportement qu’on estime inapproprié, il est inutile d’enfermer l’enfant dans un rôle avec des étiquettes et des mots du type « toujours » ou « jamais » : « tu fais toujours tomber ceci ou cela, tu es maladroit« , « tu fais toujours une crise pour ça, tu es capricieuse« , « comme d’habitude, tu n’es pas prêt à temps, tu es tellement lent !« , « tu n’es jamais content !« .

L’enfant a besoin de grandir en dehors de tout a priori sur sa petite personne. – Catherine Dumonteil-Kremer

 

15. Garder en tête que l’enfant expérimente tout, y compris nos sentiments et nos réactions

Les enfants font des expériences avec les objets (la cuillère tombe grâce à la gravitation, la roue tourne, l’eau coule…). L’enfant fait également des expériences pour mieux nous connaître : il apprend quelles sont les conséquences de ses actes sur nous et progresse dans la compréhension des relations humaines à l’aide des réponses que nous lui apporterons.

 

16. Faire ensemble

Faire ensemble, c’est plus motivant pour suivre des règles. Non seulement on montre à l’enfant ce qu’on attend de lui, mais on valorise aussi ces actions qu’il associe alors au plaisir du faire ensemble.

Parfois, l’enfant ne respecte pas une règle parce qu’il ne sait pas comment s’y prendre : faire une démonstration de ce qui est attendu pourra alors le débloquer.

Peut-être l’enfant n’a-t-il pas entendu ou pas compris : faire ensemble lève les malentendus.

 

17. Mettre un timer ou une manière de chronométrer le temps pour certaines tâches

Cela peut être un timer, un minuteur de cuisine, un sablier ou encore une chanson. On met le timer sur 3 minutes pour se laver le dents, on range la chambre le temps d’une chanson choisie ensemble…

Pour ma part, j’ai acheté celui-ci :

18. Quand l’enfant n’entend pas

Plusieurs options sont possibles :

  • l’enfant ne nous a pas entendu. Si l’enfant n’a pas entendu car il était trop absorbé dans ses activités, on pourra aller le voir et s’assurer qu’il a compris la consigne ou la règle.
  • notre voix n’est pas assez audible ou trop peu énergique pour attirer l’attention. On répétera alors avec plus d’entrain et de vigueur ou encore avec une voix « drôle » (nasillarde, de robot, de Père Noël…) Le fait d’être dynamique, souriant et enthousiaste soi-même adressera un message stimulant à l’enfant et facilitera sa coopération (plus facile à écrire qu’à faire mais le langage corporel et le ton de la voix jouent dans la manière dont le message sera reçu).
  • la demande dépasse peut-être les capacités de l’enfant ou l’enfant ne sait pas comment s’y prendre.
  • l’enfant est perturbé par quelque chose, perdu dans ses pensées. Avant de pouvoir entendre, l’enfant a besoin de parler auprès d’une oreille bienveillante et attentive.

 

19. Décrire ce que l’on voit

Quand on constate une maladresse, il est plus efficace de décrire ce que l’on voit de façon neutre. Ce qui nous intéresse est la réparation, inutile de s’attarder sur ce qui est déjà fait.

Les remarques désagréables, les jugements, les pointes d’exaspération génèrent de la résistance : « la salle de bain est ENCORE inondée« , « J’en ai marre, vous ne faites attention à rien, il y a TOUJOURS de l’eau dans la salle de bain après votre douche ! » ne font pas le même effet que « il y a de l’eau sur le sol de la salle de bain« .

C’est difficile mais ça vaut le coup de s’entraîner :-).

 

20. Exprimer les sentiments avec vigueur

Il est inutile de minimiser nos sentiments : plus on sera franc dans l’expression de nos émotions et de nos besoins, plus les enfants sauront que nous sommes authentiques et dignes de confiance.

Quand nous sommes vraiment furieux, nous pouvons l’exprimer sans attaquer l’enfant : « je suis VRAIMENT furieuse quand tu… ! »

En dehors des périodes de conflits, nous gagnerons à parler aux enfants de nos sentiments. Prendre l’habitude de dire aux enfants comment nous nous sentons leur permet d’acquérir le vocabulaire des émotions et des sentiments. C’est grâce à ce vocabulaire qu’il pourra communiquer sur son monde intérieur et que la connexion avec lui sera plus facile.

 

21. Exposer les véritables besoins

Les enfants sont sensibles à nos vrais besoins mais ils sentiront quand nous cherchons à travestir la réalité. Cela nécessite en retour d’écouter les besoins des enfants et de les mettre sur le même pied d’égalité que ceux des adultes.

Exprimer un besoin en assaisonnant à la sauce reproche est contre productif.

« J’ai besoin d’aide pour… » est suffisant.

poser des limites enfants

 

22. Clarifier les attentes et demandes

Les attentes doivent aussi être exprimées avec clarté afin d’être intégrées : « je m’attends à ce que les livres soient remis dans la bibliothèque. »

La précision (avec détails dans la demande) et l’affirmation personnelle (je) dans nos demandes et nos attentes aident les enfants à comprendre ce que nous voulons : « j‘aimerais que tu ramasses ton linge sale dans ta chambre et que tu le mettes à laver » n’a rien à voir avec « range ta chambre ».

 

23. Afficher des mots doux dans la maison

Les mots affichés dans la maison pourront prendre une tournure humoristique (en faisant parler la cuvette des WC ou l’évier bouché) et être accompagnés de petits dessins. Cependant, ils ne doivent pas tomber dans l’ironie car le but est de ne pas blesser l’enfant. Pour savoir si on risque de blesser l’enfant, on pourra se mettre à sa place : est-ce que je me sentirais jugé, blessé, moralisé par un tel mot ou une telle attitude ?

Voici un exemple : La cuvette des toilettes a besoin d’être nettoyée et la chasse d’être tirée. Bisous tendres de papa et maman. 

 

24. Donner des informations pratiques

Poser des limites est plus efficace quand l’enfant comprend en quoi elles sont justifiées. Par exemple, pourquoi le lait tourne quand on le laisse dehors ? quels sont les autres aliments qui tournent quand ils ne sont pas réfrigérés ?

La visite chez les spécialistes peut aussi être l’occasion pour l’enfant de recevoir des informations pratiques (par exemple, le dentiste fera une démonstration d’un brossage de dents efficace).

 

25. Faire des rappels aussi brefs que possible

Les enfants détestent les sermons, les longs discours et encore plus les longues explications ! Plus le rappel est court, mieux c’est. Attention : un rappel bref ne veut pas dire aboyer un mot sous forme d’ordre.

Ces rappels brefs peuvent se faire sous forme d’un mot pour ramener à la conscience de l’enfant les règles de la vie familiale : « Arthur, pyjama ! », « Chloé, lumière ! », « Zélie, chaussures ! ». Quand je le fais, j’utilise toujours une voix chantonnante :-).

 

26. Pratiquer la résolution de conflits

Une fois le problème défini et posé (que pouvons-nous faire pour que tu puisses… et que je puisse dans le même temps… ?), on pourra passer par ces 5 étapes pour le résoudre :

  • parler des sentiments et des besoins de l’enfant

Cela nécessite de se mettre à l’écoute de l’enfant, de décoder ses messages cachés (j’ai l’impression que…/ je me disais que…/ tu as l’air…/ tu as besoin de…, c’est ça ?). Cette étape se fera sans jugement (c’est bête de croire ça)  ni sous entendus (mais pourquoi tu penses ça ? il n’y a aucune raison)

  • parler de ses propres sentiments et besoins d’adultes

Quand tu fais ci ou ça, je suis…/ je me sens…/ ça me rend…. J’ai besoin de…

  • faire ensemble un remue-méninge pour trouver une solution mutuellement acceptable

Les besoins des parents et des enfants sont aussi légitimes les uns que les autres : il s’agit de trouver des solutions qui conviennent à tout le monde sans qu’une des parties ait l’impression d’être la perdante dans l’histoire.

  • écrire TOUTES les idées sans les évaluer

Les idées des enfants seront écrites et prises en compte au même titre que celle des parents.

  • choisir les suggestions

Les propositions qui seront conservées devront recevoir l’approbation de tous les membres de la famille. A partir du moment où un membre est un désaccord, elle sera rayée ou alors amendée. Une ou plusieurs émergeront. Ce pourront être des solutions écrites par un des membres ou alors une solution négociée.

Une fois que la solution est trouvée, on la met en pratique un certain temps qui reste à définir ensemble et, au bout de ce délai, la famille se retrouvera pour discuter de l’efficacité de cette mesure.

 

27. Passer un contrat lors d’un temps d’échange en famille

Un conseil de famille peut s’apparenter à une réunion de travail au terme de laquelle un contrat est établi entre les différents membres de la famille. Le temps d’échange en famille sera aussi l’occasion d’échanges positifs pour recréer du lien dans la famille.

Je vous propose d’en retrouver le détail dans cet article : Le temps d’échange en famille.

 

28. Mettre du fun et des rires dans les demandes

Voici quelques idées pour mettre du « fun » dans la vie de famille :

  • mettre dans une boîte des morceaux de papier sur lesquels sont écrites les tâches à réaliser . Chacun tire un papier et effectue la tâche inscrite dessus.
  • poser des défis : on fait la course pour ranger, on doit ranger le plus de choses possibles en 5 minutes, on doit aller le plus vite possible pour ranger le salon, on doit battre le record de la semaine passée…
  • jouer à Jacques a dit : Jaques a dit de ranger 3 choses, Jaques a dit de nettoyer l’évier, Jaques a dit de balayer la terrasse…
  • utiliser l’imaginaire pour répondre aux demandes des enfants : « ce serait génial si on pouvait acheter tout le magasin, hein ? Moi, j’achèterais tous les livres et tous les paquets de gâteaux que j’aime en premier ! Et toi ? »
  • faire des listes de désirs pour chaque membre de la famille : on prend ainsi en compte les désirs des enfants et on montre que nous aussi avons des envies que nous devons parfois différer (« je note tout de suite le prix, la marque et la date d’aujourd’hui »). On pourra ressortir ce carnet à Noël ou pour les anniversaires.

 

29. Contourner les impasses

jeux de chahut

Catherine Dumonteil-Kremer propose plusieurs alternatives pour faire face aux situations dans-lesquelles l’enfant refuse catégoriquement de faire ce qu’on lui demande :

  • un jeu de chahut (voir en détail ici comment utiliser le jeu de chahut pour renouer le contact)
  • un échange de rôles (l’enfant joue le rôle de parent et le parent le rôle de l’enfant)
  • de l’attention sous forme de massage, de câlin, de jeu pendant un temps limité (avec un timer par exemple)
  • une sortie de défoulement (sauter dans les flaques, crier en forêt ou courir ensemble le plus vite possible)
  • une représentation de ce que l’enfant ressent (sous forme de dessin, d’écriture ou encore de création à base de pâte à modeler…)
  • de la musique pour danser tous ensemble

 

30. Rester ouvert aux périodes de régression des enfants

Il arrive que les enfants régressent : ils ne savent plus ou ne veulent plus s’habiller seuls, ils ont à nouveau besoin d’être accompagnés comme des bébés (c’est surtout fréquent pour les aînés à l’arrivée d’un cadet).

Nous pouvons alors faire confiance à l’enfant : une fois cette phase passée (au cours de laquelle nous l’accompagnerons avec de l’écoute et des gestes bienveillants), il retrouvera son autonomie passée.

 

Je rajouterais une 31ème proposition :

31. Il n’y a rien de tel que de vivre au quotidien les valeurs que nous souhaitons véhiculer auprès de nos enfants

Ainsi, si nous souhaitons que nos enfants coopèrent, montrons leur que nous sommes nous-mêmes coopératifs. Si nous souhaitons que nos enfants soient respectueux, montrons leur que nous sommes nous-mêmes respectueux de leur personne et de toutes les personnes qui nous entourent :-).

………………………………………………………………………………..

Pour aller plus loin, je vous propose la lecture des 2 livres dont je me suis inspirée pour rédiger cet article :

Poser des limites à son enfant et le respecter de Catherine Dumonteil-Kremer.

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber et Mazlish.

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12 réponses

  1. colombier dit :

    super les conseils donnés…
    merci

  2. Anny dit :

    Éduquer dans le respect
    Bravo !

  3. Paulina dit :

    Merci beaucoup…j’ai bien aimé cet article 🙂

  4. Karine dit :

    Magnifique !
    Admirative et très heureuse de pouvoir profiter de tous ces bons conseils.
    Merci beaucoup

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