Râler dit quelque chose de nous : que peuvent nous apprendre nos râleries ?

Râler dit quelque chose de nous

Râler dit quelque chose de nous

Râler, c’est remettre notre propre bonheur dans les mains de l’autre et c’est rendre l’autre coupable de ce qui ne va pas chez nous. Arrêter de râler, c’est donc gagner en pouvoir personnel.

Quand on râle, on adopte une posture de victime sans nécessairement s’en rendre compte; on joue le jeu de « qui a tort ou qui a raison » et, surtout, on pointe du doigt des coupables (coupables qui n’auront aucune envie de coopérer).

Parfois, on obtient ce qu’on veut en râlant mais la question est : à quel coût ? Râler a un coût à la fois pour soi et pour les autres (qualité de la relation dégradée, mauvaise humeur qui s’auto alimente dans un cercle vicieux, besoin d’augmenter le niveau de ralerie par effet d’accoutumance de l’entourage…). Quand une personne est l’objet de la ralerie d’une autre, elle a le choix entre fuir pour couper court à la discussion ou contre attaquer pour se défendre. Quoiqu’il en soit, elle ne coopère pas… ou si elle le fait, c’est de mauvaise grâce (quitte à se venger et à le faire payer plus tard).

Les personnes qui râlent ont tendance à penser qu’elles ne pourront jamais rien obtenir si elles arrêtent de râler, que les gens (qui ne font déjà pas grand choses selon elles) en feront encore moins et que rien n’avancera jamais. Elles peuvent même craindre de perdre de l’importance, de passer inaperçue ou alors d’être perçues comme des personnes faibles, sans opinion, inconsistantes, dont on peut aisément abuser.

Or il est possible d’obtenir ce qu’on veut sans râler et d’arrêter de se polluer soi-même la vie à râler et à ne voir que ce qui ne va pas. Par ailleurs, le fait d’arrêter de râler aide à reprendre le contrôle de sa vie. En effet, râler demande moins d’efforts intellectuels parce, comme écrit précédemment, quand on râle, on adopte une posture de victime. Or la victime n’a rien à faire d’autre que de se plaindre dans ce petit jeu psychologique. Cet effet peut même être accentué par le fait d’être rejoint par d’autres qui vont partager les raleries installant un groupe en communion d’idées qui vont se renforcer les unes les autres, justifiant les raleries.

Pourtant, râler dit quelque chose de nous : nos râleries peuvent nous éclairer sur nos besoins. On râle parce qu’une situation nous agace et qu’on a envie qu’elle change.

Arrêter de râler

Râler est une habitude automatique dont il est difficile de se défaire. Le fait de râler a littéralement créer des connexions neuronales dans le cerveau qu’il faut déconstruire et remplacer par d’autres. Comme le cerveau est en mode « pilote automatique » quand on râle, il a besoin d’être reprogrammé. Cette reprogrammation demande un effort conscient pendant plus de 20 jours CONSÉCUTIFS.


Voici quelques pistes pour arrêter de râler :

  • Savoir identifier une râlerie à partir de trois critères (ton amer, message TU qui émet un jugement ou une critique sur l’autre, exagération)

 

  • Réapprendre à voir ce qui va bien (la pratique de la gratitude sous la forme des trois kifs peut être une manière efficace de se concentrer sur ce qui va bien et rend la vie belle)

 

  • Se donner la résolution consciente, face aux problèmes et source de désagrément, de ne pas se poser en rôle de victime

 

  • Descendre en soi et faire preuve de lucidité :
    • qu’est-ce qui se passe dans mon corps ?
    • quelles sont les émotions ressenties ?
    • de quoi ai-je peur ?
    • quelles sont mes pensées ? que me dit ma petite voix ?
    • quels sont mes besoins non satisfaits (de premier niveau, de deuxième niveau et de troisième niveau)?
    • de quoi ai-je besoin pour vivre une relation (de couple, amicale, familiale…) pleine de sens ?
    • de quoi ai-je besoin pour donner le meilleur de moi-même ?
    • quelles sont les valeurs importantes à mes yeux en jeu ?
    • quelles solutions trouver pour satisfaire mes besoins et rester en lien en même temps ?
    • comment adresser un message qui soit à la fois efficace pour la satisfaction de mes besoins personnels et celle des autres ?

 

  • Émettre des messages Je qui expriment avec authenticité et vulnérabilité les émotions ressenties et les besoins non satisfaits sur lesquels mes émotions attirent l’attention

 

  • S’entourer de personnes « témoins » informées des 3 critères qui définissent une ralerie et qui alerteront, avec bienveillance, sur les anciens travers (des sortes de « stop ralerie ! »)

 

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Pour aller plus loin : J’arrête de râler de Christine Lewicki (éditions Pocket)

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