Comprendre le développement de l’enfant : les réflexes primitifs et leur rémanence… des conséquences à long terme ?

Comprendre le développement de l’enfant : les réflexes primitifs et leur rémanence… des conséquences à long terme ?

maman-papa-jy-arrive-pasMarie Claude Maisonneuve s’est formée à la Technique Alexander qui vise à rétablir les conditions du fonctionnement normal des réflexes posturaux en libérant le corps de ses tensions et habitudes indésirables au moyen d’indications posturales tactiles et verbales. Elle s’est ensuite intéressée aux travaux de Peter Blythe, psychologue scolaire anglais : celui-ci a mis en évidence l’existence d’un lien de cause à effet entre des réflexes primitifs rémanents (non inhibés) et les difficultés scolaires et comportementales éprouvées par certains enfants. Peter Blythe a élaboré des moyens de remédier à ces difficultés en faisant redémarrer le processus d’évolution de ces réflexes primitifs interrompus.

Les réflexes primitifs du nouveau-né (ou réflexes archaïques) commencent à apparaître bien avant la naissance, en fait quelques semaines après la conception.

Ils sont indispensables au foetus pour se mouvoir in utero et au nouveau-né pour assurer sa survie dans les premiers temps après la naissance. Parmi les plus connus, on peut citer le réflexe de succion (adapté à la fonction d’alimentation du nourrisson) et le réflexe d’agrippement palmaire (réflexe du nourrisson qui referme la main sur tout objet à sa portée et qui répond à un besoin de sécurité).

Ces réflexes ont vocation à disparaître et à laisser progressivement place aux réflexes posturaux. Pour la quasi totalité des réflexes primitifs, cette évolution doit normalement être achevée avant la fin de la première année suivant la naissance. Si elle ne va pas jusqu’au bout, les réflexes posturaux indispensables à une bonne utilisation de soi-même ne peuvent s’installer pour la vie comme ils devraient.

Tant que le développement des réflexes primitifs du nouveau-né n’est pas allé à son terme, les réflexes posturaux ne peuvent pas se mettre en place. L’enfant ne s’est pas défait de ses réactions primaires, ces réflexes archaïques ne sont pas déprogrammés, alors même qu’ils sont devenus inutiles. Au contraire, ils se manifestent dans des difficultés (scolaires, comportementales, posturales…).

Par exemple, dans le cas du réflexe de succion ou du réflexe d’agrippement palmaire, l’enfant dont ces réflexes sont rémanents continue à sucer son pouce ou agrippe son crayon plus qu’il ne le tient.

 

Comprendre la notion de réflexes primitifs

La rémanence des réflexes primitifs

Les réflexes primitifs apparaissent et se développent durant la vie intra utérine selon un ordre précis. La vie de chaque réflexe connaît les mêmes phases :

  • naissance
  • développement
  • pleine activité
  • inhibition

Un réflexe primitif ne peut disparaître et céder la place au suivant que si l’expérience sensorielle est motrice qu’il était chargé de faire vivre au bébé est complète.

Si, pour une raison ou une autre, un réflexe primitif ne peut aller jusqu’au bout de son cycle, il reste plus ou moins actif dans le corps de l’enfant. C’est alors qu’on parle de « rémanence ». Cette rémanence pèse sur les étapes suivantes du développement.

La rémanence de réflexes primitifs empêche l’enfant d’acquérir la totalité des moyens physiques qui lui sont nécessaires pour être à l’aise dans ses apprentissages, d’où ses difficultés scolaires et/ou comportementales.

 

Les différents réflexes primitifs

Réflexe de retrait

Vers un mois et demi de gestation, on peut observer les premiers mouvements de l’embryon. Une légère stimulation de la région de la bouche provoque une réaction de retrait de l’ensemble du corps. C’est le premier réflexe : le réflexe de retrait.

 

Réflexe de Moro

Le réflexe de Moro fait son apparition vers 10 semaines de vie intra utérine. Il se substitue progressivement au réflexe de retrait et arrive à maturité au moment de la naissance. Il se caractérise par une brusque extension des bras et des jambes du nouveau-né. En même temps, le bébé renverse instinctivement la tête en arrière et prend une profonde inspiration, prêt à crier pour alerter l’entourage.

L’inhibition du réflexe de Moro intervient entre 3 et 6 mois après la naissance, à condition que le nouveau-né puisse exprimer ses frayeurs en toute sécurité affective et physique.

réflexe de moro

Source : Papa, maman, j’y arrive pas !

Les réflexes palmaires et plantaires

Vers trois mois et demi de vie intra utérine, la sensibilité tactile, apparue dans un premier temps au niveau de la bouche, s’étend progressivement à l’ensemble du corps.

En réponse à la sensibilité naissante des mains et des pieds, les réflexes palmaires et plantaires commencent à se manifester. Ces réflexes font partie d’un groupe de réflexes primitifs dont la caractéristique est l’agrippement. Ils contribuent à l’intégration de la sensibilité tactile et à l’apprentissage de la motricité des mains et des pieds.

L’inhibition des réflexes palmaires et plantaires intervient vers 4 à 5 mois après la naissance au fur et à mesure que la sensibilité à l’intérieur des mains et sous les pieds s’atténue.

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

Le réflexe de succion

Le réflexe de succion apparait vers 6 mois de vie intra utérine. Le réflexe de succion est vitale pour le bébé car il lui permet de se nourrir. Au fur et à mesure qu’il est activé, son rythme se ralentit pour faire place à un mouvement de succion plus contrôlé, coordonné à la déglutition et à la respiration du bébé. Son inhibition intervient normalement vers 4 à 5 mois après la naissance.

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

Le réflexe tonique du labyrinthe

Le réflexe tonique du labyrinthe se déclenche en réponse au déplacement de la tête en avant ou en arrière de l’axe du corps. Si la tête va vers l’avant, le corps se replie sur lui-même. Si elle va vers l’arrière, on constate au contraire une extension du dos, des bras et des jambes.

Durant la vie utérine, le réflexe tonique du labyrinthe vers l’avant agit comme un stimulant du système vestibulaire. Par son action sur le système vestibulaire, le réflexe tonique du labyrinthe est à la base de l’acquisition du sens de l’équilibre. L’inhibition du réflexe tonique du labyrinthe vers l’avant est normalement acquise aux alentours du 4° mois après la naissance.

Celle du réflexe du labyrinthe vers l’arrière intervient au terme d’un long processus qui s’amorce quand le bébé allongé sur le ventre commence à redresser la tête. Cette inhibition demande que l’enfant passe par les étapes du développement moteur de la première année de la vie :

  • se tenir assis
  • ramper
  • marcher à quatre pattes
  • se tenir debout
  • marcher

Chacune de ces étapes qui assurent la transition entre les réflexes primitifs et les réflexes posturaux est nécessaire. L’inhibition complète du réflexe vers l’arrière intervient tardivement, normalement vers 3 ans.

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

Le réflexe tonique asymétrique du cou

Quand le foetus tourne la tête d’un côté, son bras et sa jambe se mettent en extension de ce côté, tandis qu’ils se replient de l’autre côté. Les deux côtés du corps réagissent de manière opposée aux tensions des muscles du cou provoquées par une rotation de la tête.


Le réflexe tonique asymétrique du cou est utile à plusieurs reprises :

  • pendant la vie intra utérine (mouvements facilités dans l’espace restreint de l’utérus, tonicité musculaire, stimulation du système vestibulaire)
  • à la naissance (instrument de « coopération » au moment de la naissance quand la tête d’un côté puis de l’autre)
  • après la naissance (coordination entre l’oeil et la main, ajuster la vision)

L’inhibition du réflexe tonique asymétrique du cou intervient entre 3 et 6 mois après la naissance.

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

Le réflexe tonique symétrique du cou

Le réflexe tonique symétrique du cou est le seul qui apparait après la naissance. Son développement et son inhibition sont nécessaires à l’installation des réflexes posturaux. Sa durée de vie est normalement courte (2 à 3 mois).

Quand le bébé allongé sur le ventre met sa tête en arrière pour relever le haut de son corps, le réflexe tonique symétrique du cou provoque un raidissement de ses bras et une flexion de ses jambes. Quand il penche la tête en avant, c’est le contraire.

A force de se pencher alternativement en avant et en arrière, le bébé arrive à trouver le bon équilibre et à se tenir à 4 pattes. Le réflexe tonique symétrique du cou, qui l’a aidé à atteindre cette position, est inhibé au fur et à mesure de son activation. Quand le bébé marche à 4 pattes, ce réflexe est complètement inhibé.

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

Source : Papa, maman, j'y arrive pas

 

Comment détecter la rémanence des réflexes primitifs ?

Marie-Claude Maisonneuve a mis en place tout une méthode pour repérer et agir pour mettre un terme aux difficultés rencontrées par les enfants dont un ou plusieurs réflexes primitifs sont rémanents.

Elle se base à la fois sur une observations des enfants (notamment via des petites exercices de motricité, de copie de mots pour évaluer les réflexes primitifs) et sur un questionnaire qu’elle fait passer aux parents.

Dans ce questionnaire, elle y aborde des facteurs de risque à plusieurs étapes de la vie de l’enfant :

  • pendant la grossesse,
  • à la naissance,
  • les signes rencontrés pendant l’enfance.
rémanescence réflexes primitifs

Source : Papa, maman, j’y arrive pas

rémanescence réflexes primitifs enfants

Pour comprendre les difficultés engendrées par la rémanence des réflexes primitifs et découvrir des solutions pour y remédier, je vous invite à compléter avec cet article : Les difficultés scolaires et comportementales des enfants expliqués par des causes physiologiques ? (les réflexes primitifs rémanents)

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le site internet de Marie Claude Maisonneuve ainsi que sa page Facebook : http://www.marie-claude-maisonneuve.eu/

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Source : Maman, papa, j’y arrive pas ! Comprendre et agir sur les causes physiologiques des difficultés scolaires et comportementales de son enfant de Marie Claude Maisonneuve (éditions Quintessence)

 

 

 

 

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7 réponses

  1. Loïc dit :

    Bonjour,

    Excellent article, très intéressant !
    En revanche, attention sauf erreur de ma part c’est REMANENCE et non REMANESCENCE 🙂

  2. Jacqueline Caron dit :

    Bonjour, Merci pour vos connaissances si pertinentes! Très heureuse que vous ayez souligné le réflexe de succion. Beaucoup de parents sont pressés de voir leur enfant quitter ce geste avant qu’il soit allé à son terme.

  1. 12 septembre 2016

    […] J’expliquais dans cet article en quoi consistent les réflexes primitifs et leur rémanescence : Comprendre le développement de l’enfant : les réflexes primitifs et leur rémanescence&#8230… […]

  2. 10 novembre 2016

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