Une histoire à raconter aux enfants pour comprendre le stress et l’apprivoiser

Une histoire à raconter aux enfants pour comprendre le stress et l’apprivoiser

stress enfants

Dans son livre Développer l’intelligence émotionnelle de l’enfant, Linda Lantieri propose aux enfants de reconnaître les manifestations physiques et les mécanismes du stress afin qu’ils gagnent en liberté de réaction dans la gestion de leur stress.

Elle propose un déroulé pour amener les enfants à mieux gérer leur stress :

  • Demander aux enfants de chercher un moment au cours des jours précédents où ils se sont sentis très mal, stressés, que ce soit sous le coup de la colère, de la peur, de la tristesse ou encore de la honte (ou plusieurs émotions à la fois).

 

  • Si les enfants ont du mal à raconter une anecdote, il sera possible de les aiguiller en définissant le stress à travers les symptômes physiques : le stress, c’est par exemple quand on a les mains qui tremblent, les mains froides, le cœur qui bat vite, une respiration rapide, la bouche sèche, quand on est irritable, quand on transpire.

 

  • Laisser la parole aux enfants pour qu’ils racontent leurs expériences en les relançant avec des questions :
    • où étais-tu ?
    • avec qui ?
    • comment ça faisait dans ton corps ?
    • qu’est-ce que tu t’es dit à toi même ?
    • qu’est-ce que tu as dit aux autres ?
    • qu’est-ce que tu as fait ?

 

  • Faire remarquer que les gens réagissent de manière très différente quand ils se sentent stressés et qu’on n’est pas tous stressés par les mêmes choses.

 

  • Orienter la discussion vers les sensations corporelles en listant les symptômes physiques décrits par les enfants dans leurs récits puis développer l’idée selon laquelle le stress n’est pas du stress tant qu’on ne l’a pas expérimenté dans le corps dans une réaction physiologique consécutive à une observation par l’intermédiaire des sens et la mise en route des pensées.

 

  • Faire une liste des facteurs de stress avec les enfants à partir des différents récits, des choses qui les agacent vite et qui leur font perdre leurs moyens (l’adulte peut aussi mentionner ses propres facteurs de stress).

 

  • Raconter cette histoire pour expliquer pourquoi le corps réagit comme il le fait quand on est stressé

Souvenez-vous de tout ce dont nous venons de parler, de la manière dont le corps et l’esprit réagissent lorsque nous sommes stressés. Ces choses se produisent en nous, que nous le voulions ou non, dès que nous nous sentons menacés, que le danger soit réel ou non. C’est ce que l’on appelle la réponse de « combat, fuite ou paralysie ». Savez-vous ce que cela signifie ? (prendre un temps de réflexion et d’échange)

Eh bien, cela signifie qu’il n’est pas nécessaire de la provoquer, qu’elle se produit d’elle même. En fait, nous sommes nés avec la réponse de « combat, fuite ou paralysie » inscrite en nous.

Imaginez, par exemple, que vous êtes en train de vous promener dans la forêt et que, tout à coup, vous apercevez un ours en train de vous regarder ! Essayez de bien imaginer la scène. Que se passe-t-il dans votre corps et votre tête ? (prendre un temps de pause, de réflexion et d’échange)


Eh bien, votre coeur se met à battre plus vite pour envoyer davantage d’oxygène aux muscles et vous donner les moyens de réagir. Vous pouvez être pris de vertiges et de sueurs. Tous ces changements sont déclenchés par une seule pensée : « Danger ! ». Ils vous permettent de réagir très vite pour sauver votre vie soit en affrontant l’ours, soit en vous enfuyant à toute vitesse. Dans cette situation, cette réaction du corps peut vraiment vous sauver la vie en vous donnant les moyens de vous battre ou de vous enfuir. Mais vous pourriez également vous immobiliser et ne plus bouger du tout soit pour ne pas vous faire remarquer, soit parce que vous êtes paralysés par la peur. Puis, tout à coup, imaginez que l’ours fasse demi-tour et s’éloigne… ouf ! Quel soulagement !

Cette réaction d’urgence est utile en situation de danger réel : si, par exemple, vous traversez la route sur un passage protégé mais qu’une voiture ne s’arrête pas et vous oblige à faire un bond de côté pour ne pas être renversé. Dans ce cas, la réponse « combat, fuite, paralysie » est bonne. Elle vient de vous sauver la vie.

Mais il arrive parfois que nous pensions être en danger alors que ce n’est pas le cas. Dans ce cas, avant d’avoir pu réaliser quoi que ce soit, nous nous retrouvons prêt à affronter un danger qui n’existe pas. Lorsque la réponse de stress se déclenche, notre cerveau relâche toute sorte de substances chimiques pour nous donner la force de faire face à la situation. Mais quand il n’y a pas de danger réel, ces substances nous affaiblissent et, à la longue, risquent d’affecter notre santé.

C’est pourquoi nous pouvons apprendre à détendre notre corps et notre esprit. Cela permet d’éviter les fausses alertes et de modifier notre réaction de stress.

Cette histoire peut être complétée par des exercices de respiration conçus pour les enfants (des exemples ici ou ).

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Source : Développer l’intelligence émotionnelle de l’enfant de Linda Lantieri et Daniel Goleman (éditions Dangles)

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