Utiliser nos réactions disproportionnées face à nos enfants pour travailler sur nos blessures d’enfance

Utiliser nos réactions disproportionnées face à nos enfants pour travailler sur nos blessures d’enfance

Toutes nos réactions disproportionnées sont intéressantes pour travailler sur nous parce qu'elles nous permettent d'identifier des blessures d'enfance que nous avons vécues. (1)

Catherine Dumoteil-Kremer est accompagnante parentale, spécialisée en parentalité consciente et rédactrice en chef du magazine PEPS.

Elle a créé une formation à la parentalité positive en ligne « W comme Wahou » sous forme d’abécédaire de la parentalité.

Dans cette vidéo  extraite de sa formation à la lettre D comme Disproportionné. (16 min), elle revient sur la culpabilité des parents au sujet de l’éducation positive et des manifestations et conséquences de la violence éducative ordinaire. 

Pour Catherine Dumonteil Kremer, l’amour conditionnel (« je t’aimerais seulement si tu fais ce que je veux ») est une forme de violence éducative. L’idée est en effet de faire peur à l’enfant pour l’amener à prendre la direction qu’on aura décidé pour lui à l’avance.

Elle avance que c’est à 2 ans qu’on maltraite le plus les petits enfants. Cela est lié à son envie d’apprendre, d’explorer, de comprendre, d’expérimenter qui peut l’amener à faire du bruit, à mettre du désordre, à salir, à dire non, à se mettre en colère quand il ne réussit pas… Nous, adultes, pouvons voir ce développement comme un « pouvoir de nuisance« , d’autant plus que les jeunes enfants de cet âge ne sont pas capables de réguler leurs émotions. Comprendre les étapes du développement des enfants ainsi que le fait que les émotions sont des processus de guérison peut nous aider à mieux mesurer nos attentes et nos réactions de parents (agacement, mots qui dépassent la pensée, tendances à la fessée..).

Toutes nos réactions disproportionnées sont intéressantes pour travailler sur nous parce qu’elles nous permettent d’identifier des blessures d’enfance que nous avons vécues. A chaque réaction disproportionnée correspond une blessure d’enfant que nous n’avons pu exprimer, travailler, pleurer à aucun moment. En effet, dans notre mémoire traumatique sont stockées toute les situations douloureuses que nous n’avons pas pu réévaluer consciemment afin qu’elles servent d’expériences, de souvenirs. Elles peuvent revenir à la mémoire consciente quand un élément en lien avec la blessure inconsciente la réactive dans le corps sans que nous sachions faire le lien avec la blessure originelle.

Face à nos propres enfants, c’est toutes nos blessures d’enfance qui sont ramenées dans notre corps sans que nous en comprenions les tenants et aboutissants. Nous nous retrouvons souvent à rejouer des situations dans lesquelles nous faisons avec nos enfants ce que nos parents ont fait avec nous quand nous étions enfants.

Le travail d’exploration des réactions disproportionnées peut nous éviter de devenir dangereux et violents avec nos enfants. Les mots et les gestes violents ne partent jamais tout seuls : ils sont liés à la réactivation de la mémoire traumatique. 

Catherine Dumonteil-Kremer propose de tenir un journal émotionnel afin de consigner les scènes difficiles dans lesquelles nous avons perdu le contrôle et fait preuve de comportements disproportionnés :

  • comment, dans cette situation, mes parents agissaient-ils avec moi ?
  • à quel moment de la journée cela avait-il lieu ? à quelle saison ? dans quelle pièce de la maison ? dans quelles circonstances ?
  • comment je me sentais quand j’étais enfant dans ces cas-là ?

Plus on augmente notre conscience, plus nous sommes capables de prendre un temps de pause en cas de colère afin de faire baisser la pression. Il est possible de s’isoler, de pleurer, de crier dans un coussin…

Catherine Dumonteil-Kremer propose donc d’examiner une situation difficile par semaine ou quinzaine afin d’y aller par « petits pas » dans la direction d’un mieux-être familial, notamment à travers l’écriture et la création (collage, peinture, découpage…) dans l’esprit d’un journal créatif.

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Pour s’inscrire au programme de formation en ligne à la parentalité positive créé par Catherine Dumonteil Kremer, c’est ici : https://parentalitecreative.com/w-comme-wahou/.

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