Violence éducative ordinaire et attachement : pourquoi en vient-on à accepter des violences psychologiques à l’âge adulte ?

Violence éducative ordinaire et attachement : pourquoi en vient-on à accepter des violences psychologiques?

Violence éducative ordinaire et attachement violences psychologiques

Dans cette émission de Radio Santé, Yvane Wiart, psychologue spécialiste de la théorie de l’attachement, revient sur la notion de perversion relationnelle et de violences psychologiques.

Pourquoi en vient-on à accepter des violences psychologiques à l’âge adulte?

Une des raisons qui amène à accepter des violences psychologiques dans le présent est le manque de conscience que nous en avons et le fait que, par le passé, nos parents nous ont interdit de réaliser que c’était des actes violents puisqu’ils y avaient recours dans leur manière de nous éduquer (répréhension des émotions, humiliations, chantage, menaces, petites phrases assassines, dévalorisation, inversion de rôles où l’enfant prend le parent en charge, mensonges, amour conditionnel…).

Quand nos besoins d’écoute, de soutien, de compréhension n’ont pas été satisfaits dans l’enfance, nous ne sommes pas en mesure de percevoir et donc de fuir les relations violentes d’un point de vue psychologique et émotionnel. Nous ne savons même pas qu’une relation basée sur l’écoute, sur l’acceptation des émotions et sur la compréhension existe donc nous acceptons les perversions relationnelles à l’âge adulte.

 

3 points pour sortir des relations de violences psychologiques et des perversions relationnelles 

1.S’informer sur ce qu’est la violence psychologique de façon à se rendre compte de ce qui appartient à la violence psychologique

Yvane Wiart insiste sur le rôle de l’attachement dans le mécanisme d’acceptation des violences psychologiques et des relations perverties. Le besoin d’attachement est un instinct, un besoin vital donc l’enfant ne peut pas ne pas s’attacher. L’enfant est amené à accepter de ses parents ce que ses parents lui donnent, et notamment, dans le cas de dysfonctionnement, ce que ses parents font passer pour étant de l’amour.

On peut dire que c’est sous la contrainte psychique (liée à notre système d’attachement relevant de la nature humaine) que l’enfant est amené à trouver normale la manière dont il est traité. L’enfant, devenu plus grand, n’est pas capable de repérer des situations anormales de manque de respect, de manipulation, de perversions relationnelles.

2.Prendre conscience des violences subies dans le présent mais également dans le passé

Les violences que l’on accepte de subir dans le présent sont souvent des violences que l’on a été obligé d’accepter de subir par le passé (petite enfance, enfance, adolescence). C’est en examinant la manière de subir les relations dans le présent qu’on peut avoir des clés d’entrée sur la manière dont on a été traité dans le passé dans la sphère famililale.

Le domaine amoureux est un domaine dans lequel les perversions relationnelles peuvent faire le plus de dégâts puisque c’est dans la relation amoureuse qu’on espère voir satisfait son besoin vital d’attachement, de compréhension, de soutien, d’acceptation inconditionnelle à l’âge adulte. Les enjeux sont donc importants.

Quoiqu’il en soit, dans tous les cas (dans la rue, au travail, en amitié…), les agressions psychologiques sont sources de stress.

3.Se prendre en charge (soi-même ou avec l’aide d’un.e thérapeute)

On ne guérit pas de son passé mais on peut prendre conscience que ce qu’on a vécu n’était pas normal (des parents désagréables, des petites phrases comme « tu es nul.le », « tu es bête », « tu ne vaux rien », du chantage émotionnel…). A partir du moment où on sait qu’il n’est pas normal de se faire traiter de « bon.ne à rien », on n’accepte plus les relations dans lesquelles cela se passe comme cela.

On devient capable de reconnaître les manifestations de la violence psychologique pour ce qu’elles sont et dans leur anormalité.

La dépendance relationnelle (qui dépendait de besoins d’attachement non correctement satisfaits) cesse  quand toute la lumière est faite sur les violences psychologiques subies dans le passé. Par exemple, certaines personnes vont passer leur vie à prendre en charge d’autres personnes (en s’engageant dans des professions d’aide par exemple) parce qu’elles ont « appris » dans le passé (dans la relation à leurs parents) qu’elles doivent prendre en charge quelqu’un pour être aimées. Elles ne peuvent que continuer dans ce schéma tant que la prise de conscience n’est pas faite.

Lien entre violences psychologiques et stress : la violence psychologique est un stress

Ce qui nous rend malades n’est pas le stress ponctuel mais le stress chronique. Or les violences psychologiques sont sources des stress psychique qui est lui même source de stress physique. Selon la manière dont on fonctionne (héritée des schémas d’attachement liés aux relations avec les parents dans l’enfance), les sources de stress peuvent être quotidiennes (puisqu’on ne se rend pas compte des manifestations des violences psychologiques, qu’on ne se rebelle pas contre ces violences et qu’on ne se rend pas compte qu’elles ne sont pas bonnes pour nous).

Quand on subit une violence psychologique, notre corps réagit même quand on n’en est pas conscient… d’où l’importance de savoir ce qu’est la violence psychologique. En effet, le stress chronique est facteur de maladies (cancers, maladies liées au système immunitaire…).

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Les livres d’Yvane Wiart cités :
La perversion relationnelle : Comment vaincre la violence psychologique ? aux éditions Le Courrier du Livre

L’attachement, un instinct oublié aux éditions Albin Michel

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